20170726 b2b habitat

CES de Las Vegas 2017 : Les créateurs français en quête de débouchés !

Écrit par Par Pierre Antoine Le 7 février 2017. Rubrique Bricomag TV

20170207 CES Las Vegas 2017

Toute personne hermétique aux nouvelles technologies ne devrait pas lire cet article. Car le CES de Las Vegas qui s’est tenu du 5 au 8 janvier derniers dans la capitale mondiale du jeu fêtait ses 50 ans dans un grand déballage à la sauce américaine d’objets connectés, de haute technologie, et autres appareils vidéo. Mais derrière cette démonstration boulimique se dessine la société de demain, où chaque créateur et néo-entrepreneur recherche l’eldorado commercial. Les acteurs du bricolage n’échappent pas à cette attraction. Bricomag a arpenté les halls gigantesques des trois centres d’exposition.

La phrase est signée Gary Shapiro le Président du CES : « Le CES de cette année a encore pris du galon, car un grand nombre d’entreprises de toutes les tailles, petites et grandes, en provenance du monde entier, est réuni ici pour proposer des solutions à l’ensemble des problèmes auxquelles nous sommes quotidiennement confrontés. Reconnaissons-le, notre domaine d’activité améliore grandement le monde grâce à sa connectivité, et à ses innovations, touchant toutes les facettes de nos vies. Le monde connecté d’aujourd’hui était bel et bien représenté durant ces quelques jours d’exposition au CES de Las Vegas. Il s’agissait cette année de notre plus grand et plus audacieux salon de toute l’histoire du CES ». Pour ces cinquante ans, le Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas a battu une nouvelle fois des records. Cette vitrine mondiale de la haute technologie répartie sur trois sites offrant une surface totale de 241 000 mètres carrés (un peu plus grande que le parc des expositions de Versailles avec ses 228 211 mètres carrés), a accueilli durant ces quatre jours 175 000 visiteurs et permis à 3800 exposants de présenter leurs produits et leurs nouveautés. « Lorsqu’on lance une innovation il est difficile de ne pas figurer sur ce salon, car nous constatons qu’il y a beaucoup de trafic sur les stands, nous avons une fantastique visibilité ici avec la possibilité de rencontrer des distributeurs et des financeurs », explique Bruno Davoine qui vient de lancer un interphone intelligent, sous la marque Fenotek. Car l’idée ici est bien de se placer sous les feux des projecteurs médiatiques et financiers pour se faire aider à lancer et commercialiser les innovations. Les plus pertinentes ou impertinentes feront l’objet de reportages ou de compte-rendu, relayés par la presse. Durant ces journées, le monde entier a les yeux rivés sur cette fête de la technologie, où près de 6 500 journalistes du globe déambulent à la recherche de la pépite, ou de l’innovation la plus marquante. Les jeunes pousses ont tout intérêt à se faire voir.

