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Le mondial du Bâtiment 2017 : Le bâtiment en marche ?

Écrit par Philippe Méchin Le 8 février 2018. Rubrique Batimat 2017

20180208 Batimat 2017

Dans un climat politique moins tendu que sous le précédent quinquennat, une situation économique un peu meilleure et une menace terroriste relativement atténuée, l’édition 2017 du mondial du bâtiment, s’était donné pour mission d’être celle de la mobilisation de tous les acteurs, et le lieu de la convergence de la filière de la profession.

Les résultats ont-ils été à la hauteur de cette belle et noble ambition ? En termes statistiques purs, pas tout à fait, puisque le visitorat global Batimat/Ideo Bain/Interclima+Elec enregistre une baisse, due aux deux derniers volets du triptyque, le premier restant stable, et le tout représente le nombre somme toute respectable de 319 000 visiteurs. Cependant au-delà des résultats chiffrés il a soufflé un vent de dynamisme. Le réveil du secteur de la construction, enfin amorcé, semble se confirmer. Toutefois, et au-delà des considérations sur le logement, le vrai fait marquant du salon, reste l’avènement du numérique.
S’il est vrai que cette fausse note en matière de fréquentation vient un peu gâcher une fête somme toute réussie, il n’y a pas non péril en la demeure. Le phénomène de baisse du nombre de visiteurs sur de nombreux grands salons professionnels, à l’exception de la Chine, est une réalité mondiale, conséquence notamment des mouvements toujours plus nombreux de concentration d’entreprises, ce qui implique des plateformes d’achats plus puissantes, mais moins importantes en termes d’effectifs. Et puis, dans un monde où le temps est compté pour chacun, celui des curieux est révolu. Les visiteurs se déplacent pour des raisons bien précises, pas pour humer l’air du temps. De plus, ces baisses restent limitées, et n’ont guère de conséquence sur l’activité déployée, que ce soit en termes d’échanges commerciaux que de nouveautés et innovations. Dans ce contexte, le mondial du bâtiment n’a pas échappé à la règle. Cette parenthèse refermée, il s’en est passé des choses à Villepinte en ces journées de novembre, et cette édition 2017 a permis de consacrer les grands courants qui traversent une profession en pleine mutation, sous la poussée de deux thèmes fédérateurs, à savoir l’inexorable montée en puissance des technologies de pointe, et de celle non moins forte, de la problématique environnementale, énergétique et ses conséquences en matière réglementaire, toujours plus contraignantes au nom de la sauvegarde de la planète.

Inévitable numérique

C’est donc un salon riche à bien des égards, non seulement de par son offre, mais également par ses enjeux, tant et si bien qu’il est difficile d’en tirer une synthèse hiérarchisée. Néanmoins, s’il faut faire un choix, il semble bien que ce soit cette omniprésence du numérique qui l’emporte. Celui-ci est en effet partout, via une très forte présence de la connectivité, et des applications, notamment dans le matériel de chantier, l’outillage et l’équipement. Couplée à la géolocalisation, et à l’analyse de leur fonctionnement, elle permet de développer de nouveaux services. Ainsi est-il possible de suivre les équipements afin d’optimiser leur emploi, de prévoir une maintenance avant qu’une panne survienne et puisse réduire le temps d’indisponibilité. Il est également possible de réapprovisionner les consommables à temps, et mesurer l’exposition des opérateurs aux vibrations dans le but de réduire le risque de ces fameux et handicapants troubles musculo-squelettiques. Au-delà de la connectivité, il est à noter une très forte montée en puissance des technologies très avancées dans les outillages et équipement de chantier dont le but est non seulement de réduire leur consommation d’énergie, mais aussi d’en faciliter l’usage sur le chantier, tout en les rendant plus surs pour les opérateurs, et même moins polluants. Enfin, ces technologies de pointe ont stimulé l’imagination des fabricants. Ainsi la prise en compte des besoins des utilisateurs et l’intelligence des concepteurs a permis d’aboutir en complément, au développement de produits « low tech », très innovants, très pratiques, très ingénieux. A noter une tendance intéressante dans ce secteur, comme ces outils conçus pour effectuer des travaux en hauteur, sans que l’opérateur quitte le sol. Non ce n’est pas une plaisanterie, c’est une réalité qui apporte confort et sécurité.
Mais ne quittons pas la connectique pour notre voyage dans l’univers du bâtiment. Celle-ci s’impose massivement et apporte de nouvelles applications et de nouveaux services, sur le secteur des fermetures, de la ventilation naturelle, accompagnée par les évolutions technologiques qui la rendent non seulement possible, mais également d’un grand confort à l’usage, grâce à la motorisation des ouvrants et leur contrôle en fonction des divers paramètres de consignes de qualité de l’air intérieur. Dans cet environnement les façades deviennent actives et les solutions auto alimentées se multiplient, avec en contrepoint le caractère biosourcé des matériaux et le souci du recyclage en fin de vie. Enfin, dans ce domaine, il ne faut pas non plus oublier l’esthétique et le design, qui demeurent des critères de choix essentiels dans le domaine des solutions.

