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Ledvance - Molsheim : Pleins feux sur la production

Écrit par Renaud Parquet Le 17 août 2017. Rubrique Fournisseurs bricolage

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Avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 1,9 milliard d’euros, le groupe Ledvance fait partie des mastodontes du marché de l’ampoule. Le groupe allemand fondé au début du siècle dernier est présent dans 120 pays et emploie 9 000 personnes, parmi lesquelles 1 200 dans le marketing et le commerce.

Ledvance utilise alors les marques Osram et Sylvania aux Etats-Unis. Ainsi, les luminaires Osram sont vendus partout dans le monde à l’exception des Etats-Unis, et du Canada. Sur ces territoires, la marque Sylvania est présente. Ces deux marques sont aussi bien présentes sur le canal de la distribution professionnelle que pour les particuliers. En termes de logistique, tout est fait pour servir au mieux les clients. Ledvance est par exemple doté de 48 centres de distribution répartis dans le monde. Ainsi 90 % des commandes sont livrés chez les clients en 48 heures.

Fort de ces changements, la nouvelle entité a eu besoin de marquer les esprits en élaborant un show-room efficace pour accueillir les clients et les commerciaux. Dans cette démarche volontaire, Ledvance a défini les contours de ses valeurs en trois leitmotive : Innover, Gagner ensemble, Viser l’excellence.

Un peu d’histoire…

Osram. Il s’agit du nom d’origine, avant que l’entité ne soit transformée en 2016 en Ledvance. Osram a été fondé il y a 110 ans en Allemagne. Il s’agit de la contraction de deux noms germaniques Osmium et Wolfram. Ce dernier nom signifie Tungstène. Au commencement, l’épopée débute grâce à un chimiste Fritz Blau. Puis le 10 mars 1906, Carl Aun Von Welsbach dépose la marque Osram. Et en juillet 2016, Osram a été scindé en deux, avec une entité juridiquement indépendante, Ledvance, qui englobe l’activité d’éclairage général.


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Former nos partenaires aux évolutions technologiques

En mai dernier, Ledvance a inauguré son tout nouveau show-room. De couleur orange et blanc, il retrace l’histoire de la marque et ses ambitions futures. En déambulant, le visiteur peut y découvrir des objets du passé, et se projeter en parcourant l’éventail des gammes.

L’ambiance bicolore attire l’œil. Le blanc et l’orange sont majoritaires. Ces couleurs représentent la nouvelle entité : Ledvance. Une fresque s’étire sur la longueur de la pièce. Elle retrace à la fois l’histoire de la marque, aborde les grandes mutations entrepreneuriales de l’entité. Près de 600 panneaux Led Ledvance Panel illuminent le plafond. « Nous avons également, dans un souci d’économie d’énergie, ajouté des détecteurs de présence », explique Vincent Meppiel, Responsable de la partie technique.
Depuis l’année dernière, Ledvance, la nouvelle structure, marque un virage dans l’épopée industrielle de la fabrication d’ampoules. « La scission a démarré en juillet de l’année dernière », déclare Jean-Marc Vogel, Président de Ledvance France et Europe Sud-Ouest. Ledvance, le fruit de la séparation avec Osram et, depuis mars dernier, elle est sous une nouvelle propriété. Trois partenaires, parmi lesquels un consortium chinois, sont engagés. Osram a donc été scindé en deux. D’un côté, la marque d’origine allemande conserve les semi-conducteurs, l’éclairage automobile et spécial ainsi que les solutions et de l’autre côté, Ledvance commercialise les produits pour l’éclairage général. Les ampoules et luminaires pour le retail continuent d’être commercialisés par Ledvance en marque Osram. Et pour aller de l’avant, le nouveau show-room a justement été pensé pour servir au mieux cette nouvelle structure. Cet outil d’exposition étendu sur près de 500 mètres carrés, sert de point de rassemblement des clients qui viennent pour se former. « Nous portons, depuis toujours, une attention particulière à l’éducation et la formation au monde de l’éclairage, aux choix des produits et de leur usage, application et conditions d’utilisation », précise Jean-Marc Vogel. « Au-delà de la vitrine produits et du savoir-faire de Ledvance présenté dans ce nouveau showroom, notre intention est de former nos partenaires aux nouvelles évolutions technologiques et aux solutions connectées au travers d’ateliers et workshops », rajoute Jean-Marc Vogel. « Redéfinir le rôle de la lumière dans un monde connecté », telle est la mission de Ledvance.
Il s’adresse aux employés de points de vente spécialisés, ou des revendeurs de GSB. Cet espace tout neuf, pensé pour donner des conférences, équipé d’une estrade et d’un pupitre accueillera les équipes commerciales. L’ensemble des produits de la marque est mis à disposition dans le show-room. « Nos équipes de commerciaux et celles de nos clients pourront ainsi échanger, discuter sur tels ou tels produits », poursuit Sylvie Baranek, la Directrice marketing. Cet outil de présentation sert à la zone géographique de l’Europe du Sud. Afin de présenter les nouvelles gammes et les innovations, le show-room dispose d’espaces dédiés aux applications. Ils permettent ainsi d’exposer des nouveautés en fonction des usages dans des univers comme le bureau, en extérieur, ou en décoration. Enfin une dernière pièce, dissimulée derrière une porte coulissante, activée à l’aide d’un digicode, dévoile l’ensemble des collections des ampoules, et des lampes d’intérieur ou d’extérieur. Si le show-room a été installé à Molsheim, c’est aussi pour des raisons de commodités productives, et des qualités géographiques.