20170203 CES Las Vegas 2017 Fenotek

Entre espoirs, promesses et désillusions

Les regards médiatiques gourmands de curiosité technologique convergent tous vers cet espace. L’Eureka Park. Un nom tout disposé à accueillir en son entre les jeunes entreprises prolixes en matière de créations et d’innovations. Au total, 600 start-ups étaient présentes pour cette édition. Et d’ailleurs, le choix d’organiser un tel événement à Las Vegas, Capitale du jeu et du pari, n’est pas anodin. La ville bat au rythme du salon, où chaque exposant vient parier. Car ici exposer, c’est parier. Parier sur son innovation, en espérant que cette dernière soit repérée par des grandes compagnies qui lui permettront de se développer ou d’être commercialisée. « Le CES c’est la grande messe de l’électronique. C’est le moment unique qui permet en quelques jours de rencontrer médias, partenaires et distributeurs venant du monde entier. Pour Giroptic, 2017 est notre troisième édition, avec cette année le lancement de nouveau produit - le Giroptic iO. Après une première participation en janvier 2015, au milieu de la French Tech dans l’Eureka Park, nous avons pris notre envol en 2016 dans le bâtiment principal sur le stand de 100 mètres carrés, ce qui nous a permis de rencontrer de nombreux partenaires ainsi que d’occuper une bonne place dans les médias à travers le monde. Le CES c’est une visibilité mondiale assurée et la garantie de rendez-vous commerciaux pour le reste de l’année », explique Richard Ollier, fondateur et PDG de Giroptic. Mais gare ! Dans cette frénésie créative aux relents boulimiques, certains produits ne verront jamais le moindre linéaire d’une grande surface de vente, ou un rack d’un entrepôt. A ce propos, près de 130 entreprises françaises, présentes l’an dernier, ont fait le choix de ne pas revenir. Question de coût. Question d’opportunité. Et dans un cas plus dramatique, certaines n’existent peut-être plus, car leur produit n’a pas séduit. Malgré cela, il faut en être ! Et d’ailleurs la veille de l’ouverture du salon, Thomas Husson du cabinet Forrester, repris par nos confères du Monde adressait une mise en garde à l’adresse des néo-entrepreneurs : « Il s’agit d’une sorte de concours de la plus grande délégation de start-ups de l’année. Parmi les milliers de gadgets et de nouveaux produits présentés, il y a fort à parier que près de 99 % échoueront. Et pourtant, les entreprises auraient tort de ne pas y déceler les futures tendances qui vont avoir un impact fort sur leur business dans les années à venir ». Mais pour les petites, voire très petites entreprises comme les grandes il est toujours difficile de manquer le CES. Samsung, LG, Lenovo, Philips, Nissan, Bosch… quels que soient les domaines économiques, tous les industriels du monde ont fait le déplacement. Tous ! à l’exception d’un ! Et non des moindres. Apple ne se laisse pas croquer de la sorte et ne se confond pas sur ce genre de salon, tout en y prêtant une oreille attentive. Certaines entreprises s’exposent, puis repartent, puis reviennent. Cette auberge espagnole du commerce mondiale reste un incontournable pour lancer un produit. Tout dépend des choix stratégiques que les entreprises déterminent. Après des années d’absence à Las Vegas, Vestel, la marque turque d’électroménager fait son grand retour. « Nous avons lancé une gamme de luminaires il y a deux ans. En plus des appareils d’équipements de la maison que nous vendons sous licence ou sous notre propre marque en fonction des pays, explique Onur Tabak, le Directeur général France de la marque, nous démarrons une nouvelle aventure commerciale, entrepreneuriale, et innovante. Nous participions au CES entre 1998 et 2003. Cette année nous avons décidé de revenir. Nous avons le souhait d’utiliser notre réseau actuel, nos clients qui nous visitent ici sur notre stand, pour s’adresser aux départements B to B des enseignes ». Communiquer, se faire voir, montrer les muscles à grand renfort de campagnes marketing plus ou moins réussies, en fonction des expériences de chaque entreprise, sont les maitres mots du CES. Les start-ups ont depuis des années vu leur nombre croitre. Et reconnaissons-le, la France fait partie des pays les plus dynamiques en la matière.

Le coq s’affiche fièrement

Une blague, dans les travées des salons internationaux, circule souvent à notre sujet, nous autres Français. Que dit-elle ? Comment dénomme-t-on une personne qui parle plusieurs langues ? Un polyglotte ! Comment dénomme-t-on une personne qui parle trois langues ? Un trilingue. Comment appelle-t-on une personne qui parle deux langues ? Un bilingue. Et une personne qui ne parle qu’une seule langue ? Un Français. Bien qu’un peu dure à entendre, cette boutade de salon n’est pas dénuée de réalisme. Mais le CES est parvenue à tordre le cou à ce clin d’œil acide. Car la musique du “French accent” qui teinte la langue de Shakesperare résonne dans les halls de Las Vegas. Et pour cause, les chefs d’entreprise français font des efforts, contraints et obligés s’ils veulent s’exporter. Mieux ! Le Français pourrait passer pour la deuxième langue parlée sur le salon, tant la France est représentée. Et cela depuis des années. Cette année encore, la bannière tricolore s’affiche fièrement au point de voir défiler toute une cohorte d’hommes et de femmes politiques : François Fillon, Michel Sapin, Axelle Lemaire, Frédéric Lebfevre… La France se place en troisième position, juste derrière les Etats-Unis (1 713 exposants), et la Chine (1 307). Mieux que la Russie, l’Angleterre ou l’Allemagne. Et la France fait encore des merveilles, car elle est la deuxième délégation dans l’Eureka Park (le centre névralgique des innovations) avec 233 start-ups made in France ! Mais il y a un hic, concernant les données. En effet selon les sources, le nombre d’entreprises varie. 225, 257, 240, leur quantité change régulièrement. Il est difficile de trouver une donnée récurrente, et de fait fiable. D’après Olivier Ezratty, le spécialiste du CES qui chaque année rédige un bilan de plusieurs centaines de pages (396 pages pour cette année 2017, la performance est à relever !) les entreprises françaises étaient 315 et elles auraient reçu plus de 4 000 visiteurs. De l’aveu même du blogueur, cette dernière donnée s’avère invérifiable. Qu’importe, les échelles de valeurs semblent à peu près correspondre. Une chose est sûre : La France joue gros. Des organismes comme la French tech et Business France accompagnent les jeunes pousses à s’exporter sur le marché américain. « Cette présence n’est pas de la com, explique Axelle Lemaire, la secrétaire d’Etat chargée du numérique et de l’Innovation. C’est le reflet d’une réalité chaque jour un peu plus reconnue à l’international. Le récent classement “Technology Fast 500 EMEA” qui regroupe les 500 entreprises technologiques ayant connu la plus forte croissance entre 2012 et 2015 est à ce titre très révélateur : comme chaque année depuis trois ans, la France est le pays qui compte le plus d’entreprises dans le palmarès ». Non seulement la France est présente. Mais la France gagne. Les start-ups françaises ont été largement récompensées, car elles ont reçu, dans tous les domaines qu’elles couvrent, près d’une trentaine de prix pour leurs innovations.

