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Doras, 90 ans d’innovations !

Le 20 février 2019. Rubrique Distributeurs

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Leader régional en matériaux de construction et outillage, Doras peut se prévaloir d’une histoire forte, marquée par un engagement quotidien en faveur de l’innovation – qu’elle soit technologique, sociale ou entrepreneuriale – et de la proximité client. Retour sur une success-story de près d’un siècle…

Né le 16 juillet 1884 à Heuilley-sur-Saône, Gaston Doras grandit dans une famille de menuisiers-charpentiers. Il fréquente les bancs de l’école d’apprentissage du Petit Potet à Dijon puis entre aux Arts et métiers. Après des débuts dans l’industrie pétrolière, il rachète en 1929 une petite affaire de négoce de matériaux de construction et lui donne le nom de Comptoir des matériaux Gaston Doras. C’est le début de l’aventure… Malgré la crise économique des années 30, la petite entreprise prospère. A la mort de Gaston Doras en 1948, son fils Charles-Jacques reprend le flambeau. Ingénieur de formation, il n’a alors aucune idée de la manière dont on gère une entreprise. Il va pourtant faire preuve de la plus grande habileté pour développer l’entreprise familiale. « Mon métier de chercheur m’a appris l’humilité et la patience, deux vertus indispensables à un chef d’entreprise », explique d’emblée ce dernier. Ainsi armé de ses seules qualités personnelles, Charles-Jacques Doras modernise aussitôt le fonctionnement de la maison dijonnaise, plaçant son goût pour la technique et l’innovation au service de ses collaborateurs et de ses clients. Dès 1951, il fait venir des Etats-Unis le premier chariot élévateur de la profession. Du jamais vu en France ni même en Europe ! « Mes concurrents n’y croyaient pas, ça les faisait rigoler, se souvient-il avec le sourire. Je leur ai donné un bon conseil : en acheter un, eux aussi. Ce qu’ils ont fait deux ans plus tard », poursuit le dirigeant. En 1953, il négocie un nouveau virage technologique : celui de la livraison du ciment en vrac par remorque-citerne pour laquelle un brevet est déposé. Dans la foulée, c’est un camion Berliet équipé d’une grue de manutention pour livrer à l’utilisateur final qui est mis au service de la logistique du Comptoir des Matériaux. Encore une fois, les concurrents n’ont rien vu venir… Enfin, en 1958, l’entrepôt Doras est doté de racks qui permettent d’empiler les marchandises en hauteur.

L’innovation sur tous les fronts

Fort de ces nombreuses innovations, Charles-Jacques Doras donne un nouveau souffle à l’entreprise familiale. Il se reconnaît une chance : celle d’avoir pris les rênes au bon moment, quand débutent les Trente Glorieuses. Le bâtiment et les travaux publics sont effectivement en plein boom. En Bourgogne comme partout en France, le secteur des matériaux de construction bénéficie d’une forte dynamique urbanistique et le jeune dirigeant sait en saisir toutes les opportunités. L’entreprise devient florissante – elle compte 26 salariés à la fin des années 1950 – au point qu’il faut bientôt envisager de quitter le site historique pour s’étendre. D’autant que dans le même temps, Charles-Jacques Doras entrevoit et anticipe l’émergence d’un nouveau marché : le bricolage. Ainsi, dès 1955, Doras ouvre une toute première boutique de vente au détail, créant sa propre enseigne « Tout pour le bricoleur ». Pierre-Yves Doras, l’un des frères de Charles-Jacques en prend la tête. Mais l’histoire ne s’arrête pas là : les « indépendants », essentiellement des quincaillers du centre de la France, vont s’organiser pendant les années 1960, tout d’abord pour s’approvisionner à des prix négociés à travers « l’association nationale des promoteurs du faites-le vous-mêmes » dont Pierre-Yves Doras est l’un des tout premiers adhérents, puis, dans les années 1970, par le biais d’une société anonyme coopérative qui lancera l’enseigne Mr.Bricolage. Bref, l’histoire est en marche…
Dans les années 1960, s’engage une nouvelle ère pour l’entreprise dont l’objectif est de devenir un acteur incontournable du marché du béton, en maîtrisant l’ensemble de la chaîne de production, plutôt que de le laisser aux seules mains des fournisseurs de matière première ou des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics. A cette fin est créée en 1962 la société Sables & Graviers. Trois ans plus tard, Charles-Jacques Doras pose la seconde pierre de sa stratégie dans le domaine du béton. Il propose aux autres négociants dijonnais mais aussi aux fournisseurs de granulats et aux entrepreneurs du BTP de s’associer au sein d’une société où chacun prendra part au capital : 30 % pour les premiers, 30 % pour les deuxièmes et 40 % pour les troisièmes. Ainsi naît Dijon Béton.