Le site de Molsheim, un atout

Le site de Molsheim a été retenu pour sa position géographique plus centrale ; ainsi un grand nombre de retailers du sud de l’Europe se rendent plus facilement en Alsace qu’au siège situé dans la banlieue de Munich. L’installation d’un show-room de cette qualité s’explique ainsi. Le site s’étend sur 13 hectares, l’équivalent de treize terrains de football. « Nous présentons 122 références, et sur les six derniers mois nous avons développé 67 modèles, auxquels s’ajoutent des produits pour l’extérieur », explique Sylvie Baranek. « Nous voyons qu’il y a une nette différence d’achats entre le nord de l’Europe et le sud, et ce en fonction des climats et des températures, explique Vincent Meppiel, Responsable de la partie technique. Les consommateurs achètent des produits en température de couleur  blanc froid pour donner une impression de froid dans le sud du continent, car ils sont en quête de fraîcheur. Dans le nord, les consommateurs achètent des sources ou luminaires émettant des couleurs plus chaudes ». Pour ce faire, le modèle Glowdim a été inventé afin d’offrir sur un seul et même produit une variation de température allant du blanc chaud au blanc très chaud.


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Expédition / Réception : Une logistique à la pointe de la livraison

Au premier regard, vu de l’extérieur, le  visiteur ou le passant sera frappé par la taille des entrepôts. Ces deux unités de stockage sont entièrement dédiées à l’expédition ou à la réception de marchan­dises. Une fourmilière qui varie au gré des saisons, et du rythme des envois. Reportage.

A plein régime, les entrepôts fonctionnent comme le cœur névralgique d’une petite ville. Une noria de transpalettes s’active autour des chargements. Si l’activité varie en fonction des saisons, cette dernière connait un regain à l’approche de la saison hivernale. « Si au printemps, l’activité ralentit,  en revanche avec l’arrivée des mois froids, nous sommes obligés d’accroitre la cadence, les rythmes, et les effectifs pour honorer nos nombreuses commandes, explique Olivier Droesch, le directeur de la logistique France et de la distribution du site de Molsheim. L’expédition de luminaires passe du simple au double entre l’hiver et l’été. Cela semble assez logique, car durant la période estivale nous avons moins besoin de nous éclairer ».

Des chiffres à donner le tournis

Sur une surface de 30 000 mètres carrés, l’entrepôt est équipé de quarante-cinq quais de déchargement. En tout, il peut contenir cinquante-quatre mille palettes. « En moyenne nous embauchons deux cents salariés, note Olivier Droesch. Les effectifs correspondent au niveau d’activité. Les deux tiers des lignes de commandes de Ledvance sont traités ici à Molsheim. En moyenne cela revient à près de 17 000 commandes par jour en moyenne ». Sans tomber dans la dictature des données chiffrées, il convient malgré tout de s’y pencher quelque peu, histoire de mesurer l’ampleur de l’activité, et de la puissance de frappe de Ledvance. Le site peut contenir  cinq mille références. « Nous parvenons à expédier mille mètres carrés par jour ce qui représente un kilomètre de palettes. Au total en pleine puissance, nos employés sont en mesure de charger quarante-huit camions par jour ». 100 % du retail est géré à Molsheim et le site traite un peu de professionnel. Ça c’est pour la partie visible. Mais au détour d’un dédale d’allées, niché en haut d’un escalier, sur une plate-forme, des salariés s’activent derrière un bureau de contrôle. Ils sont chargés de préparer des présentoirs. « Grâce au Pack on Demand, Ledvance réalise 30 000 displays par an. 220 opérations par mois sont réalisées pour servir les marchés asiatiques. Ces derniers ont des spécificités auxquelles nous devons répondre ». Les deux entrepôts ont pris une importance de taille européenne à compter de 2003. Et pour cela il a fallu investir dans de nouveaux appareils de productions pour accélérer la cadence logistique.