Les objets connectés touchent tous les secteurs

La grappe d’innovations chère au cœur de l’économiste autrichien Joseph Alois Schumpeter se remarque dans tous les secteurs : industrie, informatique, internet, automobile, sport, santé, sécurité, mobilité, et fatalement l’univers du bricolage n’échappe pas à cette poussée vertueuse de l’hyper connectivité. Pour des raisons évidentes. D’abord parce que le monde qui nous entoure sera demain entièrement connecté. Ensuite parce que cela représente un marché absolument colossal. En la matière, les chiffres prévisionnels enflent à vue d’œil. Selon les cabinets d’étude Xerfi et Cisco, la progression des objets connectés est fulgurante. En 2013, le marché pesait 64 millions d’euros, 150 en 2014 et 500 millions d’euros en 2016. D’ici trois ans, on estime qu’il devrait représenter 1 700 milliards de dollars, et 20 000 milliards de dollars dans dix ans. Toujours selon les mêmes études, à l’orée 2027, les objets connectés seraient aux alentours de 80 milliards disséminés un peu partout dans le monde. Il est alors assez évident de comprendre, derrière ce que d’aucuns appellent un salon gadgets, les enjeux économiques qui se trament en sous-main. Chacun veut sa part du gâteau, sa part d’Eldorado. Comme le rappelle le Directeur du CES, Gary Shapiro : « Notre secteur d’activité a permis de créer 15 millions de postes ». Les appétits sont aiguisés, et chaque innovateur, créateur, jeune chef d’entreprise, ou responsable de start-ups présents dans les travées de l’Euréka Park, espère ferrer un gros… Un très gros distributeur. Leurs noms bruissent dans les allées, et génèrent presque un léger frémissement à leur évocation : Leroy Merlin, Castorama, et bien d’autres sont attendus, espérés. Car les objets connectés ont pour vertu de simplifier la vie du quotidien, l’univers du bricolage a pour fonction de les porter sur l’autel de la consommation globale.

Le brico au rendez-vous techno !

Les acteurs du bricolage au CES de Las Vegas ne sont pas représentés en nombre pléthorique. Le crédo de ces innovations : nous simplifier la vie ! Toutes les start-ups ont cette ambition. Il y en a pour qui le CES fut un échec, nous l’avons déjà évoqué, et d’autres pour qui c’est une réussite. Smart Blue fait partie de ces dernières. Déjà présente l’année passée avec Hydrao, Présente de nouveau son pommeau de douche qui change de couleurs en fonction de la quantité d’eau consommée. Les variations de couleurs sont modifiables depuis le smartphone, et changent tous les dix litres. L’entreprise grenobloise emploie onze salariés, et a réussi à vendre 5 000 produits depuis l’an dernier. Grâce à sa présence remarquée en 2016, elle est distribuée par l’ensemble des grands réseaux de distribution que sont Auchan, Carrefour, Leroy Merlin, et Castorama. « Nous sommes de retour aux Etats-Unis cette année, car nous avons l’ambition de percer sur ce territoire, explique Gabriel Della Monica le fondateur de la start-up. Nous avons d’ailleurs pu rencontrer des représentants de chez Google, qui pourraient peut-être nous héberger à San Francisco. Nous voyons cela comme une aubaine. Car avec les problèmes de gestion de l’eau que rencontrent les Etats de l’Ouest américain, nous pensons que nous avons sans doute quelque chose à jouer ici ».

