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Bellota, Corona : A la conquête de l’hexagone !

Écrit par Patrick Glémas Le 13 juin 2017. Rubrique Fournisseurs bricolage

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D’origine basque espagnole, Bellota s’intéresse à la France, son voisin du Nord si intimidant ! Elle vient de créer une filiale et a embauché des collaborateurs. Elle entend bien s’installer durablement sur le marché par l’intermédiaire des jardineries et des Lisa, mais aussi avec les négoces en bâtiment. Découverte.

Avant 2015, personne ou presque ne connaissait la marque Bellota. C’est en intégrant, cette année-là, les linéaires de Jardiland que la marque se fait connaître en France. Et pour beaucoup, c’est un mystère ! Pourtant, cette société du Pays basque espagnol avait fait un passage dans notre pays en 1997. Cette incursion fut liée au rachat de la société Muller, spécialiste des outils à main pour le bâtiment. Elle fut revendue en 2005… « Notre entreprise a toujours considéré la France comme étant inaccessible, explique Laurent Nevejans, Directeur marketing et ventes. Il y avait une crainte à franchir la frontière. Nous voulons démontrer le contraire aujourd’hui ! ».

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Patricio Echeverria, a fondé l’entreprise en 1908 à Legazpi, un village très industriel du Pays basque espagnol...


D’autant que la société est tout sauf une petite usine tapie dans le Pays basque… Créée en 1908 par Patricio Echeverria à Legazpi, un village très industriel, elle a aujourd’hui une envergure mondiale. Le Groupe compte aujourd’hui onze sites de production, dont quatre en Europe, trois en Amérique du Nord, trois en Amérique du Sud et un en Inde. Fort de 18 000 références, il est présent dans 150 pays pour un chiffre d’affaires de près de 250 millions d’euros ! Au cours de son siècle d’existence, cette société a connu une histoire riche qui continue de s’écrire. Comme souvent, cette histoire démarre dans une forge de village qui fabrique les outils dont les agriculteurs locaux ont besoin. Dans ce coin d’Espagne, l’outil le plus utilisé est la houe forgée, un héritage qui symbolise toujours la marque. De lopins de fer brut en outils façonnés sur l’enclume, la production prend de l’ampleur. Elle s’industrialise petit à petit. Les manches en bois sont aussi intégrés, dans un atelier en Navarre. D’autres outils viennent rejoindre la gamme. L’agriculture se mécanisant, Patricio Echeverria se lance dans les équipements qui se montent derrière les tracteurs pour travailler le sol.
Voyageur dans l’âme, comme souvent chez les Basques, et fort d’une culture industrielle acquise, Patricio Echeverria se tourne vers l’Amérique du Sud, en plein développement agricole. Il y ouvre des usines, poursuivant son développement. Il s’intéresse alors à la partie nord de ce continent, débarquant aux Etats-Unis, où il s’implante. En 2000, Bellota rachète la société Corona. Fondée en 1920, dans la ville de Corona, en Californie du Sud, cette entreprise s’est spécialisée dans la taillanderie. Son premier produit fut un petit sécateur forgé qui tient dans le creux de la main pour cueillir les agrumes. Il est toujours utilisé dans les orangeraies…
« Cet outil est le fruit de l’observation d’un professeur d’école américain, précise Laurent Nevejans. A cette époque, les pertes d’oranges et de citrons étaient énormes dans les transports. Le fait de les arracher les blessait. Après beaucoup d’essais, il réalise ce petit outil qui a révolutionné la culture des agrumes aux Etats-Unis ! ». Ce premier sécateur est à l’origine d’une large gamme de taillanderie. La marque est numéro 2 outre-Atlantique.

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Laurent Nevejans, Directeur marketing et ventes au stand Bellota, lors des Jounées des Collections 2017 à Marseille...


Depuis 2015, l’entreprise basque, restée familiale avec la 4e génération à sa tête, appartient au groupe privé canadien Natt, un des leaders mondiaux de la pièce d’usure agricole avec la marque Ingersoll. Les activités sont clairement séparées. Les marques deviennent internationales avec une vision plus globale des marchés. « Avec nos deux marques Premium, notre stratégie est maintenant clairement affirmée, annonce Laurent Nevejans. Bellota est la marque professionnelle destinée aux secteurs du bâtiment et de l’agriculture, ainsi qu’aux chaussures de sécurité. Corona s’oriente vers les jardiniers et les paysagistes avec une spécialisation dans les outils de taillanderie ».

Les deux marques conçoivent et fabriquent des outils de qualité dans l’une des 11 usines du groupe. « Ces outils sont conçus en collaboration avec les utilisateurs finaux, note Laurent Nevejans. Ainsi, chaque détail est réfléchi en amont puis développé. Nous avons un ADN de fabricant ». Le groupe est le numéro 1 mondial pour les machettes et le numéro 2 pour les limes. Certains outils sont confiés aux meilleurs spécialistes de chaque domaine. Bellota contrôle ensuite la qualité à chaque stade du processus de fabrication. La société développe des process de fabrication durables et respectueux de l’environnement. Le bois utilisé est certifié PEFC et FSC. La société est leader en Espagne et au Portugal. « Mais la péninsule Ibérique a connu une crise profonde et nous avons besoin de nous tourner vers de nouvelles opportunités, confie Laurent Nevejans. Nous devons partir à la conquête de nouveaux territoires. La France en fait partie. Nous avons bien l’intention de nous y installer après notre première expérience avec Jardiland. Nous investissons en hommes et en moyens ! Pour cela, nous avons créé une filiale et nous avons recruté des collaborateurs. Notre vision est à moyen terme. Nous savons faire preuve de patience pour cultiver ce que nous avons semé ».

Dans son approche, l’entreprise se veut très orientée clients. Elle soutient les centrales et les magasins en mettant à leur disposition deux catalogues, des plans merchandising, des actions promotionnelles, des formations produits pour les équipes de vente, des outils de communication personnalisés… « Nous avons même entamé des relations presse pour faire connaître nos marques, ajoute Laurent Nevejans. Nous avons vraiment la ferme intention de nous implanter dans ce pays. Notre vision et notre engagement sont à moyen terme ! ». Rendez-vous dans cinq ans…