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Assemblée générale FNBM : Un Plan d’avenir aux multiples enjeux

Écrit par Deborah Koslowski Le 3 août 2018. Rubrique Distributeurs bricolage

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Au cœur des discussions organisées par la Fédération du Négoce du Bois et des Matériaux de Construction (FNBM) à la suite de son assemblée générale annuelle : la récente publication - par le gouvernement - du Plan de Rénovation Énergétique des Bâtiments. Un rendez-vous donné aux négociants adhérents en juin dernier (Paris), qui leur a permis de comprendre les opportunités apportées par ce dernier.

Le calme après la tempête. Aussi vrai que le sujet de la loi de récupération des déchets avait suscité la grogne des adhérents de la FNBM, l’année passée, le thème du Plan de Rénovation Énergétique des Bâtiments – choisi à l’occasion de la 6e édition des “Rendez-vous du Négoce” – devrait, lui, leur avoir donné de la suite dans les idées. Et de fait, les quelque 1 183 sociétés rattachées au syndicat professionnel ont indéniablement un rôle central à jouer pour que le Plan, sus-cité, atteigne les objectifs qu’il s’est fixés. C’est du moins ce qu’ont mis en exergue Jérôme Gatier, Directeur du Comité Stratégique du Plan Durable ; Jacques Pestre, Directeur Général de Point.P Matériaux et Chef de projet du groupe “Ville Durable” de la Nouvelle France industrielle ; Emmanuel Constantin, l’actuel Chargé de mission auprès du Directeur général pour l’énergie et le climat, au Ministère de la Transition écologique et solidaire ; Jean-Pascal Chirat, Délégué général du Club de l’amélioration de l’habitat ; et Eric Lagandré, Spécialiste énergie pour l’Agence Nationale de l’Habitat, lors de la table ronde animée par le journaliste Pascal Le Guern (présenté comme “historique” pour la convention). Une réunion qui s’est déroulée au sein du Pavillon Royal (Paris, Bois de Boulogne), à laquelle tous étaient conviés.
« Certains négociants, déjà signataires de la charte, parue le 19 juin au ministère, ont d’ores et déjà enfilé leur robe de bataille. D’autres, ont encore besoin de mesurer l’impact concret et les moyens octroyés pour s’engager dans cette démarche qui concerne forcément les quelque 5 500 points de vente des adhérents », a par ailleurs introduit Franck Bernigaud, Président de la FNBM, avant de donner le coup d’envoi de la conférence.

Une Terre, un Plan

Le Plan de Rénovation Énergétique des Bâtiments ? Un sujet sur lequel Nicolas Hulot, ministre d’État et ministre de la Transition écologique et solidaire, et Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, ont planché – de concert avec les négoces – pendant trois mois. L’objectif principal de ce plan, annoncé le 26 avril dernier : répondre au défi de la neutralité carbone, qui correspond à trouver et à financer des projets, devant mener à la réduction – ou à la compensation – des émissions de ce gaz à effet de serre (par le biais de la rénovation de bâtiments, polluants et énergivores car mal isolés, en l’occurrence), sans jamais léser le pouvoir d’achat des Français.
Aussi, ce plan environnemental représente environ 14 milliards d’euros de soutien public en investissements et en primes, réparties sur le quinquennat. Des fonds qui sont appelés à être complétés par plus de 5 milliards d’euros de certificats d’économie d’énergie, directement utilisés pour financer les projets de rénovation des consommateurs finaux. Ce dernier se divise, par ailleurs, en 4 axes, qui sont la rénovation énergétique des bâtiments, la lutte contre la précarité énergétique et la massification de la rénovation des logements, l’accélération de la rénovation des bâtiments tertiaires et l’accompagnement de la montée en compétences des professionnels du bâtiment. Quatre points qui se déclinent ensuite en 13 actions et 32 mesures, afin de faire de la France « un pays zéro carbone, d’ici 2050 », a rappelé Jérôme Gatier. Et pour que cet ambitieux but soit rendu possible, une vaste action de communication, devant servir de tremplin au Plan – afin de le rendre plus lisible pour les consommateurs finaux – devrait être mise en place à la rentrée prochaine (cf. encadré : “FAIRE” bouger les choses).