Le Boum du BIM

Il est clair, que le BIM a été de nouveau très présent sur cette édition 2017, sur les stands des exposants, dont le nombre a quasiment doublé entre 2015 et 2017. Ainsi, sur l’espace qui lui était dédié appelé BIM 3.0, plus de 600 visiteurs ont pu participer à une démarche collaborative de conception de logements sociaux et vivre une expérience immersive de revue de projet de réalité augmentée. Ceux-ci ont pu également participer aux 11 conférences organisées sur le sujet. D’autre part, a été signée sur le salon la charte d’engagement volontaire de la filière du bâtiment pour la construction numérique nommée « Objectif 2022 ». A cet effet, Jacques Mezard, ministre de la Cohésion des territoires, accompagné de 50 grands acteurs de l’immobilier est venu en personne la signer, afin notamment de marquer leur engagement à généraliser l’utilisation de la maquette numérique, pour la construction neuve en 2022. Il apparaît donc clairement que si c’était déjà un sujet majeur lors de la précédente édition du mondial du Bâtiment, le phénomène de ne fait que s’accentuer. En effet, l’omniprésence du numérique et des nouvelles technologies dans la filière du bâtiment, provoque une révolution, culturelle sans précédent. Ainsi la construction d’un bâtiment ne s’appréhende plus de façon séquentielle avec une répartition des tâches et un cloisonnement des métiers. Un projet se conçoit globalement, et depuis sa conception jusqu’à sa gestion, il est géré par une avancée technologique majeure, à savoir cette fameuse maquette numérique nommée BIM, acronyme de Building Information Modeling. Grâce à elle, tous les acteurs peuvent interagir, du bureau de l’architecte jusqu’au conducteur de travaux, sur le chantier. Néanmoins, cette sophistication poussée de plus en plus à l’extrême n’est pas sans poser certains problèmes inédits. En effet, ce fameux BIM est beaucoup plus compliqué. Ainsi, pour l’utiliser de façon optimale, un logiciel de conception compatible est indispensable, bien sûr, mais pas suffisant. Quantité d’autres softwares spécialisés sont nécessaires de façon à favoriser le dialogue entre les divers acteurs participant à la conception d’un projet, mais aussi entre les diverses entreprises, en allant même jusqu’aux acteurs de la maintenance. Tout ceci implique le développement de tout un écosystème logiciel autour du terrain fertile du BIM, auquel participent de nombreux éditeurs spécialisés. Ensuite, il faut bien comprendre que si celui-ci constitue le cœur de l’expansion du numérique, de nombreuses autres applications, sur chantier, ou durant la conception, font également appel à de nouvelles technologies de recueil d’information, ou encore de stimulations. Ils se répartissent en trois groupes : ceux impliqués directement sur le BIM, les outils de simulation qui y sont connectés ou non, et enfin les autres outils numériques. Cette complexité démontre que ce BIM, dont beaucoup louaient l’efficacité pratique, lors de l’édition 2015, sont amenés à réviser leur jugement, sans pour autant mettre en cause ce formidable outil. S’il représente l’avenir dans le domaine de la conception et de la construction de bâtiments de tous ordres, il reste un outil complexe, conséquence de la montée en puissance du numérique dans tous les domaines. Nous avons également pu le vérifier un peu plus, avec les centres de recherche et les start-ups, qu’il s’agisse des nouveaux matériaux ou systèmes constructifs, des objets connectés ou des applications. Malgré certaines difficultés d’appréhension de ces nouveaux phénomènes, tout laisse à penser que rien ne pourra plus endiguer cette marche en avant vers un monde nouveau, virtuel, destiné à améliorer le réel.

