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Gedimat Sefor Houilles : Une déchetterie qui rapporte*

Écrit par Marie-José Nicol Le 8 février 2018. Rubrique Distributeurs bricolage

20180208 Gedimat

Depuis le 1er janvier 2017, selon le décret du 10 mars 2016 (le décret flux), les négoces ont l’obligation d’organiser sur leur site ou dans un rayon de 10 km, la reprise des déchets. Ce décret fait l’objet de nombreuses contestations de la part des négoces, mais à la finale, il faut s’incliner. Et si cette obligation constituait une opportunité ? En lançant sa déchetterie, Gedimat Houilles, non seulement augmente légèrement son CA, mais de plus fidélise ses clients. Certes la formule ne s’applique pas en zone rurale, mais elle est magique en ville !

« Nous avons été sensibilisés à la problématique des déchets bien avant le décret, lance d’emblée Jean-François Martin, Directeur général des établissements Sefor. En effet, lorsqu’il y a 7 ou 8 ans, nos clients ont commencé à laisser leurs déchets devant notre porte, nous avons compris qu’il nous fallait réagir ». C’est ainsi que l’aventure déchets a commencé. Certes, il ne s’agissait pas d’une véritable déchetterie professionnelle comme celle qui voit le jour aujourd’hui, mais Gedimat Houilles a commencé à proposer des solutions à ses artisans. D’autant que le sujet était à la mode : « Le Grenelle de l’environnement avait suscité beaucoup d’espoir chez les artisans. Mais, malheureusement, à la finale, nous avons été très frustrés », poursuit notre hôte, tout en précisant : « Toutefois des progrès ont été accomplis ».

Entrer dans l’économie circulaire
Aujourd’hui, la Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte est précise : « Il faut réduire les déchets non dangereux et non inertes de 30 % en 2020 par rapport à 2010 et de 50 % en 2025 (toujours par rapport à 2010). De plus, il est stipulé que les déchets sont valorisés sous forme de matière à hauteur de 70 % d’ici 2020. Pour valoriser, il faut trier. C’est pour cela que nous proposons le tri de 12 flux parmi lesquels les fenêtres, le bois, le plâtre, les cartons et films plastiques… Et pour les déchets en mélange, nous nous reposons sur nos partenaires Allieco et Paprec qui grâce à leurs installations de tri mécanisé permettent d’atteindre près de 90 % de valorisation sur l’ensemble de nos flux. La seule limite pour atteindre les 100 % réside plus dans le coût du traitement que dans les barrières techniques », poursuit le Directeur général.

Une vraie déchetterie

Devant l’engouement de leurs 900 clients, Sefor a donc décidé de créer une véritable déchetterie. En effet, 10 à 12 % des clients déposent leurs déchets et reprennent du matériel, soit 40 à 45. A noter que Sefor compte peu de clients particuliers (par plus de 15 %). Pour mener à bien son projet et établir sa déchetterie sur un espace suffisant (500 m2), le dépôt a racheté une petite maison qui bordait son terrain. L’investissement total a été de plus de 250 000 euros, mais aujourd’hui, la déchetterie de Sefor, avec ses 12 espaces de dépôts des déchets est un modèle du genre et n’a pas d’équivalent en France (chez un négoce). L’artisan bénéficie également d’un service de Big Bag pour trier ses déchets (environ 7 euros le sac). Bien évidemment ce service est payant, mais les prix pratiqués par Gedimat sont inférieurs à ceux d’une déchetterie traditionnelle : 39,5 euros le m3 si les déchets sont triés, 78 euros s’ils ne le sont pas. A noter que le dépôt des cartons, plastique et ferraille sont gratuits. Pour l’instant le plâtre n’est pas encore repris, mais il le sera bientôt. En effet, les déchets de plâtre recèlent un vrai potentiel de développement : « A Lyon, les déchets de plâtre représentent 55 % de la collecte contre 12 % au niveau national », complète Jean-Yves Burgy, Dirigeant du cabinet Recovering qui a assisté Sefor pour le montage de cette opération.
Au global, l’opération est rentable à plus d’un titre. Tout d’abord la déchetterie représente 1 à 2 % du CA global (qui est de 15 millions d’euros). Ensuite, la plupart des artisans qui viennent déposer des déchets repartent avec de la marchandise. Enfin, elle confère à Sefor, une image réelle de service. Il faut bien reconnaître que pour l’artisan les avantages sont nombreux : des horaires adaptés (de 7 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h 30), un seul interlocuteur pour plusieurs services, un seul compte client, une traçabilité parfaite et surtout une relation de confiance sur le long terme. Le négoce, quant à lui, voit sa crédibilité renforcée auprès de ses clients et même de ses équipes en interne, il fidélise mieux le client et amortit mieux son matériel (camions, chariot élévateurs, etc.).
Cette image est d’ailleurs renforcée par toute une série de prestations complémentaires qui sont proposées à l’artisan : découpe de bois panneaux, ateliers, réalisation de plans pour les chantiers des clients, etc. « La déchetterie nous amené une dynamique qui ne se dément pas », conclut notre interlocuteur.
Au vu de cette réussite, nous nous interrogeons sur le manque d’enthousiasme des négoces quant à l’application du décret !

* Pas tant en termes de profit mais d’augmentation
de CA et de fidélisation client.