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L’outdoor en 2016 : Une légère progression

Écrit par Naima Benhebbadj Le 12 juin 2017. Rubrique Repères jardin

20170612 Meuble Jardin 1Après une année 2014 calamiteuse et une belle reprise en 2015, le marché du meuble de jardin se rééquilibre en 2016. Les marques misent sur une valorisation de l’offre pour lutter contre la guerre des prix de la grande distribution et de nouveaux acteurs entrent en jeu. Les attentes des consommateurs semblent également évoluer. Le PVC moulé et la résine tressée sont en perte de vitesse et le bois revient en force, surtout lorsqu’il s’associe au métal et au verre.

Le jardin est un espace de vie de plus en plus prisé par les Français ! Neuf foyers sur dix disposent d’un espace vert, coin de balcon ou rebord de fenêtre (source Insee). Autant dire que le marché du mobilier et de l’ameublement extérieur est source de croissance et de nouvelles opportunités. Cet engouement se traduit par un foisonnement de l’offre de mobilier d’extérieur, mais aussi d’acteurs. Tout le monde s’y est mis. Les grandes surfaces alimentaires, les enseignes de bricolage ou de meuble, mais aussi évidemment les jardineries et les pure payers. Une multitude de réseaux se partagent un marché qui devrait avoisiner les 550 millions d’euros en 2016. La croissance s’est faite timide, puisqu’elle n’a pas dépassé les 0,6 %. Des performances stagnantes que l’on retrouve sur l’ensemble du secteur jardin. « L’année dernière, le premier semestre a été difficile pour les fabricants et les distributeurs, explique Isabelle Descamps, Déléguée générale à Promojardin. Le printemps a été très mauvais et la météo ne s’est améliorée qu’au se­cond semestre. Il y a eu un rééquilibrage des résultats, mais le mobilier extérieur est resté un marché de renouvellement. » Et en effet, le mois de septembre, plutôt chaud et ensoleillé, après un mois d’août caniculaire aura permis d’étirer la saison des ventes de meubles de jardin permettant ainsi au segment de voir son activité progresser difficilement. Pour connaître en détail les performances du secteur, il faudra cependant attendre le printemps. Le temps que Promojardin traite des données de la GSB et de la GSA, représentant à elles seules les 3/4 du marché.
Pour l’heure, l’Institut de prospective et d’études de l’ameublement (IPEA) a relevé les tendances significatives du marché pour les grandes enseignes du meuble et l’e-commerce. L’Institut enregistre pour ces circuits un chiffre d’affaires total de 130 millions d’euros en 2016, en croissance de 3 %. Après une année 2014 catastrophique (plombée par le mauvais temps), le marché du meuble de jardin avait rééquilibré ses ventes en 2015 et atteint les + 8,5 %. L’année 2016 s’avère donc plutôt satisfaisante.
Sans surprise, ce sont les 3 géants de la distribution (Ikea, Conforama et But) qui se partagent la majorité des ventes parmi les enseignes du meuble. En comparaison, la GSB et la GSA obtiennent un chiffre d’affaires bien supérieur grâce à une offre élargie et à leur capacité à jouer avec la saisonnalité.

Développement de l’e-commerce

L’IPEA note également que l’e-commerce se développe de manière régulière, alors même que certaines enseignes du meuble se désinvestissent peu à peu. Et des sites tels que Cdiscount, La Redoute ou Vente-Privée diversifient toujours davantage leur champs d’action. « La vente des meubles de jardin via l’e-commerce est en constante progression depuis 10 ans, rappelle Eric Mandinaud, Consultant associé à l’IPEA. Nous avons identifié une centaine de sites qui proposent aujourd’hui un panel de mobiliers très variés. Certains sont très spécialisés et d’autres plus généralistes. Le point fort de cette offre, c’est qu’elle se distingue de celles de la grande distribution, offrant donc aux consommateurs un plus grand choix de produits et d’ambiances. » L’e-commerce progresse car il répond à de nouvelles attentes, notamment en matière de livraison. Un point crucial, lorsqu’il s’agit e produits lourds et difficiles à transporter. Cette montée en puissance s’accompagne pourtant paradoxalement de la disparition régulière de nombreux sites Internet dédiés. « Beaucoup de pure players qui s’étaient lancés n’ont pas pu résister dans la durée, explique Christophe Gazel, Directeur général de l’Ipéa. Car ce secteur très météo-dépendant exige une capacité de stockage flexible en cas de mauvaises conditions climatiques. Et cela est d’autant plus déterminant, qu’une majorité de ces articles est importée de Chine. »