Les énormes enjeux du BEPOS

L’autre grande tendance de ce salon se nomme Bepos. Ce nom étrange n’est que l’acronyme de Bâtiment à Énergie Positive. Le principe se définit comme un bâtiment qui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. Le phénomène n’est pas nouveau dans son principe fondamental, puisqu’il a été l’objet de recherches dès les années 70. Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et depuis, il est au centre de tous les enjeux, tant le domaine de l’amélioration des performances énergétiques est au centre de bien des préoccupations liées la sauvegarde de la planète. Dans ce contexte, la France n’est pas en reste, tant s’en faut. Il faut en effet savoir que des échéances réglementaires strictes se profilent à l’horizon, et que les bâtiments non respectueux de la loi sur la transition énergétique se verront pénalisés. En effet, dès 2018, verra le jour d’une obligation de calcul des émissions de gaz à effet de serre, de consommation d’énergie et ressources sur l’ensemble du cycle de vie, conséquence de la loi de transition énergétique, et de la volonté d’abaissement de l’empreinte carbone, combinée à une incitation d’utilisation des énergies renouvelables. Les enjeux sont colossaux pour les années à venir, et les industriels du bâtiment sont mobilisés, comme l’a prouvé cette édition 2017 du salon, laquelle est considérée comme « l’année du lancement de la performance énergétique dans les bâtiments à usage tertiaire » selon le communiqué officiel des organisateurs. Cette démarche volontaire, est soutenue par le plan bâtiment durable dont l’objectif est de parvenir à une réduction des consommations de 25 %, d’ici à 2020, c’est donc à dire demain, et de 40 %, d’ici 2030. Sont concernés tous les bâtiments ou parties de bâtiments existants à usage de bureaux, d’hôtels, de commerces, de sièges administratifs, regroupant des locaux d’une surface égale ou supérieure à 2 000 m2. Ce plan consiste à faire réaliser une étude énergétique, des bâtiments tertiaires existants par des prestataires qualifiés qui devront proposer des plans d’action dont le temps de retour ne devra pas excéder 10 ans pour les collectivités territoriales de l’état et de 5 pour les autres.

