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Union Nat. Des Industriels Quincaillerie : Convention annuelle Le souffle du renouveau

Écrit par Philippe Méchin Le 25 janvier 2019. Rubrique Fournisseurs

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Manifestement, il souffle un vent de renouveau au sein de l’association Uniq. Elle l’a prouvé le 26 novembre, lorsque ses dirigeants et adhérents se sont réunis pour une convention annuelle. Un évènement riche en sujets d’importance, présentés par divers intervenants et conclu par une table ronde fort animée, où chacun de ses animateurs exprima clairement son point de vue, durant des débats fort instructifs qui passionnèrent l’assistance.

Avant d’aller plus loin dans le déroulé de cette soirée, il convient de rappeler qui est l’Uniq et quelle est sa mission, ou plutôt quelles sont-elles, tant son champ d’intervention est large au sein de l’univers professionnel que l’association représente. Ainsi, et pour résumer en quelques lignes, l’Union Nationale des Industries de la Quincaillerie, acronyme d’Uniq, regroupe une quarantaine de fabricants de serrures, systèmes de gestion d’accès, ferrures de portes et fenêtres, ferme-portes, barres anti-panique, cadenas et boites à lettres. Il ne faut pas oublier non plus qu’il s’agit d’un syndicat professionnel adhérent de la Fédération des Industries Mécaniques, la Fim, laquelle regroupe 25 syndicats sectoriels. Très représentative de son secteur, elle compte parmi ses membres des PME, de nombreuses ETI et de grands groupes leaders, européens et mondiaux. Face à des problématiques industrielles toujours plus complexes, l’Uniq s’est longtemps concentrée sur des travaux de normalisation, particulièrement importants et hautement stratégiques pour ce métier. Toutefois, il y a deux ans, le conseil d’administration a souhaité élargir son champ d’action et développer des projets collectifs, intégrant plusieurs axes nouveaux comme les relations avec la distribution, mais aussi des actions de lobbying auprès des pouvoirs publics, sur un certain nombre de sujets, et notamment l’ouverture d’un nouveau chantier à propos du Bim, outil du futur concernant la modélisation des produits de la construction. Tous ces chantiers collectifs constituent des éléments nouveaux pour l’association.

Défis et perspectives

Ceci étant dit, que s’est-il passé de si intéressant en ce jeudi 21 novembre ? En réalité, il s’est dit beaucoup de choses de la première importance, lors de cette convention, et seule la place nous manque pour en capter l’intégralité. Cependant, il y eut un programme et un déroulé ou chacun des intervenants a expliqué, commenté des sujets spécifiques à une profession dont les problématiques sont, chaque jour, un peu plus complexes démontrant ainsi les multiples défis d’envergure auxquels sont confrontés les industriels de la profession, dans un environnement concurrentiel mondialisé impitoyable. Ce sont donc Henri Morel, Président de l’Uniq mais aussi Vincent Perrin, Président du Syndicat de l’Industrie de l’Outillage, qui ont ouvert les débats. A ce propos, la présence de ce dernier mérite une explication. En effet, les deux associations ont décidé de faire cause commune, en raison des nombreuses synergies entre les deux corps de métier. Après l’approbation du compte-rendu de chacune des assemblées générales respectives, la parole est donnée à Denis Schnoebelen, Vice-président de L’Arge, et cet acronyme mérite une nouvelle explication. Il faut, en effet, savoir que l’Uniq est non seulement adhérent de la Fim au niveau national, mais elle est également membre d’une fédération européenne de fabricants de quincaillerie, laquelle est son pendant. Elle porte donc ce nom, et son champ d’action s’étend au niveau européen, ayant valeur d’outil collectif de l’industrie du vieux continent, permettant d’être plus efficace sur des sujets porteurs d’une dimension européenne, notamment en termes de normalisations ; lesquelles ne s’établissent plus qu’à ce niveau, ce qui implique des enjeux forts. Ainsi se tiennent des négociations européennes permettant d’établir une position commune et, à cet effet, l’Uniq cherche à y porter son influence. Dans son intervention, Denis Schnoebelen a déploré le fait que nos normes sont bloquées donc impossibles à réviser et faire publier au journal officiel, phénomène inhérent à la construction. Le rôle de l’Uniq est donc d’essayer d’apporter un peu de souplesse dans le système. Ceci est absolument essentiel dans la mesure où un fabricant qui serait déconnecté de ces normes serait assez vite exclu du marché. Dans ce contexte, Florence Hocq, Directrice générale de la division outillage chez Leborgne/Fiskars a dressé un tableau assez saisissant des exigences normatives, à propos d’un simple marteau. Vinrent ensuite Fabien Schmitz et Marc Ginot, pour l’outillage, qui se sont exprimés au nom de la commission professionnelle du Cetim (Centre Technique des Industries Mécaniques), outil collectif des industries à destination des travaux de recherche et développement, et d’études sur les solutions technologiques, dont l’industrie du secteur a besoin. Celui-ci est financé par une taxe, payée par les industriels, grâce à laquelle le Cetim va réaliser des études commandées par des commissions professionnelles sectorielles dont celle de la quincaillerie, présidée par Fabien Schmitz. Celles-ci essaient d’identifier les besoins collectifs, transversaux et feront ainsi l’objet de travaux. L’immersion du numérique et de la connectivité en a été le thème principal abordé. Ce fut ensuite au tour d’Olivier Blanc, en charge de l’observatoire économique, de faire un point. L’outillage à main a réalisé un chiffre d’affaires de 500 M€, et enregistré de bons résultats à l’export, notamment en Amérique du Nord, mais aussi du Sud, et plus particulièrement à Cuba. Bien évidemment, et faut-il encore s’en étonner, l’Inde et la Chine sont deux marchés en expansion et surtout à fort potentiel. Il n’en reste pas moins vrai que le marché se tasse sur le troisième trimestre. Puis, ce fut au tour de Fréderic Ducloyer, Secrétaire général, d’entrer en scène, avec différents messages. Le premier fut d’inciter les adhérents participants à partager les données, en garantissant leur anonymat, et leur protection avec pour but de leur faire comprendre l’intérêt de participer financièrement à ces études collectives « Les résultats étant communiqués à eux seuls. Sont suivis, par exemple, l’activité des secteurs clients, permettant de savoir comment évolue celui de la quincaillerie, de la GSB, la menuiserie portes et fenêtres, etc. Nous nous intéressons aussi à l’activité de la construction des logements et bureaux, notre activité étant très liée à ces secteurs. Nous avons également des relations avec les syndicats allemands et échangeons via nos observatoires respectifs, permettant ainsi à nos adhérents dont le pays est le premier marché d’obtenir des informations économiques. Notre autre message d’importance concerne le Bim, lequel est un tout nouveau sujet pour nous, sur lequel il existe un enjeu fort, sachant que notre activité est, comme vous le savez, très liée au marché de la construction. Tous les grands donneurs d’ordre, les grands appels d’offre et, à moyen terme, les projets plus modestes vont se faire via Bim. Tout est modélisé, les défauts sont corrigés, le temps de construction est amélioré. La coordination entre tous les acteurs du projet est optimisée et bien d’autres avantages dont la liste est longue. Il est donc essentiel que les entreprises de la quincaillerie se préoccupent d’ores et déjà du sujet, sachant qu’il existe des initiatives individuelles dans le domaine. Il n’en reste pas moins vrai que pour passer à l’échelle supérieure nous avons besoin d’une approche collective. Il ne faut pas oublier non plus que le BIM est complexe, et qu’il est important de définir des priorités, afin d’éviter que celui ne s’échappe dans des mains que nous ne maîtriserons pas ».

