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Tendances du jardin : De quoi sera fait l’an 2020 ?

Écrit par Deborah Koslowski Le 10 janvier 2019. Rubrique A la découverte jardin

20190110 Chlorosphere

Du Réalisme au Conflit ne s’écouleront que 365 jours. C’est, en tout cas, ce qu’a révélé Manuel Rucar, tendanceur à la tête du cabinet Chlorosphère, à l’occasion d’un rendez-vous donné - au cœur du Musée de l’Armée (Hôtel des Invalides de Paris) - aux professionnels du jardin, courant octobre. Un événement lors duquel quelques-unes des tendances 2018-2020, présentées par son nouveau cahier XXL, Conflict, ont été décryptées.

Bientôt, l’heure sera venue de repartir à zéro. Dédié, tout entier, aux métiers de la filière horticole (création variétale, grossistes, distribution, fleuristeries, fournitures, etc.), le cabinet angevin Chlorosphère - présidé par Manuel Rucar - analyse les tendances de consommation des univers du jardin, du végétal, du paysage et de l’art floral depuis maintenant 10 ans. Un titanesque travail de recoupement de l’information et de synthèses de données économiques, sociétales et conjoncturelles qui lui permettent, par la suite, de sortir - chaque année - une nouvelle édition de son “Trend Book” (50 exemplaires seulement, bilingues français-anglais). Plus qu’un simple cahier, il s’agit d’un outil professionnel et inspirationnel - à destination de la distribution, des professionnels du marketing et de la communication, notamment - dont l’objectif est d’anticiper les attentes des consommateurs finaux. Et, le moins que nous puissions dire, est que sa nouvelle édition - baptisée Conflict et récemment présentée au sein de l’auditorium du musée de l’Armée devant un parterre composé d’une centaine d’invités - a su capter l’auditoire. Deux heures durant, cette présentation a décrypté les tendances 2018-2020.
Nous y avons appris, entre autres, que la licorne - érigée au rang de phénomène en avril 2017, après que Starbucks a posté une photo à l’image de l’animal mythique sur ses réseaux sociaux - était en passe de se faire détrôner par… le lama ! Le camélidé originaire d’Amérique du Sud était, en effet, très représenté lors de la dernière édition du Spoga+Gafa de Cologne (2 au 4 septembre 2018). Gardez l’œil ouvert, donc, puisqu’il s’agit-là, selon le cabinet de tendances, de LA nouvelle icône.

Realness...

L’année 2018, est une période de transition et les clients finaux sont en quête de bienveillance : nous assistons, en effet, à la montée des patriotismes de part et d’autre du monde, les grands centres commerciaux se désertifient au profit de commerces de proximité et concept stores, le retail se décloisonne, et la fréquentation des plateformes de vente entre particuliers - pour acheter des objets de seconde main - évolue aussi vite que les consciences écologiques et environnementales - qui ont vu naître la tendance des fleurs séchées décoratives (+345 % de visibilité sur les réseaux sociaux cette année) - se développent. Aussi, la tendance hiver 2018 plante le décor de la quête de réalisme - tendance de fond de 2019 - et s’annonce “organic-ethic”. Elle fait l’apologie de la féminité, de la nature et de l’authenticité, adopte des couleurs comme le bleu foncé et le vert organique, puis valorise la nature.
Suivra ensuite l’ère “realness”. Baptisée “excess-free’, la première macro-tendance qui est celle du printemps 2019 se voudra en rupture avec la société de consommation. Plus neutre, plus pure aussi, cette période sera celle d’un retour aux sources où le blanc sera la couleur reine. L’été 2019, “desert full”, aura - quant à lui - pour icône… le cactus ! Très influencé par les festivals de plein air, à l’instar de Burning Man et Coachella qui sont les Woodstock du XXIe siècle, il se fera, par ailleurs, l’écho du style bohème et fera du pourpre LA couleur tendance.

… vs Conflict

« Nous n’avons jamais connu, dans l’histoire de l’humanité, un tel niveau de confort », en a profité pour rappeler Manuel Rucar. Pour autant, en bons êtres humains que nous sommes, nous en voulons toujours plus. « Du désir, naît le conflit. Le conflit consume nos cœurs. Le conflit gèle nos actions. Le conflit disperse nos esprits. Le conflit génère le renouveau. Le conflit réinvente les règles. Le conflit fait vendre », a-t-il complété. 2020 sera donc l’ère du conflit : artistique, intérieur, moral, générationnel, numérique, éthique… Le temps pour la filière de faire Tabula Rasa. « Nous sommes allés au bout de nos limites. Autant repartir de rien », a-t-il martelé.
Une nouvelle ère pour laquelle 8 profils de consommateurs - répartis en duo d’opposés - ont été analysés, et dont 3 macro-tendances sociologiques ont été décryptées en direct. La première, celle du “conflict fantasy”, annonce le retour de la mode militaire, faisant du vert foncé mat le nouveau noir. Tendance observée dans le jardin avec l’essor des claustras/brise-vues (pour se cacher de ses voisins), et des espèces de plantes dites “variegata” (variétés panachées). La deuxième, plus générationnelle, reprend le mouvement “Club Kid” des années 80/90 et remet le doré et le vieux rose sur le devant de la scène. Enfin, la dernière tendance - celle du conflit artistique - fait du mélange de tous les styles existants, le summum du bon goût.•

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