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Groupe Rondy : Un nouveau souffle pour une PME familiale

Écrit par Marie-José Nicol Le 9 janvier 2019. Rubrique Fournisseurs

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Niché au creux de la vallée de la Loire en Auvergne, aux portes de St-Étienne, le Groupe Rondy, grossiste importateur en outillage, s’est développé depuis plus de 50 ans. Son fondateur André Rondy, PDG, est toujours présent dans l’entreprise. Il est le garant des valeurs qui ont fait le succès de cette PME (valeurs humaines, investissements permanents, notamment dans la logistique, vision du futur, etc.). Un repositionnement s’est engagé, récemment, sous l’impulsion d’Yves Rondy (Président du Directoire) et Xavier Bailo (Directeur général), entouré d’une dizaine de cadres, très motivés.  Sous leur animation, plusieurs axes de développement ont été engagés dont l’EPI, un marché en plein développement, avec le soutien de marques telles que Stanley, Dewalt et Manufrance, dont les licences de distribution ont été acquises. Ce ciblage permet de mieux valoriser les produits de qualité sur lesquels s’appuie l’entreprise. Mais bien évidemment, les autres divisions du groupe (Dofin, Gefom, Autobest) qui représentent encore les ¾ du CA (42 millions HT au total) poursuivent leur croissance. Le tout est soutenu par une logistique impressionnante, digne des plus grands groupes industriels.

Il était une fois…

La naissance de toute entreprise est due à la rencontre d’une idée et d’un homme. André Rondy qui a vécu toute son enfance avec le modèle de son père, lui aussi entrepreneur – et créateur en 1946 de la société SARL Roger Rondy spécialisée dans l’importation de faulx – a vite compris qu’il lui fallait dépasser le modèle paternel, proche de l’artisanat, et transcender les frontières. Muni de son seul bâton de pèlerin, il part, précurseur en Allemagne de l’Est (en 1960), puis fera partie des pionniers à la conquête de la Chine et du Japon (en 1971). Puis, par croissance externe, mais toujours avec prudence, il formera son groupe qui réalise aujourd’hui 42 millions de CA et emploie 160 personnes. Mais n’anticipons pas et remontons le temps…

Son père, après une première expérience dans la bonneterie,  change d’orientation et découvre qu’il existe une demande importante en matière d’outils agricoles de la part des maréchaux-ferrants et des quincaillers. Nous sommes à la fin des années 1940. L’affaire prospère et les enfants grandissent. Fin de la première époque.

Le costume du père est trop petit

André nait en 1935. Au terme de son service militaire, il intègre l’entreprise de son père en tant que commercial. Il sillonne les routes d’Auvergne pour vendre les produits commercialisés par la SARL Roger Rondy. Mais le marché des faulx est menacé par l’arrivée des premières motofaucheuses. De plus, la PME familiale ne peut pas faire vivre plusieurs familles. André doit donc trouver autre chose. Déjà, il a l’intuition que l’outillage à main peut être une source de développement important pour l’entreprise. Il prospecte des usines de fabrications implantées sur la côte basque espagnole, accompagné de son épouse qui lui servait d’interprète. Puis, il se rend à la foire de Cologne et de Bilbao, spécialisée de tout temps dans l’outillage. Mais la concurrence est déjà rude. Difficile d’y trouver les produits qui lui permettront un développement et surtout, au bon prix. Fin de la deuxième époque.

Sur les routes du monde

André comprend que pour réussir, il doit se rendre là où personne n’est encore allé. Il commence par la Tchécoslovaquie dans les années 60) et découvre rapidement l’Allemagne de l’Est et sa très célèbre (à l’époque), Foire de Leipzig, en plein cœur du pays et enchaine avec la Pologne et la Hongrie. Pour un commerçant, à condition d’avoir du savoir-faire, l’époque est bénie. En effet, les Allemands de l’Est ont impérativement besoin de devises pour acheter des matières premières de qualité, leur permettant d’exporter. Ils réservent leur fabrication réalisée avec les matières premières locales à leur marché intérieur. Pour acquérir, ces devises, ils vendent leurs produits, à l’export, à leur prix habituel qui n’a rien à voir avec ceux pratiqués en Europe de l’Ouest. « La première fois que je me suis rendu dans ces pays, j’y suis allé en voiture », se souvient André Rondy. « Je me souviens, à cette époque, faute d’équipements hôteliers suffisants, nous dormions chez l’habitant ! J’y ai rempli mon coffre de 300 pinces que j’ai vendu comme des petits pains dès mon retour ». Fini le coffre de la voiture, c’est par wagons que les acheminements se font. Ceci explique qu’une voie de chemin de fer est construite pour desservir les entrepôts de la société Rondy. Il achète des pinces sortant de forge (semi-finies) et les vend aux fabricants français. Il en vend des “wagons”.
La société Rondy suit les innovations de ses fournisseurs et importe leurs produits au fur et à mesure. C’est ainsi que, dans les années 60 à 65, il importera des caisses à outils. Mais, les caisses et les trousses ne sont pas garnies. « Tous les jours, je les déposais (ainsi que les outils) chez des travailleurs à domicile de la région, et tous les soirs, je reprenais les travaux finis ! J’en ai vendu des quantités. Rien que la Redoute nous prenait 30 000 trousses ! »
Reconnaissance de ce travail acharné,  il est désigné comme le représentant des fabricants d’outillage des Pays de l’Est en France. Fin de la troisième époque.

