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Pipeline diy-logistics : Dachser est en route

Écrit par Jeffrey Bevilacqua Le 8 février 2018. Rubrique Distributeurs bricolage

20180208 DACHSER CARGO

10 ans de livraison DIY en Europe, cela se fête. Le 30 novembre 2017, à Paris, Dachser a présenté les services que propose son pipeline DIY-logistics, ainsi que les directions que ce dernier est en train de prendre.

Par la terre, par les airs ou par les mers, Dachser utilise tous les moyens possibles pour se placer en expert de la logistique. Le service DIY-Logistics, pour « Do It Yourself (faites-le vous-même), a fêté ses 10 ans en 2017. Pour l’occasion, l’entreprise a présenté, le 30 novembre, à Paris, les compétences qu’offre le pipeline DIY. Ce dernier a pour rôle d’accompagner les clients de Dachser afin de leur éviter leur pire crainte : « le rayon vide ». Il comporte l’ensemble des services que le réseau de la marque allemande fournit à l’international, pour le secteur du DIY (bricolage, jardin et aménagement de la maison). Il représente 20 % des livraisons de Dachser en Europe.
Dachser DIY-Logistics propose un très large panel de solutions logistiques intelligentes, afin d’acheminer au mieux tous les flux de marchandises. En plus du transport, l’entreprise, fondée il y a 88 ans, propose un système de gestion des commandes et un entreposage, grâce à son réseau d’entrepôts étendu, mutualisé et aux solutions personnalisées. Le service Track & Trace, qui permet de suivre la commande à tout moment, est également disponible. En plus de la distribution de 18 000 points de vente européens, spécialisés dans le bricolage et le jardinage, le leader sur le marché de la logistique propose des services en magasin (gestion du point de vente, mise en rayon, gestion des retours…) et une livraison B-to-C (livraison individuelle et personnalisée, ainsi qu’un service d’installation).

Gérer la forte saison en provenance d’Asie

Sur une période de 3 mois, se conjuguent plusieurs événements : En Europe, c’est la rentrée, la saison hiver et les fêtes du Noël. Côté asiatique, c’est la période de la golden week et du Nouvel An chinois.  Il y a donc une forte demande du continent européen et une forte pression sur la production et les moyens de transport traditionnels. Le défi est donc de taille pour les entreprises et donc pour les services de logistique. Afin de répondre à cette forte augmentation de la demande et à toutes les problématiques liées à cette période, Dachser propose bon nombre de solutions. Il est possible d’acheminer les containers par les voies classiques : par avion, bateau ou train. L’entreprise allemande offre aussi une solution combinée (associant l’aérien ou le maritime avec la route).

Le moyen aérien reste très demandé

Grâce à ses accords avec des compagnies aériennes majeures, pendant la peak season (haute saison), ainsi que des rotations Asie-Europe avec sa propre offre charter, Dachser fait face à l’engorgement du trafic. Dachser parvient ainsi à maintenir des temps de transit courts pendant cette période. De la mê­me façon, grâce à des accords avec les principales compagnies maritimes, Dachser est en mesure de limiter les différés d’embarquement.

Le mot d’ordre : anticiper

La livraison par les rails est une autre solution, même s’il manque encore des terminaux de destination en Europe. « Depuis trois ans, nous assistons à un fort développement de ce produit. », affirme Philippe Ducloux, Directeur commercial Air & Sea Logistics chez Dachser. « C’est une solution intelligente, fiable, mais pas encore suffisante en termes de capacité ». En effet, un porte-conteneurs a une capacité moyenne de 20 000 containers (équivalent containers 20 pieds) en un voyage, tandis que les prévisions annoncent le même nombre sur toute l’année 2017 pour le train. Cette solution n’est donc pas en concurrence avec la solution maritime, mais se positionne comme une solution complémentaire à l’avion. « Cela prend entre 14 et 18 jours de transit. La voie ferroviaire nécessite donc de l’anticipation », explique Philippe Ducloux.

