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10 ans du Plan Bâtiment Durable : Un anniversaire tourné vers l’avenir

Écrit par Juliette Vignaud Le 3 juin 2019. Rubrique A la découverte de

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Le Plan Bâtiment Durable fête ses 10 ans. L’occasion pour les acteurs du réseau de se réunir, le 6 février dernier, autour d’une soirée ayant pour thème : vivre ensemble en 2050.

«Nous avons grandi ensemble le Plan Bât’ et moi-même », démarre Pauline Polgar, Directrice des Rédactions de BatiActu Groupe, qui était journaliste, pour le même groupe, lorsque le Plan Bâtiment Durable est né, le 13 janvier 2009. 10 ans plus tard, après la naissance de ce fameux Plan Bât’, la jeune femme anime la cérémonie d’anniversaire. Une cérémonie tournée vers l’avenir, avec pour thème un enjeu majeur : « Vivre ensemble en 2050 », car « demain se construit dès aujourd’hui ».

Continuer à travailler avec l’Etat

Avant de rentrer dans le vif du sujet, Philippe Pelletier – Président du Plan Bâtiment Durable – est revenu sur ce qui est mis en place, depuis 2009, avec une ambition énergétique de « réduire sans délais notre consommation d’énergie et nos émissions de gaz à effet de serre ».
Philippe Pelletier a également évoqué le caractère “singulier” de son organisation qui a été mise en place par l’Etat. Il a été lui-même nommé à la tête de ce réseau par le Premier ministre de l’époque. Depuis lors, il a été ajusté et entretenu par les gouvernements successifs, et est désormais aux mains de nouveaux ministres, dont Emmanuelle Wargon, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition Écologique et Solidaire.
La Haute Fonctionnaire a ainsi été invitée à prendre la parole lors de la cérémonie. Une prise de parole qui a démarré par des constats alarmants : « Dix ans plus tard, ce thème reste toujours autant stratégique. Près de la moitié de l’énergie finale consommée dans notre pays est issue des bâtiments, et le parc privé compte encore aujourd’hui près de 7 à 8 millions de passoires thermiques ». La ministre a ainsi rappelé que face à ces enjeux, le gouvernement a pris des mesures dans le cadre du Plan de Rénovation Énergétique des Bâtiments présenté par Nicolas Hulot, en 2018. Elle soutient ces actions et travaille aux côtés de François de Rugy et du Ministère du Logement pour continuer dans cette direction. « Dans cette mobilisation, le rôle du Plan Bâtiment Durable est exemplaire » a-t-elle salué, avant de conclure sur l’avenir : « de mon point de vue, la partie Rénovation est une partie sur laquelle nous avons tout pour réussir car nous avons la motivation des acteurs, des moyens significatifs et un engagement de tous les professionnels. Il reste à trouver les clés qui permettent de simplifier, de déverrouiller et de faire que les innombrables dispositifs existants arrivent à toucher leur public ». Rien n’est à réinventer. Selon elle, cela ressemble à un « engrenage de montre assez sophistiqué où il y a quelques réglages à faire pour que les rouages se mettent à tourner », et ainsi atteindre les objectifs.

Le réchauffement climatique et ses conséquences

Les actions du Plan Bâtiment Durable ainsi saluées, l’heure de la conférence a sonné. Jean Jouzel, Brice Lalonde et Bernard Devert sont montés sur scène, un à un, pour mettre en avant le comment vivre ensemble en 2050. En tant que Climatologue, Glaciologue et ancien Vice-président du GIEC, Jean Jouzel a présenté la réalité du réchauffement climatique : les quatre dernières années ont été les années les plus chaudes depuis 50 ans, et l’année 2018 est l’année la plus chaude à jamais enregistrée en France. « Le réchauffement climatique est très marqué », commente-t-il, « si nous voulons regarder le réchauffement climatique en face, il faut aller voir dans l’océan : le diagnostic est très clair avec l’élévation du niveau de la mer de 3 millimètres chaque année ». L’océan se réchauffe, se dilate, et monte avec la fonte des glaces. Une de ces conséquences est causée, pour une large partie, par des activités humaines. Ainsi, selon le climatologue, « si nous continuons dans cette voie, avec l’accord de Paris actuel, nous serons autour de 2 degrés de réchauffement ». Mais ce qu’il tient particulièrement à souligner, c’est que le climat actuel avait été prédit, « il faut ainsi prendre avec considération et sérieux les prévisions pour les 30 prochaines années ». En 2050, il y aurait donc un réchauffement climatique de 2 degrés avec une élévation du niveau de la mer de 15 centimètres, moins de précipitations en été sur le contour méditerranéen, plus de risques de feux de forêt, et deux européens sur trois seront affectés par des catastrophes climatiques. « Il faudrait au moins réduire le réchauffement à 1,5 degré, car même un demi-degré compte », termine Jean Jouzel.

Plus de cohérence

« En 2050, moi, je n’y serai pas », commente Brice Lalonde, ancien ministre de l’Environnement. Après le constat établi par Jean Jouzel, l’homme politique et militant écologiste nous propose un scénario pour 2050. Son scénario met en scène Martine – spécialiste de la photosynthèse artificielle – qui parle à son robot dans son appartement connecté, bien isolé et ventilé. En cette journée de 2050, Martine va manifester contre une société chinoise, pour qu’elle ne refroidisse pas la haute atmosphère avec du soufre. Ce scénario imaginaire de Brice Lalonde avait pour but de féliciter les efforts du Plan Bâtiment Durable, et aussi de souligner les efforts qu’il reste à faire. L’ancien ministre s’insurge notamment contre la méconnaissance du “2 58” – les cœfficients de transformation en énergie primaire sont par convention de 2,58 pour l’électricité et 1 pour toutes les autres énergies. Il appelle donc à plus de cohérence de la part de l’Etat.

“Réchauffer la planète cœur”

Enfin pour conclure la conférence, Bernard Devert – Président Fondateur de Habitat et Humanisme – a été invité à parler d’habitat et de fraternité en 2050. « Comment faire pour que la société soit plus fraternelle ? Comment faire en sorte que le chauffage soit mieux maîtrisé pour réchauffer la planète cœur ? », demande-t-il. Son association est dans cette démarche de réconcilier l’humain avec l’urbain : « nous pensions qu’à partir de ce travail de réconciliation, nous aurions une société moins fracturée. Nous avons partiellement réussi, et donc partiellement échoué ». Un échec qui se démontre à l’heure actuelle, où les charges énergétiques des logements ne sont pas maîtrisées et où il est difficile d’accueillir les personnes dans le besoin d’un logement décent.
Le Plan Bâtiment Durable décrit comme « une cheville ouvrière entre les pouvoirs publics et le terrain, un facilitateur pour faire avancer le Bâtiment vers les objectifs essentiels à notre planète », par Pauline Polgar, a reçu de nombreux éloges durant cette soirée d’anniversaire. Tous les intervenants se sont accordés pour dénoncer le réchauffement climatique et ses conséquences, et le fait qu’il faut mettre un point d’honneur à continuer dans la lancée du Plan Bâtiment Durable, pour éviter le pire.