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BtoB Habitat : Ils étaient tous là… Mais où ?

Écrit par Deborah Koslowski Le 28 juin 2018. Rubrique France

20180628 BtoB Habitat

C’est au Paris Event Center, situé à la porte de la Villette (Paris) que, début juin, s’est déroulée la première édition de BtoB Habitat. Un salon dédié au bricolage, qui a tenu sa promesse d’organiser un rendez-vous pour les professionnels du milieu, mais que, de trop nombreux acheteurs, ont choisi de déserter. Dans la continuité de ce qui a bien fonctionné, l’organisation de cet événement – appelé à devenir incontournable – va donc être quelque peu corrigée.

La promesse était belle. Pour la première fois, depuis bien longtemps, la famille du bricolage allait (enfin !) pouvoir se réunir au sein de son propre salon : BtoB Habitat. Un événement qui avait pour thèmes Bricolage, Déco, Bâti et Aménagement, et dont une petite partie était allouée aux animaux domestiques, avec ACProdeZoo. Mais alors que les plus de 130 fabricants qui exposaient, trépignaient d’impatience à l’idée de rencontrer les acheteurs – à la suite des pré-inscriptions, ils étaient 230 à être attendus selon les chiffres communiqués par l’organisation – afin de leur montrer chacune de leurs innovations… trop peu de monde s’est précipité dans les allées. Outre la Chambre du Commerce et de l'Industrie Française au Canada et celle de Chicago, qui ne se sont pas présentées malgré les partenariats annoncés, seule un peu plus de la moitié des acheteurs pré-inscrits a, en effet, fait le déplacement.

En tout et pour tout, ce sont ainsi près de 180 représentants d’enseignes et centrales – venus de France, mais aussi du Luxembourg, de Belgique et de Russie – qui ont arpenté le salon trois jours durant. Une quarantaine d’entre eux, inattendue, à l’instar de Desamais, s’est même inscrite directement sur le salon. Cependant, un goût de trop peu s’est fait sentir chez les exposants qui, et c’est compréhensible, en attendaient un peu plus. Tant et si bien que, harassés et agacés, certains ont fini par plier bagages avant l’heure. Révolution dans les stands et ire des acheteurs présents...

Un problème de communication ?

Et pour cause, quelques marques le jurent : là où un fabricant comme Thirard a réussi l’exploit d’échanger avec 30 acheteurs, se voyant ainsi, potentiellement, ouvrir les portes de nouveaux référencements, elles n’ont vu personne, ou presque. Qui a raison et de qui est-ce la faute ? “Toutes les centrales étaient là, de CMEM à Cofaq, en passant par la Plateforme du Bâtiment, qui n’était, à l’origine, même pas inscrite”, a défendu Nathalie Labbaye, organisatrice de l’événement. Et la réalité est celle-ci : tout le monde dit vrai, car les acheteurs de tout bord étaient bel et bien sur place. Mais une poignée seulement, à raison d’une soixantaine par jour. Alors que ces derniers sont censés se déplacer d'événement en événement pour faire le tour des stands, rencontrer de nouveaux fournisseurs et découvrir des innovations… les voilà qui boudent les salons. Une tendance observée également sur le Salon du Végétal. Aussi, de trop nombreux exposants ont eu le sentiment d’être lésés par la situation. Peut-être aussi que, trop habitués aux salons d’enseigne (où la clientèle est captive) ou ayant peur de louper les quelques présents journaliers, ceux-là n’ont pas non pas osé quitter leur emplacement pour courser le chaland, comme l’ont fait ceux qui ont décroché de précieux sésames.

Côté teasing, les partenaires du salon – RBJ et Bricomag – ont annoncé l’événement et fait intervenir quelques principaux acteurs, dans leurs colonnes. Ce qu’a aussi fait l’organisation de BtoB Habitat, au travers, notamment, des réseaux sociaux. Difficile, donc, de faire comme si de rien n’était… Si ce n’est pas la communication, qu’est-ce qui a alors porté préjudice à ce salon reconnu, à l’unanimité, par les exposants, comme étant “utile à la profession” ? Les perturbations causées par la grève reconductible de la SNCF, d’une part. “C’était aussi la première édition. Il est louable que certains acheteurs préfèrent attendre de voir”, a, d’autre part, concédé l’organisatrice. Plus confidentiellement, il se murmurait également, dans les artères du salon, que certains acheteurs auraient été happés par Roland Garros… et que d’autres n’auraient, tout simplement, pas été conviés à l’événement par les fabricants ! Pour quelle raison ? Allez savoir. Les fournisseurs ont sans doute oublié que se montrer solidaires pouvait permettre de nouer de nouveaux contacts, de toucher de nouvelles cibles. Et de fait, tout le monde n’est pas distribué au même endroit. C’est pourquoi le jeu des invitations est si important ! “Les acheteurs des uns sont les prospects des autres”, a rappelé Nathalie Labbaye.

