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Assemblée générale VAL’HOR : Le végétal a toute sa place dans notre société !

20171030 VALHOR GROUPE

Le bureau de Val’Hor avec, de gauche à droite, François Pauly (Pdt délégué à la Codhor – Collège Commercialisation), Robert Farcy (Trésorier adjoint – Collège Commercialisation), Benoît Ganem (Président – Collège Commercialisation), Mikaël Mercier (Secrétaire général – Collège Production), Philippe Moinet (Trésorier – Collège Production), Emmanuel de Chaumont (Pdt délégué à la Codiac – Collège Production). Manquent Michel Audouy (Pdt délégué à la Comep – Collège Paysage), Jean-Michel De Breyne (Membre délégué – Collège Paysage) et Philippe Feugère (Membre délégué – Collège Paysage).


Alors que tous les chiffres de la filière jardin sont dégradés et que les notes de conjoncture de France Agrimer sont anxiogènes, y a-t-il encore une place pour les végétaux dans notre société. Oui, répond Nicolas Bouzou, Economiste et Directeur du cabinet d’études Astérès, lors de l’assemblée générale de Val’Hor. Pour cela, les acteurs doivent mettre en avant les valeurs positives du végétal : le bien-être et la santé. Joli programme plein d’espoir.

« Les Français adorent les végétaux, constate, d’entrée de jeu, Nicolas Bouzou, Economiste et Directeur du cabinet d’études Astérès. Ils en demandent toujours plus, mais ils n’en achètent pas ! C’est là un paradoxe symptomatique ». Et notre économiste d’annoncer aussi que de parler de plantes ornementales est un très mauvais terme. Les avantages des plantes vont au-delà de cette fonction qui va devenir secondaire au regard les autres dimensions que les végétaux vont prendre en matière de bien-être et de santé. Cela va dans le sens de ce que chacun de nous vit aujourd’hui.
« Nous sommes en train de vivre la plus grande mutation technologique depuis la Renaissance, poursuit Nicolas Bouzou. Cette mutation est à la fois technologique et sociale. C’est une destruction créatrice ! ». Le numérique est arrivé à la fin des années 90. Son emprise sur la société s’accélère. La distribution en a été bouleversée. Depuis quelques années, l’intelligence artificielle a fait son entrée sur la scène, accélérant le mouvement. Son implication va toucher tous les secteurs d’activité. La voiture en est l’exemple le plus frappant avec le véhicule autonome qui monte en puissance. Auto-apprenante, les mutations vont encore être plus rapides.
« La mondialisation a également joué un rôle important dans nos sociétés, ajoute Nicolas Bouzou. Elle a changé de nature à partir de la fin des années 90. Si les échanges de biens existent depuis la nuit des temps, cet événement a profondément modifié la chaîne des valeurs des entreprises. Elles sont devenues mondiales, répartissant les tâches par pays. Chacun d’eux s’est vu doté d’une spécialisation fonctionnelle. Parallèlement, mondialisation et technologies s’imbriquent de plus en plus. La logistique devient prépondérante ».

Un cycle long démarre...
En même temps, un cycle court s’enclenche. « La France est dans une situation objectivement meilleure qu’il y a dix ans, fait remarquer Nicolas Bouzou. Sans être brillants, les indicateurs sont bons. La croissance, pour 2018, est estimée à + 2 %. Le CICE a entraîné une croissance du taux de rentabilité des entreprises. La consommation des ménages est, au global, bonne. Les exportations reprennent. Seuls les investissements des entreprises restent un peu attentistes ». Mais, paradoxalement, cette ambiance positive ne touche pas les végétaux ! La situation n’est toujours pas bonne. Mais il est vrai que ce n’est pas un bien de première nécessité…
Au-delà de l’approche intellectuelle des économistes, que se passe-t-il réellement sur le terrain ? La vague des innovations, qui secouent le monde actuellement, a, en effet, un sens, même s’il ne semble guère visible. « Les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon) ont deux obsessions, souligne Nicolas Bouzou. En premier, elles veulent que les gens gagnent du temps, pour vivre toujours plus longtemps tout en perdant le moins possible au quotidien ». Jeff Bezos a lancé Amazon, le site de commerce en ligne, pour que les consommateurs ne gaspillent plus de temps à faire leurs courses dans les magasins ! L’entreprise investit beaucoup dans la logistique pour raccourcir toujours plus les délais de livraison… Ce même homme a créé 1492, une entreprise qui œuvre sur la télémédecine, pour vivre plus longtemps. Quant à Mark Zuckerberg, de Facebook, il investit 3 milliards d’euros pour lutter contre les maladies. Google, avec sa société Calico, agit contre le vieillissement.
En second, ces sociétés veulent agrandir l’espace. Uber accroit la mobilité dans les villes. Elon Musk s’est lancé dans la conquête spatiale, avec Space X, pour coloniser Mars ! « Dans cette focalisation des efforts sur le temps et l’espace, que deviennent les plantes ?, s’interroge Nicolas Bouzou. Pourtant, elles ont un impact important sur la santé, mais personne n’en parle. La presse met en avant ce qui vend le plus, la peur ! L’allégation selon laquelle l’alimentation bio, par exemple, a un impact positif sur la santé est fausse. Ce sont plutôt les pesticides qui ont un impact nuisible sur l’environnement ».
Que faire pour que les végétaux retrouvent les lus­tres qui doivent être les leurs ? « De la pédagogie auprès des collectivités locales et des entreprises, répond tout de go notre économiste. Il faut jouer sur l’attractivité des végétaux et faire appel à l’intelligence des décideurs. Google, par exemple, a mis des plantes partout dans ses bureaux pour attirer les jeunes talents qui veulent travailler dans un environnement agréable. Plus que jamais, les professionnels doivent mettre en avant leurs actions sur le bien-être et la santé qui sont beaucoup plus fortes que leur côté "ornement" ! C’est vraiment un très mauvais qualificatif aujourd’hui… ». Cela passe par une profonde restructuration de cet univers des plantes. La première étape semble l’amélioration de la chaîne logistique. Les entreprises ne travaillent pas assez en réseau pour mieux répondre et plus rapidement à tous les besoins qui s’expriment. Même si elles sont concurrentes, elles doivent mutualiser leurs moyens pour être au top de la logistique. C’est l’un des nerfs de la guerre économique aujourd’hui. Ce milieu doit également être créatif ! « Il faut faire entrer l’innovation de force dans les structures, plaide Nicolas Bouzou. Pourquoi ne pas faire un concours de start-ups, avec des prix conséquents, pour apporter des idées nouvelles ? La confrontation de modes de pensée et d’organisation différents est une nécessité ! Faites entrer le nouveau monde chez vous… ».