Croissance partagée

Pendant ce temps, le négoce continue de prospérer. Pour mieux répondre à ses clients, le Comptoir des matériaux crée un nouvel entrepôt au nord de Dijon, en 1967. Au 20, rue de Mayence, le nouveau site de près de 6 000 mètres carrés est situé au cœur d’une zone industrielle en plein développement, à deux pas du marché de gros. Trois ans plus tard, le siège de l’entreprise est transféré à Chenôve, 15, rue Antoine-Becquerel, site de 16 500 mètres carrés où est érigé un second dépôt pour les professionnels. Celui-ci est organisé selon le concept nouveau des « salles d’exposition » permettant de mettre en scène les produits proposés. Au cœur des années 60, Doras continue à innover. Dans le domaine technologique mais également social. Cinq ans après la loi du 17 août 1967 sur « la participation des employés aux fruits de l’expansion des entreprises » voulue par le général de Gaulle, les salariés de Doras vont ainsi devenir actionnaires de leur entreprise. Là encore, très rares sont les sociétés françaises qui ont exploré cette voie. « Tout jeune, j’étais anticapitaliste », sourit Charles-Jacques Doras. Et de préciser, « J’ai voulu mettre en œuvre, dans l’entreprise capitaliste, le principe du partage des bénéfices et du pouvoir ».
La décennie 70 est celle de la croissance interne comme externe d’un groupe désormais baptisé G.Doras Matériaux et armé pour grandir. Cette expansion se joue sur trois terrains : l’activité historique de négoce, auprès des professionnels comme des particuliers, la production de granulats, initiée avec la création de Sables & Graviers, et bientôt celle de béton précontraint avec le rachat de Gabin-Jacob. À partir de 1974, l’activité de négoce connaît en effet une croissance spectaculaire grâce à l’acquisition de nombreux dépôts en Côte-d’Or voire au-delà : Matériaux du val de Saône à Auxonne, Établissements Guillemier à Seurre, Chanetz à Saint-Jean-de-Losne, Comptoir des matériaux bourguignons à Beaune, deux succursales de négoce de Bouvet-Ponsar à Dole et à Arbois, Belin à Montbard, etc.

Doras ouvre le négoce aux particuliers

Bref, le groupe dijonnais ne cesse de grandir et doit pousser les murs… En 1978, au 6, rue Antoine-Becquerel à Chenôve, Doras acquiert ainsi 40 000 mètres carrés à l’écart des locaux des concurrents et juste en face d’une nouvelle zone commerciale. Le site abrite 15 000 mètres carrés de bâtiments et notamment un immense magasin de bricolage dont la salle d’exposition s’étend sur 1 000 mètres carrés, concept discrètement éprouvé quelques mois auparavant à Chaumont (Haute-Marne) et destiné au grand public : adapté aux nouvelles habitudes des consommateurs, le magasin est ainsi ouvert toute la journée du lundi au samedi. « Cette ouverture est une étape importante pour l’ensemble des acteurs du marché. Pour la première fois, un magasin de négoce s’ouvre aux particuliers avec une immense surface d’exposition mettant les matériaux en situation », détaille Jean-Christophe Drouot, Directeur marketing, communication et animation des ventes Doras. De fait, l’activité grand public va rapidement prendre son envol et dépasser la part de 20 % du chiffre d’affaires du négoce. Enfin, Doras réalise dans le même temps des prises de participation au capital d’entreprises comme Robert SA, à Mâcon et à Bourg-en-Bresse en 1988 et surtout Bouvet-Ponsar en 1989.
Deuxième pilier du développement du groupe, la production de granulats s’est fortement développée elle aussi depuis la création de Sables & Graviers ; là encore, par des ouvertures de sites, des rachats et des rapprochements. Résultat, fin 1989, cette branche d’activité compte neuf sites situés dans un rayon de 200 kilomètres autour de Dijon, produisant 1,4 million de tonnes par an. L’engagement de Doras dans la filière passe aussi par le béton précontraint. Une technique qui consiste à enserrer le béton dans des poutrelles métalliques – plutôt que de placer le métal au cœur du béton – et permettant au matériau de conserver son élasticité. Avec le rachat en 1977 de Gabin-Jacob, fabricant de poutrelles en béton précontraint sous licence PPB Saret, Doras ajoute ainsi une nouvelle corde technologique à son arc. D’autant qu’au cours des années 80, Doras reprend la Société industrielle de planchers précontraints de l’Est (Sippe) puis Cluzel-Dumont et ses deux sites de Moulins et de Reims.