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Merchandising 2.0

Si le visitorat ne s’est pas montré à la hauteur des espérances des exposants, ces derniers pouvaient, toutefois, se réjouir de l’espace qui leur était alloué. Le hall choisi par l’organisation était spacieux, suffisamment en tout cas pour que les fabricants laissent parler leur créativité ! Tous ont, d’ailleurs, joué le jeu, certains ayant même osé des mises en scène intéressantes pour mettre leurs produits en valeur. Par exemple, afin de présenter sa nouvelle boîte aux lettres connectée au réseau bas débit, Picowan d’Archos, Concierge – qui pour l’occasion s’est associé à Signée, le fabricant français de boite aux lettres – avait pensé son stand comme une façade de maison. Pour montrer l’étendue de son savoir-faire, Aschieri De Pietri – le roi de la palette sans traitement chimique et made in Italy – présentait, lui, tables, fauteuils et autres étagères à monter, grâce à ses planches simples à utiliser, dans une ambiance cosy... qui invitait à une pause détente, en plein bois. La Société Européenne d'Abrasifs (SEA) a, quant à elle, réussi le pari de rendre attractifs papier de verre et disques de ponçage – dotés d’emballages écologiques, car en carton, et capables de faire office de pelles de ramassage –  en tout genre ! Imposant, ouvert, paré de jaune et de gris, équipé de poufs... son convivial stand était visible de loin. C’était aussi l’un des seuls, si ce n’était le seul, à avoir invité la réalité augmentée sur le salon. Un rectangle cartonné posé au sol, relié à une application mobile, permettait, en effet, de découvrir rayons et produits – en 3D – imaginés par SEA, sous toutes leurs coutures. Seul (tout petit) bémol : l’impossibilité de faire des démonstrations dans l’enceinte du salon. “A l’extérieur, tout est possible. A l’intérieur, avec le risque d’étincelles, non. Informée de cette volonté des exposants, en amont, j’aurai pu organiser des espaces de démo”, s’est exprimé l’organisatrice du salon. Message passé pour la prochaine édition.

Une poignée de fabricants a, par ailleurs, eu l’opportunité de bénéficier d’un petit coin privilégié, sur le futuriste Magasin de mes Rêves. Impossible de passer à côté de cette étendue de 100m2, dédiée au magasin de bricolage de demain – réalisée avec le concours de l’Institut Français du Design (dont la Présidente, Anne-Marie Sargueil, était la marraine), d’AG Dynamics et de l’Institut du Commerce – sans la voir. Centrale, elle s’imposait sans difficulté au milieu du hall. Et bien qu’à aboutir encore, elle donnait déjà une bonne idée de ce que seront les grandes surfaces de bricolage de demain : spacieuses, lumineuses et ayant pour volonté de mettre en avant les objets, autrement qu’entasser les uns sur les autres. En ce sens, ses racks, peu communs, dénotaient de ceux habituellement présents au sein des GSB. Un peu comme dans certains grands magasins, seul un produit était mis en avant sur chaque zone d’exposition. Magasins qui, comme l’a physiquement représenté Renz, devraient, à terme, tous être équipés d’une boîte de retrait connectée, afin de faciliter le quotidien des consommateurs. Le stand novateur qu’était le Magasin de mes Rêves était également équipé d’une zone de réalité virtuelle. Signe que, demain, la frontière entre les univers physique et digital est appelée à s’amincir encore. Rien que l’année prochaine, cela devrait d’ailleurs pouvoir se vérifier avec – nous l’espérons – l’arrivée des nouveaux outils du commerce, et encore plus de connectivité sur cet espace 2.0.

Un nouveau salon et des trophées

Au-delà d’être un laboratoire inspirationnel, le Magasin de mes Rêves était aussi the place to be pour assister aux premières (d’une longue liste) remises de prix de l’histoire du salon BtoB Habitat.