Autre piste à explorer...
...donner plus de valeur à ce qui est vendu tout en respectant une cohérence entre le produit, la valeur et les attentes. « Personne, aujourd’hui et demain, ne peut se passer de bien-être, ajoute notre économiste. En conséquence, il est devenu impossible de se passer des gens qui véhiculent ce bien-être ! ». « Mais augmenter les ser­vices peut se traduire par une détérioration du modèle économique de la distribution, fait remarquer Daniel Métivet, de la FNMJ (Fédération nationale des métiers de la jardinerie). En Grande-Bretagne, la distribution représente trois millions d’emplois. Dans dix ans, les projections s’accordent sur deux millions. Pourquoi ne pas augmenter les actes d’achats ? ».
« Dans un environnement économique stable, les prix ont augmenté alors qu’il n’y a plus d’inflation, répond Nicolas Bouzou. Cela entraîne des arbitrages. Aujourd’hui, les consommateurs ne sont pas prêts à mettre le prix dans une plante. Cette situation résulte d’une lacune de marketing ! ». Ce qui n’est pas totalement faux pour un regard extérieur… « Le salut viendra-t-il d’une nouvelle conception de la ville de demain ? », interroge Benoît Ganem, de Val’Hor. « Il y a une véritable souffrance parce qu’il y a moins de mobilité, constate Nicolas Bouzou. Cela va s’amplifier car les voitures vont disparaître. Un dimanche sans voitures, c’est aussi un dimanche sans gens ! Reste que la ville va devoir être plus attractive. Nul doute que les commerces et les activités sociales vont de plus en plus interagir. Il suffit de regarder ce qui se passe à Singapour ! ».
« Faut-il faire du lobbying pour rendre les plantes obligatoires, comme les vaccins ? », lance Denis Chevrelier, de la FIS. « Les actes obligatoires ne protègent pas un marché, rétorque Nicolas Bouzou. Vous devez objectiver vos arguments auprès des collectivités locales pour mettre en avant le lien entre les plantes et la santé. Faites des études françaises ! Aujourd’hui, nous sommes obligés d’utiliser des études étrangères pour argumenter sur l’intérêt des végétaux ! ». Collecter des datas pour bâtir des bases de données devient urgent et prioritaire. L’atout de l’intelligence artificielle devient évident. « Privilégier des start-ups pour qu’elles collectent et traitent les données de la France et de l’Europe afin que nous ayons accès à des bases solides. Sinon, nous allons devenir des colonies numériques des Etats-Unis… ».
« Devons-nous en déduire que le végétal souffre d’un problème d’image ? », lâche François Pauly, de la FNMJ. « Les plantes ne sont absolument pas démodées, réplique Nicolas Bouzou. Montrez simplement aux gens que c’est bon pour eux. Vous devrez toujours lutter pour donner des éléments rationnels ». Ne serait-ce qu’en soulignant que les citoyens profitent des parcs et jardins publics sans qu’ils n’en paient directement l’usage ! « Nous devons raconter de vraies histoires, ajoute Benoît Ganem. Une voiture perd 30 % de sa valeur juste après son achat. L’arbre, lui, se valorise avec le temps, comme le jardin ! ».
Reste à vaincre la peur des consommateurs de ne pas avoir la main verte ! « Ce n’est pas un problème insurmontable, estime Nicolas Bouzou. Faites appel à des start-ups et à l’intelligence artificielle pour bâtir des programmes de vulgarisation et d’accompagnement des jardiniers potentiels. Ils s’auto-enrichiront d’eux-mêmes pour être toujours plus performants et efficaces. Les consommateurs retrouveront confiance en eux et jardineront plus ! ». Une approche à travailler pour accompagner la densification des villes avec la construction de logements à proximité du travail. Bouts de terrain, toits et murs sont autant de nouveaux terrains de conquête pour les plantes afin d’améliorer le bien-être et la santé des citadins. Le végétal a toujours de l’avenir !

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