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Les labels Janus fêtent leurs 65 ans

Écrit par Juliette Vignaud Le 9 janvier 2019. Rubrique A la découverte de

20190108 Janus des laureats

L’Institut Français du Design a célébré les 65 ans des labels Janus, en décembre dernier, au Quai d’Orsay. L’occasion de décerner 76 nouveaux labels dans les univers de l’Industrie, la Santé, la Cité, l’Espace de Vie, les Composants et Matériaux, le Service, la Mode et le Commerce. Les lauréats ont été primés pour leur regard sur l’avenir, et leur contribution pour améliorer le quotidien des utilisateurs, par le design.

C’est au Quai d’Orsay, au ministère des Affaires étrangères et du Développement International, que s’est tenue, le 17 décembre dernier, la 65e cérémonie des Janus du design. A cette occasion, l’Institut Français du Design a célébré la créativité du design français en décernant 76 nouveaux labels. Les lauréats se sont démarqués par la prise en compte des facteurs environnementaux, comme contraintes non pas restrictives, mais stimulantes et productives d’innovations. Ils ont également su mettre à profit les nouvelles technologies, pour une société toujours plus connectée, sans pour autant nier la création d’une nouvelle sociabilité par le design. Pour les jurés, ils ont réussi à démontrer que « l’engagement éthique et environnemental est un facteur essentiel pour pouvoir espérer servir au mieux le client, avec des productions utiles, qualitatives et durables ».
Depuis 1953, les labels d’excellence Janus – initialement sous le nom de Beauté France – récompensent les réalisations qui ont amélioré la vie des utilisateurs grâce à leur design. Il est remis par un jury pluridisciplinaire, composé d’une cinquantaine d’experts, pour lequel il est essentiel que la promesse de l’usage serve le client dans la durée. Les critères d’attribution sont basés sur “5 E” : Economie, Ergonomie, Emotion, Esthétique, Ethique.

Le design à l’ère de la digitalisation

Le design « prend ses sources hier, pour construire demain », explique Elisabeth Lecq, référente sur la French Tech Alsace et jurée de l’édition 2018. Selon elle, nous vivons dans un monde connecté, où les maitres mots sont le numérique et le digital. Ainsi, « le rôle du designer, dans ce processus d’innovation, a un rôle fondamental, car il appréhende l’usage, et est en mesure de poser une problématique sur ce qu’attend un usager connecté ». Les jurés ont alors découvert de nombreux projets qui touchaient aux nouvelles technologies, en collaboration entre des jeunes entreprises innovantes et des industriels.
Pour Mathieu Riou-Chapman, Global Brand Manager chez Peugeot, la définition même du design est en totale croissance, à l’image de la société actuelle. « Le design se retrouve à tous les étages de la fusée d’une entreprise », décrit-il lors d’une conférence de presse, tenue en amont de la cérémonie, destinée à analyser les grandes tendances design perçues pendant l’année. Ainsi, selon lui, le design contribue partout au développement des projets : « il est transversal et génère de la valeur. Il s’imprègne de tous les supports, pour se manifester et devenir révélateur de son existence ». « Cette manifestation, ce jeu d’existence, est multi-support, et se trouve également dans le digital afin de performer dans ce milieu ». Alors à l’ère de la digitalisation, le design joue un rôle fondamental pour résonner dans l’esprit du consommateur, afin de « mettre de l’esprit dans la matière ».

Le design et son rapport aux sciences humaines

« Il y a davantage de sciences humaines », explique Anne-Marie Sargueil, concernant les changements dans le design. Selon la Présidente de l’Institut Français du Design, le design est « une sociologie du quotidien, et l’enjeu est de mieux vivre avec davantage de liens, d’inclusion, et de projets pour tous ». C’est pourquoi Stéphane Hugon, sociologue, était aussi un invité de la conférence de presse, précédant la cérémonie. Le sociologue - également professeur dans des écoles de design - explique qu’il apprend à ses étudiants, que le design est un croisement entre différentes dimensions : science humaine, technique, business et artistique. Selon lui, le design va au-delà du fonctionnalisme, du style et de l’ergonomie, mais intègre désormais le lien social : « nous rentrons dans une démarche où l’on identifie la puissance relationnelle que le design apporte aux objets et services ». Ainsi, « le design, associé de commun avec la sociologie, tend à rendre visible, l’invisible, c’est-à-dire, la configuration des liens entre les objets et les personnes ». Il conclut en expliquant que : « dans un monde en transformation, les Janus distinguent les entreprises qui réussissent cet accord subtil de l’innovation, du design, de l’industrie et des humanités ».
Lors de la cérémonie, Anne-Marie Sargueil a rappelé qu’il fallait préparer aujourd’hui, la vie de demain. Ainsi, pour représenter ce concept de “penser demain”, la Présidente de l’Institut Français du Design a évoqué les besoins pour les générations futures, par le biais de la photographie d’un bébé, au nom de Blanche. Les lauréats devaient répondre à la question suivante : « comment avez-vous amélioré la vie des gens ? », mais surtout « que proposez-vous pour la génération de Blanche ? ». Parmi les primés, beaucoup d’objets et de services concernaient ainsi les domaines de la santé, du service, et de l’industrie, mais aussi l’expérience client, avec des nouveaux concepts de magasins.
« Le design de demain, c’est peut-être le mot-clé qui résumerait le mieux ce que l’on a vu dans les sessions de jury des Janus ». Ainsi, les sujets qui traitent de la vie quotidienne, de la santé, et des sujets qui accompagnent les grands sujets de sociétés ont été vivement récompensés par l’obtention de ce prix d’excellence. A noter que le domaine du Meuble, lui, n’était pas représenté cette année. n

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