Valoriser l’offre par de nouveaux concepts

Les spécialistes du bricolage et du jardin ont donc logiquement repris des parts de marché. De nouveaux concepts d’aménagement venus de l’univers des paysagistes ont également fait évoluer l’offre. Un phénomène encouragé par les marques qui souhaitent valoriser leurs produits et ne pas subir indéfiniment la guerre des prix que se livre la grande distribution. « Les fabricants misent sur une création de valeur et sur une montée en gamme, révèle Christophe Gazel. Comme dans le secteur de la literie, ils favorisent l’émergence de concepts innovants via de nouveaux acteurs. Certains spécialistes de l’agencement global du jardin et du monde des paysagistes étoffent d’ailleurs leur offre en offrant un aménagement spécifique, incluant du mobilier ».
Le secteur est en plein essor. Transats, tables, canapés d’extérieur, les marques misent sur l’innovation et le design. On note le succès des canapés d’extérieur qui, de par leurs conceptions, sont parfaitement résistants à la pluie et au soleil. Et du côté des matériaux justement, le bois revient en force. « Grâce à la valorisation de l’offre, le segment du meuble d’extérieur vit peut-être un nouveau cycle, affirme Christophe Gazel. Les ventes des salons de jardin en plastic maillé sont en recul. Une partie des consommateurs se détourne de ces produits qui se détériorent après deux ans. Il y a une tendance vers davantage d’investissement lors de l’achat, afin de ne plus avoir à renouveler à court terme un mobilier encombrant, difficile à recycler. » Et en effet, on constate l’arrivée d’une profusion de modèles et de déclinaisons destinés à répondre aux besoins toujours plus exigeants des adeptes du jardin.

Mariage des matières et polyvalence des usages

De plus, une part des ventes continue de se faire sur des produits mixtes, plus onéreux, mais polyvalents. « Certains clients (particuliers et professionnels) privilégient l’achat de fauteuils et de tables susceptibles de passer du salon au balcon et réciproquement, souligne Eric Mandinaud, Consultant associé à l’IPEA. C’est notamment vrai pour les vérandas. Les gens n’ont en effet pas toujours la place, l’envie et les moyens d’avoir deux types de mobilier ». Aujourd’hui, la tendance est résolument tournée au mélange des matières, pour un résultat plus sophistiqué, en harmonie avec l’environnement existant. Bref, la mode et le design sont au cœur des préoccupations. Après la vague des résines tressées et des bois exotiques (d’origine pas toujours contrôlée), la tendance est à l’association bois-métal, bois-verre ou métal-plastique. Une multitude de combinaisons et de style permettent aujourd’hui au consommateur de suivre les tendances actuelles relayées par les magazines de décoration et d’aménagement. « Le jardin ou la terrasse sont désormais traités comme une pièce supplémentaire de la maison, méritant à ce titre qu’on y investisse, explique Christophe Gazel. D’où le succès des canapés et fauteuils résistant à la pluie et au soleil ou des voiles d’ombrage offrant une alternative aux stores et parasols classiques. »
Qu’il soit en bois, en métal ou en plastique, le mobilier de jardin est un incontournable de l’été. Il s’affiche dans les pages des magazines du monde entier, avec des prix qui peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros. Plus d’un Français sur deux a déjà craqué, car ces meubles sont synonymes de relaxation et de bien-être. En moyenne, les Français conservent leurs meubles de jardin pendant huit ans. Le marché n’est donc pas prêt de s’essouffler, à condition de se renouveler.