20170203 CES Las Vegas 2017 Hydrao

Des ambitions que nourrissent bien évidemment d’autres comme Fenotek ou encore Appi technology. Elles participent l’une comme l’autre à leur premier CES. Brièvement. Avec Hi :) Fenotek entend bien renforcer la sécurité sur le pas de la porte. Grâce à cet interphone connecté, il est dorénavant possible de voir qui sonne chez soi depuis son smartphone, et ce même, à des kilomètres de son domicile. Appi- technology joue également dans la cour de la sécurité, mais à une tout autre échelle. L’Appi-com est un système à mi-chemin entre le GSM et le talkie-walkie. Active Protection Personal Instrument : APPI. Cet appareil à la fois robuste, léger, permet à des intervenants en milieu dangereux, voire hostile (pompiers, gendarmes, ou ingénieurs sur des chantiers ou de haute sécurité, sportifs de haut niveau…) de conserver un contact vocal sans fil, et les mains libres. Il fournit aussi des informations sur l’immobilité ou la position, et communique des paramètres vitaux à l’équipe de travail. « Nous souhaitons nous développer dans les magasins spécialisés, mais aussi auprès des négoces, car cet appareil peut parfaitement être utile sur les chantiers, explique Denis Coulon le Président de Bodysens qui l’a mis au point. Notre ambition en venant ici est de trouver aussi des distributeurs pour les Etats-Unis ». Cet aspect multi-sectoriel qu’offre le CES est très largement recherché par les start-ups qui souhaite capitaliser en multipliant les réseaux de distribution. Les acteurs se positionnent sur des domaines bien connus de l’univers du bricolage Sécurité, éclairage, outillage… et cela parait assez logique, pour que le consommateur final retrouve leurs produits en rayon d’une GSB ou d’un négoce, et d’autres magasins spécialisés. Mais la couverture du spectre est bien plus étendue, car les objets connectés s’avèrent être trans sectoriels. Logique plus ils couvrent de secteurs plus ils ont de chance d’être distribués. C’est le cas de Bimp’air. Cette jeune pousse nîmoise vient du monde du sport. Elle a mis au point un gonfleur nomade, dotée d’une cartouche d’air comprimé. « Si nous avons commencé à démarcher la distribution spécialisée dans le sport, explique Nancy Aghilone. Nous souhaitons également toucher les GSB et le négoce, car notre pompe peut parfaitement convenir à des espaces jardins, ou bricolage ou chantier extérieur pour gonfler des roues de brouettes par exemple ». La concurrence entre ces entreprises se fait essentiellement sur la valeur d’usage des produits. Elle détermine l’utilité du produit, et conditionne son attrait et son succès commercial. Elle reste l’axe principal de diffusion. Dans l’univers des luminaires, la course à l’innovation a quelques longueurs d’avance, portée notamment par des gros fabricants, qui ont investi la connectivité il y a déjà plusieurs années. Et pour le moins l’aspect trans sectoriel, les industriels en ont fait un crédo.

La smarthome, le nouvel eldorado !

Elle est sur toutes les bouches, dans tous les esprits. La Smarthome, ou la maison intelligente. Elle incarne en quelque sorte l’Eldorado des start-ups, des concepteurs d’objets connectés et bien évidemment des acteurs majeurs du bricolage, de plus en plus concurrencés par des intrants venus d’univers bien éloignés de leur domaine de compétence originelle. Le marché du lighting s’avère être particulièrement concurrentiel. Rares sont les fabricants qui ne proposent pas de solutions tout-en-un. « Chez Bee-Wi, nous avons fait le choix de proposer une solution complète allant de la gestion de la lumière, et toutes les fonctionnalités que peuvent proposer les objets connectés dans une maison », explique Thierry Dechatre le créateur de Bee-Wi. Il est donc possible de gérer l’ensemble des appareils de la maison avec un seul smartphone. La gestion centralisée devient presque un standard des offres qui figurent au CES. Seven Hugs, une autre start-up française, le propose à partir d’une seule et même télécommande. Legrand s’est également associé à Netatmo pour proposer un gateway intitulé Eliot. Grâce à ce système, et à l’instar de ce que propose Seven Hugs, il sera dorénavant possible de gérer les volets roulants, le thermostat, grâce à un smartphone, à un interrupteur ou grâce à la voix.