Former pour mieux informer

« Le négoce et les industriels doivent être à fond derrière ce plan. La rénovation est, en effet, un marché très important pour nous. 500 000 logements à rénover (par an, selon l’Etat, ndlr), c’est énorme. Cela représente pour nous un gisement potentiel de 7 millions de logements mal isolés à rénover entièrement, ce qui est considérable pour nos métiers, et pour les industriels du négoce », s’est exprimé Jacques Pestre. Constatant « un essoufflement sur le marché de la construction neuve » celui-ci a, par ailleurs, invité ses comparses à l’action, déclarant : « il serait temps pour nous de rebondir sur le marché de la rénovation énergétique qui n’a jamais vraiment décollé, malgré les aides de l’Etat mises en place. » Une référence au Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) ? Sans doute. Ce dernier, méconnu des professionnels et particuliers, s’apprête, de toute façon, à changer de visage. Une prime – financée à l’aide d’un fonds de garantie de plus de 50 millions d’euros, devant permettre à 35 000 ménages aux revenus modestes de bénéficier de l’aide dès le début des travaux – doit en effet entrer en vigueur en 2019. « Nous avons de très bons produits mais le problème, c’est de le faire savoir aux artisans du bâtiment », a-t-il, par ailleurs, rappelé. « Avec plus de 5 000 points de vente pour les seuls matériaux en France, nous sommes au cœur des territoires. Nous sommes partout présents pour conseiller, orienter les clients poseurs, leur parler, aussi. En tant que négoce, notre rôle est fondamental… et pourtant, souvent oublié, alors qu’il est gratuit ! Tout le monde devrait profiter de notre disponibilité pour massifier », a-t-il insisté. Pour plus de clarté, ce dernier a également préconisé – à tous – de prendre le virage digital afin de s’y retrouver dans les différentes aides auxquelles professionnels et particuliers peuvent prétendre.
Quel qu’il soit, le négoce est, de facto, le plus à même de prodiguer conseils et offres adaptés aux professionnels du bâtiment. Aussi, c’est à lui qu’il incombe de faire monter les artisans en compétences. Le Directeur Général de Point.P Matériaux a, ainsi, suggéré aux négociants de mettre à disposition de leurs clients artisans un lieu physique de formation en continue, afin que ces derniers puissent se former, en vue de l’obtention de la mention RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). « Bien que critiqué, le label RGE – pour lequel nous nous sommes battus – est une belle invention. La majorité des artisans l’ayant obtenu fait sérieusement son travail », a-t-il défendu. « Il faudrait, cependant, y ajouter des contrôles », a-t-il complété. Un dispositif qu’il aimerait, par ailleurs, voir évoluer : un système de notation, allant de 1 à 3 étoiles, pourrait être mis en place pour distinguer les artisans qui se forment aux dernières innovations de process et matériaux, afin de toujours proposer les meilleures solutions aux clients finaux.

Vers une standardisation de l’offre ?

Outre la formation continue des professionnels du bâtiment, le Délégué général du Club de l’amélioration de l’habitat, Jean-Pascal Chirat, a souligné que « ce qui est important lorsque nous visons une massification, c’est de viser large, d’avoir une démarche globale qui entraînera naturellement la rénovation énergétique. Cela passe, par exemple, par une offre packagée, standardisée pour les combles ou le remplacement des chaudières fioul. » Chaque métier ayant sa spécificité, ils auront besoin d’une « intermédiation complémentaire, afin de rapprocher et coordonner les différentes compétences ». Le but ? « Assurer la qualité finale du projet de rénovation des habitants, et instaurer une relation de confiance avec eux. » Une idée qui a convaincu de part et d’autre de la table. « Lorsqu’un ménage achète un logement vacant et fait des travaux de mise au propre ou d’embellissement, les négoces pourraient le convaincre d’aller plus loin, en lui proposant une offre “prêt à réagir” concernant la rénovation thermique de son bien, sans que celle-ci retarde son emménagement pour autant », a abondé Jérôme Gatier.
Effectuer ce type de travaux de manière curative, afin de prévenir tout éventuel problème ? Une réflexion qui fait sens. Et de fait, cela pourrait permettre de « réveiller un gisement dormant, d’environ 150 000 logements par an », a estimé Jean-Pascal Chirat. l