La distribution urbaine, un autre défi

Et si livrer depuis la Chine, à plus de 8 000 km, était plus facile que distribuer à Paris ? Si aucune réponse formelle n’existe, la question mérite d’être posée. En effet, les métropoles représentent un vrai problème pour les entreprises de logistique. « Les camions d’hier ne sont pas les camions de demain. C’est pareil avec les villes. Il faut s’adapter », admet Jean-Christophe Le Buzit, General manager en charge du projet City Distribution chez Dachser France. Pour répondre aux problématiques du bruit et de la pollution, les systèmes de livraison se retrouvent dans l’obligation de changer. Pour cela, Dachser a lancé le projet City Distribution, en 2016. Cette « boîte à outils » a été créée pour gérer la livraison du dernier kilomètre en ville. En se basant sur toutes sortes d’innovations et avec, toujours en tête, le développement durable, Dachser a testé des outils de livraison dans plusieurs villes européennes. Certaines villes mènent des expérimentations : A Saint-Etienne, c’est la livraison en tramway. La possibilité de livrer en métro dans les grandes villes est donc envisageable. Les systèmes de points relais, de consignes et de click & collect (livraison en magasin) sont de plus en plus encouragés, notamment dans le cadre des retours de produits (très répandus en Allemagne).
Dans les villes, les grands véhicules ont de moins en moins de possibilités d’accès. Il faut donc trouver de nouveaux modèles logistiques. C’est là que le projet City Distribution crée une différence. Ses clients favoris pour tester ses innovations, toujours dans une politique environnementale : Paris, Rennes, Nantes, Stuttgart, Amsterdam, Barcelone et Malaga. Dans cette dernière, un système de livraison qui pourrait faire penser à un tuk-tuk auquel est attelée une petite remorque a été testé. Dachser a utilisé les canaux d’Amsterdam pour expérimenter la livraison en péniche. Dans les trois villes françaises, notamment, le vélo triporteur a été mis en place. Ce vélo est silencieux, maniable, petit et dispose d’une capacité de 400 kilos, grâce à sa remorque. De nombreux tests sur des véhicules hybrides, électriques et à gaz sont effectués depuis 2010.
Enfin, les Parisiens ont pu découvrir un mini-camion, aux couleurs de Dachser, rouler dans la capitale. Ce BIL Truck est un petit camion - doté d’une plate-forme pour porter une lourde charge - qui sort lui-même d’un gros camion. Ce dernier se gare en ville et laisse donc le petit engin faire son travail de livraison, avant de revenir se réapprovisionner à sa source.

Un projet omnicanal…

Le client, quel qu’il soit, est au cœur de la logistique. Avec internet, il a la possibilité de commander partout et tout le temps. Il a également des exigences. Il faut qu’il soit livré bien, vite, mais surtout comme il le souhaite. Ainsi, la moitié des particuliers souhaitent acheter un produit en ligne et aller le chercher en magasin. Dachser propose donc d’aller chercher le produit directement chez le fournisseur et le livrer à l’endroit spécifié par le client : chez lui ou en magasin. « Avec internet, le nombre de commandes explose. Cependant, leur taille diminue », analyse Vincent Isenboeck, Consultant logistique chez Dachser. Par corrélation, les transports connaissent la même évolution que les entrepôts. Le nombre de commandes augmente et le poids de celles-ci diminue. L’entreprise allemande propose donc de personnaliser les envois et les lieux de livraison (boites aux lettres, entrepôts…). Vincent Isenboeck rejoint son collègue, Philippe Ducloux, sur le fait qu’il ne faut pas se laisser déborder : « Il ne faut pas réagir. Il faut anticiper », déclare-t-il. S’il juge la gestion des données « importante », le Consultant logistique estime que la faculté à créer une approche modulaire est essentielle. « Il faut rendre nos services modulables, ajustables et personnalisables », affirme-t-il. Pour cela, Dachser a un modèle unique, mais auquel peuvent se greffer plusieurs modules afin de satisfaire tous ses clients.

… et digital

« Les attentes des clients ont changé avec le digital. C’est à nous de suivre cette évolution », soutient Daniel Vazny, IT Business integration manager. Alors que 20 milliards d’objets connectés devraient être en circulation en 2020, les data, la logistique omnicanal et ces mêmes objets connectés sont dans l’air du temps. Depuis 30 ans, Dachser suit cette « révolution digitale ». 94 % des ordres de transport du leader de la logistique sont reçus par informatique. L’entreprise a aussi lancé son système de factures dématérialisées, afin d’économiser du temps et des ressources.
Cette politique digitale comporte de nombreux enjeux. Elle permet d’activer la collaboration entre les différents membres de la chaine du transport, de faciliter toutes les étapes de la logistique et de disposer de plus d’éléments afin de prendre de meilleures décisions (l’analyse des données notamment). Elle crée de nouveaux domaines d’activités, de nouveaux emplois et renforce la possibilité d’innover. De plus, cela donne une meilleure image de l’entreprise. Pour Daniel Vazny, Dachser est en constante progression dans sa digitalisation. Pour cela, depuis le 1er octobre 2017, un partenariat avec l’IML (Institut Fraunhofer) a été signé, dans le domaine de la Recherche et Développement. Avec l’IML, ils cherchent notamment à améliorer leur système de traçage des colis en temps réel, et la gestion des données. « L’analyse prédictive en logistique est primordiale », déclare Daniel Vazny. « Elle permet d’optimiser les stocks de production, d’anticiper les opérations de transport et d’anticiper les pics saisonniers ». Là encore, l’entreprise allemande est en plein travail d’optimisation.
Dachser se dote donc de moyens logistiques extrêmement compétents et en constante évolution.
Si les distributeurs français ont une bonne présence à l’étranger (70 magasins Leroy Merlin en Russie, par exemple), les industriels manquent encore d’audace à l’international, estime Boris Pierre, Business Development Manager DIY-Logistics : « La logistique ne doit pas être un frein, mais une opportunité ». Ce qui est clair, c’est que Dachser DIY-Logistics n’appuie pas sur la pédale de frein, mais bien sur la pédale d’accélérateur.