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Étude Ficime - Les importations : Nocives pour l’économie française ?

Écrit par Jeffrey Bevilacqua Le 7 août 2018. Rubrique Repères bricolage

20180807 Ficime

Le 14 juin, la Ficime, en compagnie de Nicolas Bouzou, a dévoilé une étude démontrant le rôle prépondérant que peuvent jouer les importations dans l’économie française.

Durant le mois d’avril 2018, la France a exporté pour 41,6 milliards d’euros et a importé pour 46,5 milliards d’euros. Si le chiffre des importations est souvent jugé comme destructrices d’emplois, il ne faut pas dénigrer son importance, selon Nicolas Bouzou, Économiste et Fondateur du cabinet d’études économiques Asterès. Mandaté par la Ficime (Fédération des entreprises internationales de la mécanique et de l’électronique), il a étudié le rôle des importations dans l’économie française. Et son constat est clair : « il est temps de considérer que les importateurs ne sont pas des concurrents, mais qu’ils font partie de la chaine de valeur de l’industrie française », déclare Nicolas Bouzou.
Des économistes classiques, comme Adam Smith et David Ricardo, ont théorisé, dès le XVIIIe siècle, le lien entre échanges et productivité des économies. L’ouverture élargit les débouchés et renforce les possibilités de division du travail, ce qui stimule la productivité des entreprises. Un pays disposant d’une main-d’œuvre hautement qualifiée et d’équipements modernes, tel que la France, a intérêt à se spécialiser sur des productions à forte valeur ajoutée. Cette pratique peut nuire aux travailleurs les moins qualifiés, mais ce chômage peut être atténué par certaines politiques publiques (formations, soutiens aux branches industrielles, protection sociale, régulation du marché du travail, etc.). De plus, il a été mesuré qu’une hausse de l’ouverture aux importations de 1 % entraine une augmentation du PIB, par habitant, de 1,35 %. L’effet des importations est donc bénéfique pour les ménages et pour les entreprises. Ceci s’explique par plusieurs raisons.

Les importations offrent plus de produits et des prix plus bas

Les importations offrent un élargissement non-négligeable de l’offre de produits, quels qu’ils soient, disponibles sur le marché. Le prix sera également plus faible, grâce aux importations. « Les usines avec lesquelles nous travaillons sont toutes de nouvelles usines, disposant des dernières technologies et des plus récentes innovations. Essayer de reproduire ces mêmes modèles industriels en France ne pourrait se faire qu’au prix de très lourds investissements, qui impacteraient très sensiblement le prix de ces appareils, créant ainsi une importante inflation des prix à la consommation. Nos clients ne sont pas en mesure d’accepter la moindre hausse de prix et recherchent en permanence des gains de prix à l’achat », explique Onur Tabak, Directeur général de Vestel France. « Les importations sont donc non seulement nécessaires, mais elles permettent d’offrir l’accès aux dernières technologies à un moindre coût ». Ainsi, les importations influent sur le pouvoir d’achat et sur le bien-être des Français. Mais aussi sur la viabilité des entreprises.
En effet, s’ouvrir aux importations offre la possibilité aux entreprises de diversifier leur gamme de produits, pour répondre à l’hétérogénéité des besoins des consommateurs. Si le marché français est conséquent, certaines familles de produits ne bénéficient pas d’un volume de vente important.
« C’est le cas, par exemple, des chargeuses compactes avec, en France, seulement 700 ventes annuelles. Cet agrégat, déjà restreint, recouvre de surcroît des produits aux caractéristiques diverses : certains modèles sont relativement basiques et d’autres sont à la pointe de la technicité, pour satisfaire des exigences pointues en matière d’encombrement, d’agilité, de confort ou encore d’émissions sonores. En l’absence de marchés mondialisés, de tels marchés de niche, couplés à la diversité des besoins, ne peuvent assurer l’équilibre financier d’une ligne de production », analyse Philippe Girard, Directeur général JCB France.

L’emploi n’est plus victime des importations

Les importations stimulent les ventes des entreprises et donc leur compétitivité et leur capacité à innover. Selon une étude du FMI (Fonds Monétaire International), datant de 2016, une baisse des tarifs douaniers de 1 % sur les intrants accroît la productivité, des secteurs bénéficiaires, de 2 %. En profitant d’une compétitivité accrue, les entreprises importatrices ont la capacité d’embaucher. En 2017, compte tenu du gain de pouvoir d’achat obtenu grâce aux importations et en le multipliant par le nombre de ménages français, Asterès a calculé un gain national, compris entre 1,8 % et 3,5 % du PIB. Ainsi, cet effet de richesse supporte, en France, entre 460 000 et 1 million d’emplois. « Les importateurs - distributeurs réunis au sein de la Ficime totalisent près de 120 000 emplois directs, avec 95 % de CDI. Si nous y ajoutons les emplois générés par la distribution auprès des professionnels et des consommateurs de ces produits importés, cela représente un peu plus de 200 000 emplois indirects », ajoute Laurence Fauque, Déléguée générale de la Ficime.
En profitant d’une hausse de la compétitivité et d’un surplus de salariés qualifiés, les entreprises ont la possibilité d’innover sur leurs procédés. Par exemple, David Rodier, Directeur général de Cobemat, assure que les importations permettent aux Français de s’inspirer de méthodes japonaises : « il s’avère que l’usage sur les chantiers français de matériels japonais spécialisés, lié à des méthodes de travail nippones, est susceptible de renforcer la productivité des entreprises françaises de construction ».

Importer pour mieux exporter

Grâce à tous ses bienfaits, que sont la maximisation des ventes, un surplus de compétitivité, un taux d’embauche élevé et une capacité d’innovation supérieure, les importations stimulent les exportations. En effet, 68 % des entreprises françaises exportatrices sont également importatrices. « Vouloir limiter les importations revient à limiter les exportations », note Nicolas Bouzou. De plus, l’Allemagne importe plus que la France et, par conséquent, exporte bien plus que les entreprises françaises.
Souvent décriées, les importations participent donc pleinement à la bonne tenue de l’économie française. « Il est donc temps de considérer que les importateurs ne sont pas des concurrents, mais font partie de la chaine de valeur de l’industrie française », conclut Nicolas Bouzou. l