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Déjeuner annuel FNBM : Ni tout rose, ni morose

Écrit par Philippe Méchin Le 18 janvier 2019. Rubrique Distributeurs

20190118 FNBM

Dans un contexte d’agitation sociale qui ne cesse de prendre de l’ampleur, la FNBM a néanmoins réuni la profession pour son traditionnel déjeuner lequel permet de dresser le bilan d’une année somme toute positive, les perspectives pour le futur, mais aussi d’en aborder les sujets qui fâchent. S’il en est un qui fait l’unanimité contre lui, c’est bien celui de la gratuité des déchets. Tout laisse à penser en effet que le problème est loin d’être résolu à entendre son Président, Franck Bernigaud, comme il l’a exprimé clairement dans son discours bilan...

...Mais avant de revenir sur cet épineux dossier, ce sparadrap qui ne cesse de coller aux doigts de la profession sans que celle-ci puisse pour l’instant s’en défaire, Franck Bernigaud avait quand même dans sa besace d’autres motifs de satisfaction, et non des moindres. En effet, dans un monde toujours plus complexe, dépourvu de certitudes, la filière du négoce de bois et des matériaux de construction tire son épingle d’un jeu bien flou, plus qu’honorablement. Pourtant cette filière mal connue, ou plus exactement méconnue, laquelle reste un maillon indispensable, un chainon incontournable, un point d’ancrage pour reprendre in extenso les termes de notre orateur du jour lors de sa brillante intervention. Ce manque de reconnaissance engendré par ce réel déficit de notoriété constitue d’ailleurs néanmoins un chantier prioritaire, a-t-il ajouté, promettant d’y consacrer toujours plus d’efforts.
Quoi qu’il en soit, il n’en reste pas moins vrai qu’à l’heure du bilan il y a donc largement matière à se contenter face aux résultats globaux, malgré l’absence de certitudes engendrée par cette drôle d’époque dans laquelle nous vivons. Si les disparités restent fortes entre les régions, l’évolution du chiffre d’affaires indique cependant une hausse significative du chiffre d’affaires de l’ordre de 3,1 % et de 3,3 % par rapport à l’an passé, selon l’institut I+C. Ces résultats respectifs démontrent que les professions du négoce de matériaux et de négoce de bois peuvent se féliciter d’une croissance continue. A noter cependant une fin d’année qui semble souffrir d’un relatif essoufflement. Est-ce provisoire ou plus durable ? L’avenir le dira. Il n’en reste pas moins vrai que le mouvement des « gilets jaunes » qui ne cesse de s’étendre dans le temps aura sans doute des conséquences négatives, si aucune solution n’est trouvée pour régler ce conflit dont on ignore les véritables contours, tout autant que l’issue.
Fermons la parenthèse sociale pour revenir aux chiffres, lesquels sont positifs, apportant ainsi un souffle d’espoir pour le futur. Ainsi, l’activité BTP est-elle en progression annuelle de 6 %, dont 8,5 % concernant la construction neuve dans le bâtiment, tandis que l’activité dédiée à la rénovation affiche une évolution positive de l’ordre de 2,5 %, tandis que celle des travaux publics se situe à 10 %, toujours selon le même institut. Aussi l’optimisme est-il donc de mise si l’on se réfère au baromètre de la rénovation, de l’entretien et de l’amélioration du logement réalisé par le BJIS pour le compte de l’Anah et du CAH+. Le solde d’opinion concernant l’évolution de l’activité au troisième trimestre remonte à +3 %, soit un résultat conforme à la prévision encore optimiste au trimestre précédent. A noter également que celles du quatrième s’élèvent à 5 %. Toutefois, les disparités entre régions sont très fortes et il ne faut pas non plus oublier dans ce bilan, une évolution négative de l’activité de la rénovation énergétique du logement avec un recul de 0,8 %, tandis que dans le même temps, l’activité entretien-amélioration affiche un résultat positif de 1,6 %.

