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Traitement des déchets du bâtiment

Écrit par Deborah Koslowski Le 23 août 2019. Rubrique Repères

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Depuis le 1er janvier 2017, les distributeurs de produits du bâtiment ont pour obligation d’organiser, sur leurs sites ou à proximité de ceux-ci, la reprise des déchets du BTP. Un dispositif légal pour lequel ils sont toujours plus nombreux à se mobiliser, a révélé la nouvelle étude de la FNBM, qui concerne le maillage territorial des solutions de reprise adoptées par la profession.

Comment s’organise le négoce matériaux de construction ?

Quarante millions de tonnes (hors déchets dangereux). C’est le poids des déchets que produirait, chaque année et à lui seul, le secteur du bâtiment selon les observations du Service de l’Observation et des Statistiques (2008). Issus aussi bien du second œuvre que de la démolition, de la réhabilitation d’ouvrages et de la construction neuve, ces résidus, parfois non-inertes/non-dangereux (10 millions de tonnes, généralement issues du second œuvre ; des déchets qui comprennent les matières premières comme la terre, la pierre naturelle, le bois naturel, etc.), ou inertes (30 millions de tonnes, plutôt issues de la rénovation et de la démolition et appelées « gravats », etc.), polluent. Et, à l’heure où l’environnement est plus que jamais menacé par la pollution, l’Etat a pris ses dispositions au travers de loi Transition Énergétique pour une Croissance Verte. Ses objectifs ? Lutter, entre autres, contre les décharges sauvages et réussir à valoriser 70 % des déchets du secteur du BTP dès 2020 grâce, notamment, à la mise en place de solutions de traitement des déchets sur l’ensemble du territoire français. Des moyens qui peuvent être, par exemple, l’installation de déchèteries professionnelles ou de bennes spécifiques directement sur les points de vente concernés (ou dans un rayon de 10 kilomètres le cas échéant). En effet, ce dispositif ne vise, pour l’instant, que les négociants qui disposent de plus de 400 m² de surface accessible à leurs clients. Ils doivent, par ailleurs, générer plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires.

Mobilisation professionnelle

Aussi, peu de temps après l’entrée en vigueur de cette loi, la FNBM (Fédération du Négoce de Bois et des Matériaux de construction ; 1 183 adhérents et 80 000 salariés, répartis sur 5 500 points de vente, pour un chiffre d’affaires de 19 milliards d’euros) - pour mesurer le nombre d’entreprises concernées par ce dispositif - avait décidé de mener une enquête. C’est ainsi, qu’en 2017, nous apprenions que 1 928 entreprises du négoce l’étaient. Et, aujourd’hui, elles sont plus nombreuses encore. En atteste la nouvelle étude déclarative publiée par la Fédération, le 7 mai dernier. Cette dernière a mis en lumière le fait que le déploiement de l’organisation de la reprise des déchets par les distributeurs de matériaux de construction et de bois était, résolument, en marche : ils sont 2 675 à s’être déclarés engagés. Soit une progression des professionnels concernés par cette obligation de 38,74 %, en 18 mois. Ce qui témoigne d’une profession mobilisée et marque l’engagement des distributeurs de matériaux de construction dans un schéma vertueux, au service de ses clients.

Plusieurs solutions

L’enquête menée par la FNBM n’a pas fait que révéler la croissance du nombre de négociants engagés dans ce dispositif. Elle a également mis en exergue le fait que, ces derniers, n’hésiteraient pas, parfois, à proposer plusieurs solutions à leurs clients professionnels, afin de les accompagner, au mieux, dans la gestion de leurs déchets. Installation d’une déchèterie professionnelle en point de vente, collecte des déchets directement sur le chantier du client, conventionnement avec un opérateur public, conventionnement avec un opérateur privé/professionnel du déchet ou installation de bigbag/benne en point de vente coexistent, donc, en toute quiétude dans certaines régions de France.
La solution la plus plébiscitée reste, néanmoins, le conventionnement avec un opérateur privé (1 975 négoces, sur les 2 675 répondants, soit 44 % d’entre eux). Viennent, ensuite, la mise à disposition de bennes (20 % des négociants) en points de vente et la collecte sur les chantiers des clients (18 % des négociants ont fait ce choix). En revanche, s’il est une solution qui séduit peu, c’est bien l’installation de déchèteries professionnelles sur les points de vente (seuls 125 négoces l’ont fait) ! A juste titre : cela nécessite un important investissement, tant en termes de place et de sécurité, que de mise aux normes des sites et de formation du personnel. Et la rentabilité ne peut être au rendez-vous que dans les grandes villes. Puis, désireux d’aller plus loin, d’autres distributeurs de matériaux de construction vont au-delà du cadre fixé par l’obligation légale, en créant des structures - non reliées à leurs points de vente - dédiés à la collecte et au recyclage des déchets de leurs clients. C’est le cas, par exemple, de La Plateforme du Bâtiment qui a imaginé le service Les Rippers, pour la prise en charge des déchets de chantiers du BTP, dans toute l’Ile-de-France, et des agences Raboni (Normandie et Ile-de-France) qui, grâce au programme digital Recycl’R, récupèrent les sacs de gravats (ou cubage d’encombrants) de leurs clients, à l’heure de leur convenance, au pied du chantier, comme à l’étage.•