C’est ainsi que 35 produits, présentés à un parterre d’acheteurs – à l’instar de Françoise Valles (Gedimat), Patrick Schaeffer (CMEM/ToutFaire/BigMat), Olivier Huber (Mr Bricolage), Ophélie Luthier (Cofaq), Hervé Duchène (Brico Leclerc/Galec), Laurent Delsol (Les Briconautes), Emmanuel Bernard (LBAO/Samse), Vincent Leenhardt (ManoMano) – au journaliste de RBJ, Pierre Dieuzeide, et à Claude Motti, ont concouru lors du Grand Prix des Brico d’Or. Les fabricants ne jouissaient que de 5 minutes chronos pour convaincre ce prestigieux jury. Une audience qui, si elle a du bloquer sa première journée de salon pour l’occasion, a su accorder du temps de qualité aux concouristes, venus louer les mérites de leur bien. Aussi, dans la catégorie “facile à utiliser”, le Brico de bronze a été attribué à Semin pour son enduit de rebouchage, le Rebouch’trou, celui d’argent à l’Aschieri De Pietri pour sa palette de déco en kit, mais aussi à Nespoli pour son bac Easy Move, qui se tient à l’aide d’une lanière et dont la capacité permet de recouvrir une surface allant jusqu’à 5m2 ; et l’or a été remis à Red Head pour le Drak, une cheville avec scellement chimique à poser en deux temps trois mouvements. Un produit qui, a par ailleurs, fait l’unanimité : il a été fait lauréat du Grand Prix des Brico d’Or ! Dans la catégorie “environnement”, c’est Luceco qui a remporté le Brico de bronze, pour son projecteur de sécurité solaire LED ; Biofa s’est vu gratifié du Brico d’argent pour sa “peinture mur nature”, et Lumens Systeme Autonome a été récompensé du Brico d’or pour son ampoule Leds Liquide E27, qui génère moins de dépenses, permet plus d’économies d’énergie et est protégée contre l’oxydation. La catégorie “domotique” a vu Onelec être gratifié d’un Brico de bronze pour son interrupteur wifi Iotti, Nityam d’un Brico d’argent pour son trio d’objets connectés, comprenant une ampoule, une caméra et une prise, et Dismo d’un Brico d’or pour Heatzy, un module à brancher sur le radiateur afin de le contrôler. Qui sont les lauréats de la catégorie “marketing” ? Hermann Schwerter a reçu un Brico de bronze pour son comptoir permettant de présenter la visserie en vrac, le cabinet Brico Deco Formations a été primé d’un Brico d’argent pour ses modules de formations distancielles, et Laterlite a été gratifié d’un Brico d’or pour son béton universel fibré/mortier fibré BiSac. Dernier prix, certes, mais pas des moindres : le Prix spécial du Jury 2018. Celui-ci a été remis à Miralum, pour Q20, une bombe qui protège les produits électriques de l’humidité en les rendant étanches, et qui permet ainsi d’éviter pléthores d’accidents domestiques. “L’année prochaine, afin de faire venir plus d’acheteurs, nous avons envisagé – avec notre partenaire RBJ – de multiplier les jurys, et de faire en sorte que chacun représente une famille de produits”, a par ailleurs confié Nathalie Labbaye.

La centrale de référencement CMEM, représentée par son Directeur général, Patrick Schaeffer, a également profité du salon BtoB Habitat pour lancer son Trophée. Un prix qui visait à élire le “produit de rêve”, parmi ceux présentés sur le Magasin de mes Rêves. L’heureux élu ? Renz, pour sa boîte de retrait connectée, qui a reçu le Grand Trophée ! Les fabricants AIC International, Burg Wachter, Luceco, Red Head, et Semin ont aussi été couronnés d’un Trophée CMEM. “Le Magasin de mes Rêves est une vitrine d’innovations. Plusieurs fabricants présents sur ce stand n’étaient, d’ailleurs, pas encore référencés chez nous. J’ai donc fait la promesse, à l’ensemble des exposants de cet espace, de les recevoir, afin de voir s’il était possible de les faire rentrer dans le référencement”, a fait savoir Patrick Schaeffer.
Une aubaine pour le groupement, toujours en quête de nouveautés à fournir à ses adhérents… et pour les fabricants, pour lesquels un référencement peut tout changer.•