Des outils adéquats

Coincées entre deux racks, les treize grues de stockage de 22 mètres de haut, et de 120 mètres de long gerbent une palette par minute en fonction des besoins. Lorsque l’activité tourne à plein régime, elles sont la pièce maitresse de la logistique. « Cela représente un investissement lourd », explique Olivier Droesch le Directeur de la logistique France et de la distribution du site de Molsheim. Ces machines permettent de gérer des palettes uniformes en peu de temps. Mais il faut également pouvoir stocker des produits qui n’ont rien de standard. Près de 5 % de la globalité des stocks par exemple soit l’équivalent de 300 palettes est stocké manuellement. Les gabarits ne sont pas uniformes, car elles contiennent des produits atypiques, dont la taille n’est pas standardisée. « Nous avons aussi toute une partie de la logistique qui est adaptée aux petits comme aux grands clients. Les tailles des emballages sont disparates. Il est difficile de stocker ou classer leur colis de manière automatisée. Nous avons donc dû adapter la logistique en fonction de leur commande, explique le Responsable logistique. Et d’ailleurs pour éviter que les produits que nous expédions, aux petites surfaces de ventes, ne soient détériorés lors de leur transport, nous avons créé un système de pliage de carton qui permet de caler les produits au sein des emballages ». Ledvance a donc dû faire montre d’une certaine flexibilité dans tout l’appareil logistique. Mais les investissements ne s’arrêtent pas là. Il a également fallu répondre aux attentes des clients, en leur proposant du sur-mesure. C’est ce à quoi répond la machine à stamping. Le bruit est répétitif. Le geste tout autant. Dans un vacarme quelque peu enivrant et étourdissant, Nadine Halter dispose les ampoules avec une minutie assez fascinante. Cette machine permet d’imprimer des motifs sur les globes d’ampoules à l’effigie des marques. « Nous devons rester vigilants, car en disposant correctement les ampoules sur la machine à stamping, nous pouvons gagner près de 300 ampoules estampillées par heure », explique l’employée. Nadine tamponne près de 11 000 lampes par jour.

Sous les feux de la production

Afin de mieux cerner le cœur de la matrice, remontons quelque peu le temps. Le temps, le déroulé de la livraison jusqu’à la production. Partons à la découverte de la conception d’ampoules. Elle revêt des allures d’horlogerie suisse, par sa précision, et par son antienne mécanique cadencée par le rythme des rotations des machines. Les entrepôts de stockage jouxtent l’unité de production. De chaque côté des allées, des fours circulaires. Ils apportent des lots de culot d’ampoules dans une cadence de métronome. La musique est millimétrée. De l’art industriel. Des flammèches illuminent les lieux de bleu et orange. Elles servent à assembler les pièces des ampoules. « Ici nous concevons majoritairement des ampoules halogènes. Chaque ligne est dédiée à une forme ou un type d’ampoules. Ces scelleuses permettent ainsi d’assembler les composants des ampoules à une température avoisinant les 1 000 degrés », explique Francis Bernhard, le Directeur technique. Un opérateur veille tel un chef d’orchestre. Au total près de 100 000 pièces sont produites par jour. « A l’intérieur des ampoules, il y a un mélange d’Azote et d’Argon. Toutes les machines ont été réhabilitées pour passer à l’halogène et stopper les lampes à incandescence, en raison de l’interdiction ». Toute l’usine a dû changer ses modes de production pour s’adapter à la nouvelle technologie.


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SAV & traitement des commandes : Un service client au “top” de l’efficacité

L’ambiance qui règne est conviviale, mais sérieuse. Sur deux rangées, sept salariées se répartissent les tâches. C’est ainsi qu’est administré et organisé le service clientèle. Dix commerciaux se répartissent le territoire. Chacun d’eux a entre huit et quatorze départements à gérer. Le service clientèle sert d’interface entre les commerciaux sur le terrain et les clients. Il traite des données comme la logistique, le SAV, le traitement des commandes, le service des commandes ainsi que les litiges. L’objectif principal de ce service réside dans la disponibilité des produits, et de veiller à éviter toute forme de rupture dans l’approvisionnement. « Nous livrons les magasins de GSB et GSA. Les commandes sont ainsi traitées le jour même. Pour ce faire, nous avons une organisation bien spécifique. Afin de permettre une plus grande efficacité, nous sommes dans l’obligation de centraliser le système SAP. Une fois les bons de commande traités, cela part à la logistique, » explique le Michel Rausch, le Responsable du service clientèle. 80 % des commandes entrent directement dans le système informatique sans passer par le mail ou le papier. Dès lors que la commande est prête à être expédiée, le bon de livraison est émis au même titre que la facturation. « Le travail des employées se répartit entre la gestion des entrepôts à livrer, et les grands comptes », poursuit le Responsable du service.