S’adapter au retail du nouveau millénaire

En 1989, Charles-Jacques Doras part en retraite à 68 ans et quitte la direction du Groupe. Jean-Pierre Pion, son gendre, lui succède. Après une période de croissance accélérée, la société doit repenser son organisation et, plus largement, se doter d’un nouveau projet d’entreprise. Le changement passera par la mise en œuvre d’un outil informatique et d’une base de données communs à l’ensemble des entités du groupe, mais également et surtout par la sécurisation des achats. Doras est ainsi l’un des premiers acteurs du secteur à rejoindre MCD (Matériaux de construction distribution), tout nouveau groupement fondé en 1997 par cinq négociants régionaux. L’objectif est simple : se positionner face à des groupes nationaux puissants, organisés et dotés de leur propre centrale d’achat. Bref, il s’agit de ne rien lâcher sur le terrain commercial, de répondre aux attentes des clients, de s’adapter à leurs besoins et d’inventer de nouvelles opérations… D’où en 2001, la mise en place de journées événement permettant aux clients de repartir avec des cadeaux. La première édition de Bati’Days est ainsi organisée les 4 et 5 octobre dans les sept enseignes membres du réseau MCD, soit 200 sites dans toute la France. « En s’appuyant sur une mécanique simple – offrir une prime sur achat au client – Bati’Days est devenu une opération référente dans la profession, souvent copiée mais jamais égalée… », fait remarquer Jean-Christophe Drouot.
Parallèlement, Doras continue à déployer son activité négoce sur tout le territoire, avec l’ouverture de nouveaux dépôts conformes aux exigences du groupe et des clients, notamment à Is-sur-Tille (1999), à Noidans-les-Vesoul (2000) et aux déménagements des agences de Saint-Usage (ex Saint-Jean-de-Losne), à Montbéliard (ex Nommay) ou encore à Crottet dans l’Ain (ex Pont de Veyle). « Entre 1996 et 2000, nous avons significativement renforcé notre présence territoriale, car il fallait en quelque sorte occuper le terrain face à la concurrence toujours menaçante, pour atteindre 40 agences et 800 collaborateurs », se rappelle ainsi Jean-Léo Doras, à la tête de l’activité négoce du groupe depuis 1996.