20170203 CES Las Vegas 2017 Sevenhugs

« Notre constat fut simple, explique Stéphane Burlon, Responsable chez Bell et Wyson, une start-up française. Nous utilisons des ampoules tous les jours. Nous avons eu l’idée d’y ajouter des fonctionnalités d’usage. Elles couvrent à la fois la santé, les loisirs la sécurité, etc. La connectled BWPix + permet par exemple de détecter des mouvements et d’avertir le propriétaire d’un bien si ces mouvements d’avèrent anormaux. Le BWpik illumine quant à lui le jardin et permet d’écouter de la musique. Enfin, et c’est une première mondiale, nous proposons une ampoule antimoustique. Elle reproduit les caractéristiques du corps humain, les insectes sont attirés puis pris au piège ». Il ne reste plus qu’à trouver des acheteurs et des distributeurs convaincus par le produit. La société montpelliéraine a trouvé un moyen astucieux d’être diffusé. En s’associant avec Schneider, elle bénéficie de la renommée de la marque pour bénéficier de ses réseaux de distribution. « Nous avons développé des ampoules connectées, en nous appuyant sur le principe de la Technology Mesh, dite de maillage, explique Cédric Leon de chez Awox Cabasse. Grâce à l’interrupteur Schneider, Wiser Odace Lightning, il est donc possible de relier 50 ampoules entre elles, et d’en gérer huit à la fois. L’intérêt de ce maillage permet de contrôler à longue distance l’ensemble de ses ampoules ». L’ensemble des constructeurs proposent des produits aux fonctionnalités relativement semblables, mais ils parviennent toujours à se distinguer. Sengled de son côté a souhaité ajouter à ses modèles Element, un indicateur de consommation d’énergie. Et pour marquer un peu plus les esprits, elle s’est engagée à planter un arbre à chaque ampoule vendue pour compenser l’émission de Co2, même si ces produits entrent dans la catégorie à faible impact sur l’environnement.

Quid de ces technologies ?

Salon Gadget. La critique ou la désignation un peu acerbe revient régulièrement dans la presse. Sans forcément céder aux sirènes du tout connecté, il est difficile de ne pas croire en l’avènement du monde de demain à travers l’ensemble des objets présentés dans les stands du salon. Certains seront promis à un bel avenir, d’autres alimenteront les chroniques journalistiques décalées ou critiques de livres qui décortiqueront avec appétit et malice les créations hurluberlues qui n’auront pas résisté aux contraintes commerciales, et seront passées à la moulinette de la satire que le recul des années offre. Certains exposants se montraient parfois sévères sur cette édition d’anniversaire. Il n’était pas rare d’entendre que le salon n’avait rien d’innovant. Mais Olivier Ezratty met en garde contre toute attente un peu excessive dans son rapport : « Aussi curieux que cela puisse paraitre, il n’y a jamais de nouvelle tendance au CES ! On ne peut qu’y constater soit une amplification, soit une atténuation des tendances existantes qui ont marqué l’année passée ».
Mais une question se répand aussi d’un salon à l’autre et revient ici même au CES. Et le consommateur dans tout cela ? Car disposer d’ampoule connectée pour écouter de la musique, se doter d’une télécommande pour allumer la lumière, baisser le thermostat, ou fermer la porte du garage, se laisser conduire par sa propre voiture, être ausculté à la loupe, impose à l’ensemble des foyers un changement profond de mode de vie. Le consommateur est-il véritablement prêt à investir dans ces objets pour, comme le marketing le réclame, simplifier la vie, simplifier le quotidien. A titre d’exemple, dans son bilan de 396 pages Olivier Ezratty le rappelle, en filigrane à propos des débats sur les performances technologiques des téléviseurs. Qui passionnent-ils ? Une notion doit donc rester toujours à l’esprit pour diffuser et vendre ces fameux produits : quelle est leur valeur d’usage ? Même si les objets connectés sont promis à un bel avenir, il reste difficile de savoir lesquels parviendront à percer. Mais une chose se profile au loin. Les objets connectés et autres produits high-tech pourraient bien redessiner les contours de la distribution. Les fabricants placés sur le segment du bricolage voient déjà leurs champs s’ouvrir à d’autres univers de distributions. L’interpénétration des secteurs risque à terme de modifier profondément la structure des réseaux. Les fabricants d’ampoules peuvent à la fois figurer en GSB comme chez un spécialiste de la hifi de la vidéo et du son, car leurs produits servent également d’enceintes. Les spécialistes le seront de moins en moins, et deviendront des hyper généralistes.
Le CES présente un grand nombre d’innovations. L’hyper connectivité et l’avènement de l’intelligence artificielle cette année étaient au cœur des attentions du salon. Mais ces nouvelles technologies soulèvent encore et toujours les mêmes questions. Cette donnée une fois glanée, récoltées, et voire parfois analysés avec l’apparition des robots, que deviendra-t-elle. Le CES intrigue, attire, fascine, ou provoque l’aversion. En un mot, il ne laisse jamais indifférent. Il ouvre la voie au pire comme au meilleur, et pour paraphraser Coluche, pourvu qu’il ne soit pas le meilleur dans le pire.•