Un débat de haute tenue

Le clou de cette journée fut, cependant, cette table ronde - dont le thème central était les relations fabricants-distributeurs - à laquelle participaient Frédéric Bassigny, Rédacteur en chef de notre confrère BBI, Fabrice Galland, Vice-président de l’Uniq, Frédéric Ducloyer, Secrétaire général, Lucie Gomes, Avocate spécialiste des conditions générales de vente et Eric Settin, Co-président du groupement Eqip, regroupant 20 quincailliers indépendants, représentant 70 % du volume d’affaires en distribution professionnelle. Les débats y furent particulièrement animés tout en restant sur un ton convivial. Chacun put s’exprimer et faire valoir son point de vue. Le ton fut donné par Frédéric Bassigny qui a dressé un tableau de ce que pourrait être le commerce de demain avec, en filigrane, l’avènement du commerce en ligne, de l’intelligence artificielle et de ses limites, et de ce que pourrait être à terme le fonctionnement de la distribution professionnelle ou non, avec à la clé plusieurs scénarios. Le premier serait, en gros, que les fabricants se passent de la distribution, grâce aux outils numériques, le second serait que de nouveaux acteurs de l’e-commerce, type Amazon, prennent le pouvoir. Le troisième permettrait à la distribution de conserver le pouvoir, parce qu’elle se remettrait en question, de revoir son modèle en mettant une relation plus durable avec plus de proximité avec les fabricants, les clients grâce à des outils nouveaux performants, etc. Pour l’instant, dans le domaine de la distribution professionnelle, c’est le troisième scénario qui semble se dessiner. Dans le cas de la négociation menée par l’Uniq avec le groupement Eqip, la volonté est de mener une relation équilibrée entre fabricants et distributeurs, plus saine, plus transparente. Il va donc sans dire que la personne la plus sollicitée au cours des échanges fut Eric Settin, seul représentant de la distribution sur le plateau, et pour cause. Il n’en demeure pas moins que si les débats furent animés, ils ne se départirent jamais de la courtoisie et de la bonne humeur. Les réponses aux nombreuses questions furent claires, directes, franches avec en plus une touche d’humour bienvenue. Rien n’a été escamoté, et cette volonté de jouer franc jeu a contribué à un vrai débat de qualité, tant sur la forme que sur le fond. Celui-ci a également pris un visage aussi original qu’intéressant avec une facette juridique concernant les conditions générales de vente et l’intervention de Lucie Gomes, Avocate spécialisée sur le sujet, laquelle a expliqué la genèse de son élaboration inspirée par l’Uniq à l’attention des adhérents, afin de leur permettre de s’appuyer dessus, de les compléter. En complément, celle-ci va animer des formations destinées à ceux qui sont en charge de la négociation commerciale, afin de leur expliquer comment s’appuyer sur le droit commercial et utiliser à bon escient des outils collectifs mis à disposition par le syndicat, permettant d’aboutir à une relation client fournisseur équilibrée. Après une journée d’une telle richesse, ce fut Henri Morel, Président de l’Uniq, qui clôtura cette journée d’assemblées générales, au pluriel bien sûr, puisque le SIO était de la partie. Il prononça une courte allocution invitant ensuite à prolonger les discussions autour d’un bon diner.•

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