S’unir pour (mieux) grandir

Mais les premières années du nouveau millénaire sont surtout l’occasion de prendre un nouvel envol pour le groupe. Un envol qui se fera à deux. 2003 marque en effet le rapprochement de Doras avec le groupe Samse. « Comme Doras, Samse est une entreprise familiale ; les deux entités partagent par ailleurs des valeurs communes et surtout, leurs dirigeants se connaissent. Le rapprochement se fait donc d’autant plus naturellement », poursuit Jean-Christophe Drouot. Les deux groupes ont par ailleurs d’autres affinités. Ils font par exemple tous deux partie du groupement MCD, ils sont géographiquement complémentaires et présentent des tailles compatibles. Et le Directeur marketing, communication et animation des ventes Doras de préciser, « ce rapprochement gagnant-gagnant va au final permettre à Doras de trouver un second souffle avec notamment un important développement sur le libre-service, un programme de rénovation de notre réseau d’agences et une optimisation de nos conditions d’achats ».
Fort de ce nouveau partenariat, Doras inscrit son développement dans une nouvelle dynamique. Le 13 mars 2008 est ainsi inauguré le salon Doras 100 % pros. Une première pour un événement voué à se renouveler tous les deux ans et à s’imposer très vite comme le salon professionnel de référence dans la région. Dès la première édition, plus de 3000 entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics visitent le salon, vitrine des matériaux, des savoir-faire et des innovations dans le secteur, autour de fournisseurs de six univers : le gros œuvre, le bois, le carrelage, la menuiserie, l’outillage et le service aux entreprises. Le salon s’étend sur 10 000 mètres carrés, dans le hall de Dijon Congrexpo et attire les professionnels de toute la Bourgogne-Franche-Comté. L’événement génère également des retombées économiques considérables dans l’hôtellerie, la restauration, le commerce local tandis que la presse salue la naissance d’un rendez-vous qui va devenir incontournable. Depuis, le succès se confirme et Doras a multiplié par deux le nombre de partenaires sur la manifestation. Après avoir lancé les 1ers Trophées de l’innovation en 2018, le salon de ce début d’année marque l’organisation d’un Forum de l’emploi des métiers de la construction et des travaux publics qui proposera plus de 350 offres d’emploi et qui réunira outre Pôle emploi, des agences de travail temporaire, des écoles et des organismes de formation.

Vers le négoce 3.0.

Bref, les années 2000 donnent des ailes au groupe qui poursuit sa croissance à un rythme soutenu. En 2008, il rachète ainsi Cléau, présent à Dracy-le-Fort, à Montceau-les-Mines et à Bourg-en-Bresse. L’année suivante, il reprend le dijonnais Outimat TP, spécialiste de la location d’outils et de matériels. En 2010, il pose un pied dans les Vosges. En 2012, nouvelle opération de croissance externe, cette fois dans l’Yonne. Quatre ans plus tard, c’est l’acquisition de Socobois, spécialiste bois-panneaux à Troyes. De nouvelles rénovations et constructions d’agences s’opèrent à Seurre (2005), Moulins-Engilbert (2006), Langres (2006), Delle (2012), etc. Au final, l’enseigne Doras en côtoie désormais sept autres, spécialisées, constituées au fil des rachats ou des opportunités de développement commercial : Caréo (carrelages et sanitaire, 2007), Cléau (2008), Locouti (matériels et échafaudages, depuis 1988 à Dijon), Outimat TP (location de matériels, 2009 à Dijon), Ménéo (fourniture et pose de menuiseries, 2011), Claude Matériaux (spécialiste de la couverture, 2012 à Arcy-sur-Cure), Les Comptoirs du bois (2014 à Lons-le-Saunier) et Socobois (2016) auquel s’ajoute, en 2018, à Troyes également, Martin Carrelage.
Mais Doras n’entend pas s’arrêter en si bon chemin… Au contraire, l’enseigne mise pour ces prochaines années sur un réseau d’agences futuristes, associant l’esprit du “dépôt” de jadis à celui de la boutique connectée du 21e siècle. D’autant que le groupe a su négocier le virage de la digitalisation. Depuis 2015, un service “click & collect” permet d’acheter en ligne sur dorasdrive.fr et de venir retirer sa commande dans un délai de deux heures. Un service décliné depuis dans les enseignes Cléau et Les Comptoirs du bois. A noter que, depuis un an, les attachés commerciaux sont par ailleurs équipés de tablettes facilitant leur travail quotidien auprès de leurs clients, constituant désormais une force de vente 100 % connectée. Enfin, 2018 a également vu la création d’un nouveau site destiné à promouvoir les produits en déstockage : dorasdestock.fr. Et Jean-Christophe Drouot de conclure, « Nous comptons continuer à aller de l’avant ces prochaines années, notamment en faisant rimer digital, service et proximité client ». Bref, si Doras est une incroyable aventure technologique et entrepreneuriale, elle reste avant tout – comme l’avait souhaité Gaston Doras, son fondateur – une magnifique aventure humaine.•