Le Marco Polo de l’Outillage

Mais le monde lui fait des clins d’œil ! Il se rend tout d’abord, à la fin des années 60, au Japon : « Je souhaitais trouver les accessoires adaptables sur les perceuses que je commercialisais avec des perceuses en provenance des USA. Nous étions au tout début de la démocratisation de l’outillage électroportatif ».
Après une 1ère expérience avec Taïwan dès 1965, il se tourne vers la Chine. Il fait partie des tout premiers européens à le faire. En effet, tous ses concurrents colonisent les pays de l’Est. Evidemment, il découvre l’Eldorado de l’importateur. Mais attention, il convient de surveiller la fabrication chinoise, les fournisseurs chinois étant capables du meilleur comme du pire. C’est ainsi qu’au cours des années 80, il crée Rondy Far East qui possède deux établissements : l’un à Hong-kong et l’autre à Shanghai. Ces établissements ont pour but de vérifier la qualité des produits réalisés dans les usines chinoises et de les faire agréer par les organismes certificateurs européens installés en Asie. A noter que cette société deviendra une filiale de la société IEV en 1997, mais n’anticipons pas. Fin de la 4e époque.

Les années 80, le déploiement

Le groupe grossit, il convient de le structurer. En 1976, André Rondy crée IEV Rondy. Chers lecteurs, je vous entends me questionner : « Que signifie IEV ? » Tout simplement « Import-Export du Velay » répond le patriarche. Toujours dans la même logique de croissance raisonnée, des savoir-faire nouveaux viennent enrichir l’entreprise : en 1979, Rondy reprend Gefom, groupement de 4 fabricants français en outillage à main, en 1986 Dofin (outillage, quincaillerie, électricité) en 1989, AutoBest (outillage et accessoires automobile). Enfin, pour consolider l’ensemble, en 1991, une holding financière est constituée.
Le Groupe Rondy est présent partout, dans toutes les GSA (la samaritaine, Radar, Rallye Cora, Carrefour, Auchan, etc.). Mais bien souvent il s’agit de produits d’entrée et milieu de gamme ou de MDD. Il ne loupe pas l’arrivée des GSB dans les années 80. Il commence son implantation chez Catena, puis la poursuit chez Mr.Bricolage, Castorama, etc. Il est précurseur, avec la présentation des produits sur un présentoir, du marchandising.
Dans les années 90, ses concurrents commencent à aller aussi en Chine. N’empêche, de 1971 à 1990, il a bénéficié de 20 ans d’avance.

Les années 90, consolidation

Suite à l’incendie de l’usine historique de Pont Salomon, en 1987, le groupe s’installe sur son emplacement actuel à Aurec-sur-Loire, dans des locaux modernes et optimisés pour son activité.
Pour asseoir son succès, il lui faut consolider son organisation. De plus il suit le déploiement des GSA. C’est ainsi qu’il crée sa toute première filiale commerciale en Espagne en 1995 à l’époque où s’y installent Auchan et Carrefour. En 2002, Rondy Hungaria voit le jour suivie de Rondy Romania. Malheureusement, il fermera ces filiales dans les années 2005 à 2010, au moment où la Grande Distribution décide de réaliser elle-même ses approvisionnements.
Mais aujourd’hui, le défi des prix bas est à la portée du plus grand nombre, pour survivre, il faut de la valeur ajoutée, d’autant que le consommateur a changé. Nous entrons dans le cœur du 21e siècle, une page se tourne, une autre s’écrit.•

Une nouvelle ère : Marques et nouveaux marchés