Manque de visibilité

Que conclure donc de ces chiffres et de ce constat ? Le premier élément passe par un besoin pressant de visibilité pour la filière dans son intégralité laquelle semble bien faire défaut en l’état actuel des choses. Ainsi, le débat actuel à propos de la réintroduction partielle des fenêtres dans le CITE, en constitue le parfait exemple. Il démontre en tout cas que le marché de la rénovation a besoin de ce type de mesure. A cet effet, la FNBM soutient les initiatives prises pour parvenir à la remise en état d’un dispositif législatif qui permettra à nouveau de porter le fameux défi de la transition énergétique. Une autre grande question, fort médiatisée par les temps qui courent, concerne la suppression du taux réduit de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), laquelle impacte les tarifs de gazole non routier, réduisant ainsi un peu plus les marges et alourdissant les charges.
Ces questions restent donc en suspens et exigent une réponse claire et rapide. Tout ceci n’empêche pas que la FNBM reste présente dans l’ensemble des instances de la filière aux côtés des organisations professionnelles présentes lors de ce déjeuner. C’est ainsi que l’association est active au conseil supérieur de la Construction et de l’Efficacité énergétique. A noter la présence de Madame la Députée Marjolaine Meynier-Millefert, Coprésidente du plan de rénovation énergétique des bâtiments, lors de ce déjeuner. L’Ademe et le plan Bâtiment durable, sont également des partenaires avec laquelle la filière est engagée via une participation à la campagne appelée « Engagé pour Faire ». Les adhérents ont été sollicités dès l’été à l’intérêt de s’intégrer au dispositif porté le gouvernement autour de la rénovation énergétique des bâtiments. Franck Bernigaud n’a pas non plus oublié de signaler que la FNBM a répondu présent aux demandes des industriels pour porter, là aussi dès l’été, toute démarche contractuelle de filière visant à valoriser l’intégration et la structuration des initiatives conjointes dans le domaine circulaire. Il a également souligné que l’association siège par l’intermédiaire de ses présidents de région, qu’il a remerciés au passage pour leur dévouement et leur implication dans les 13 plans régionaux de Prévention et de Gestion des risques. Tout ceci démontre l’engagement au quotidien des entreprises dans la mise en application de la loi de transition énergétique et de l’organisation de la reprise des déchets du BTP, sujet particulièrement délicat, s’il en est.

Des déchets qui fâchent

En effet, si Franck Bernigaud a répété clairement son engagement dans le domaine, il n’a pas non plus manqué de faire savoir, qu’il était inacceptable de se retrouver avec une épée de Damoclès, à cause de la gratuité de la reprise des déchets, surtout après avoir consenti un effort financier conséquent dans les domaines cités précédemment. Il n’a donc pas hésité à répéter lors de son intervention que la gratuité est un leurre. En effet, l’organisation de leur reprise a nécessairement un coût. Par conséquent, celui-ci impacte obligatoirement une filière. Or celle-ci a su se structurer bien plus que l’on puisse l’imaginer. Tout ceci sera démontré, puisqu’après une première enquête, tout est actuellement mis en œuvre pour recueillir auprès des adhérents toutes les données démontrant ainsi leur implication véritable. Le président n’a pas non plus hésité de souligner que la FNBM participe aussi à toutes les initiatives menées au sein de la filière. Il en a profité pour remercier tout particulièrement, tous ceux qui ceux qui ont su se fédérer sur ce sujet, afin d’être demain en mesure de montrer que de très nombreux processus sont déjà opérationnels et actifs sur le sujet la collecte des déchets. Franck Bernigaud a poursuivi sa démonstration en citant les engagements pris par les entreprises adhérentes liées au domaine des travaux publics. La mise en place d’une politique spécifique de collecte dans ce secteur, et le partenariat noué avec le syndicat des tubes et raccords sont d’ores et déjà opérationnels. L’Ademe qui annonce son accompagnement sur ce sujet devra être au rendez-vous pour garantir la fiabilité du dispositif. Ainsi, au fur et à mesure qu’elle s’engage pour ses entreprises, la FNBM investigue l’ensemble des domaines qui la concerne, et ceux-ci sont fort nombreux, impliquant une mobilisation de toutes les équipes.

Sécurité et formation deux priorités

Autre sujet sensible, la sécurité. Les campagnes de sensibilisation des adhérents, mais aussi celle des clients se poursuivent activement avec, à titre d’exemple, la parution du dernier opus du « sécuriguide », concernant les dix règles d’or sur la sécurité d’un point de vente, sans oublier non plus la réactivation de la campagne relative à la lutte contre les surcharges. Tout ceci s’inscrivant dans une démarche de filière.
Enfin, la formation problème non moins sensible est au cœur des débats. Elle concerne évidemment tous les collaborateurs, mais aussi à l’attention de ceux qui sont attirés par les métiers du secteur. C’est même un des engagements les plus forts de la FNBM. Elle passe par un partenariat avec les établissements scolaires et la promotion des dispositifs de certification demeurera au cœur de la politique de formation de la branche dans les mois à venir. Il s’agit de prendre à bras le corps la réforme voulue par le gouvernement et bâtir les outils qui permettront aux entreprises de cette nouvelle donne voulue par les représentants de l’état, autour de deux axes forts, l’attractivité et la notoriété.
Ainsi parla Franck Bernigaud en ce 21 novembre. Derrière des résultats au demeurant solides, il ne fait pas mystère des incertitudes conjoncturelles, ni des enjeux de grande envergure liés à la transition énergétique du bâtiment que ce soit dans le domaine de la construction que de la rénovation. Il n’élude pas non plus les sujets qui fâchent comme la taxation du gasoil à usage non routier, mais surtout celui beaucoup plus complexe et potentiellement fort coûteux de la gratuité des déchets. A la FNBM, tous les dirigeants et adhérents semblent bien déterminés à ne rien lâcher dans cette affaire. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement lequel à tout intérêt à ne pas jouer la montre à propos d’un sujet si sensible.•