E+C, Un nouveau label à la portée considérable

D’autre part un nouveau label, nommé E+C, demande une efficacité énergétique accrue des bâtiments neufs. Il prend ainsi en compte toutes les consommations d’énergie, et en final les abaisse. A cet effet, celui-ci introduit deux nouveautés fondamentales, d’une portée considérable, avec la prise en compte de l’impact environnemental du bâtiment sur 50 ans, et la généralisation du calcul d’ACV, ou analyse du cycle de vie. Cette spécificité française qui intègre environnement et énergie est plus stricte que nos voisins qui s’en tiennent au BEPOS. Ceci va certainement favoriser d’autres solutions constructives, inédites. Il est encore trop tôt pour définir et comprendre très précisément quelles seront ces évolutions, mais certains acteurs sont d’ores et déjà prêts, à l’instar des éditeurs de logiciels ACV, qui ont les ont présentés sur le salon. L’isolation thermique est l’objet de toutes les attentions, ce qui va engendrer l’apparition de matériaux de plus en plus performants. Le photovoltaïque est également prêt à entrer dans la danse pour la protection des façades. Plusieurs industriels français se sont déjà engagés dans cette voie. Enfin, le stockage de l’électricité, toujours plus chère, devient une nécessité. Des solutions sont aussi en gestation. Tous ces éléments qui vont participer à notre confort de vie, et la protection de notre environnement via les réductions de l’empreinte carbone, restent complexes, et la course à la performance s’annonce rude.
A l’issue de cette édition 2017 de Batimat, deux grandes tendances se font jour, et celles-ci sont porteuses de profonds bouleversements dans tous les secteurs d’activité. En tout premier lieu, il faut retenir l’inexorable montée en puissance de la numérisation. Celle-ci vient se nicher partout depuis le matériel le plus sophistiqué, jusqu’à l’outillage le plus simple en apparence. Vient en plus s’ajouter la connectivité qui rend la vie plus facile à tous les opérateurs, en termes d’usage, d’ergonomie, et d’efficacité. De plus, dans ce mouvement irréversible vers la technologie, tout laisse à penser que nous n’avons pas encore tout vu. L’autre grand bouleversement, c’est la consécration du phénomène de l’amélioration de la performance énergétique dans le bâtiment, de la réduction de l’empreinte carbone. Le mouvement est soutenu par des exigences environnementales devenues cruciales pour l’avenir de notre planète. L’enjeu est donc de taille, c’est le moins que l’on puisse dire, et tous les acteurs de la profession sont concernés à divers degrés d’implication.
Numérique et rendement énergétique sont donc les deux éléments d’une révolution copernicienne dont nous sommes loin d’en avoir mesuré toutes les conséquences. Toujours est-il que dans le monde du bâtiment, rien ne sera jamais plus comme avant. L’offre présentée sur Batimat, l’a clairement démontré.

Interclima et Idéobain, dans l’air du temps

Sinon, que dire des plateformes interclima+Elec, et Idéobain. Certes, elles n’ont pas rencontré le succès escompté en termes de nombre de visiteurs, et même d’exposants, pour la première, en raison de l’absence d’acteurs majeurs. Néanmoins cette baisse est à relativiser avec un recul de l’ordre de 5 %. Il n’en reste pas moins vrai que l’offre Interclima a été également très largement influencée, par les réglementations en vigueur, plus strictes, et la volonté des fabricants de proposer des appareils toujours plus performants, toujours mieux adaptés aux contraintes liées à l’efficacité énergétique, et les fameuses normes BEPOS, imposée par la directive européenne, ou encore la directive ERP pour Energy related products), qui impose un calendrier qui court jusqu’en 2030, afin d’améliorer les rendements, la qualité des fumées pour les appareils à combustion et réduire les nuisances sonores. En ce qui concerne iDEOBAIN, nous rentrons dans un univers plus glamour, porté par la volonté des fabricants de continuer à faire de la salle de bains, une pièce à vivre. Ceci passe par l’optimisation des espaces de rangement et de l’ergonomie, en encastrant, coulissant voire faisant disparaître certains éléments, dans les pièces inférieures ou égales à 6 m2, taille moyenne d’une salle de bains en France. Les fabricants sont particulièrement innovants en jouant la carte des couleurs, des matériaux, ou encore des effets de structure avec la 3D. Bien évidemment la connectivité s’est installée. Google, jamais en retard d’un métro, a déposé un brevet d’innovations estimées à améliorer son usage. Le miroir est aussi désormais un instrument de technologie qui permet de détecter tous les indicateurs de notre état de santé, lesquels sont transmissibles à notre médecin. Big Brother n’est pas loin… enfin, avec la montée en puissance de la démographie des seniors, des solutions nouvelles adaptées à leur condition physique et leur mobilité seront proposées.

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