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CIHS 2017 : Quand le bâtiment va…

Écrit par Philippe Méchin Le 16 août 2017. Rubrique Asie

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Dans quelques mois, l’été ne sera plus qu’un très lointain souvenir, et pour autant le monde ne s’arrêtera pas de tourner, tant s’en faut, à fortiori sur un continent dont l’intense activité économique et industrielle ne se soucie guère des saisons. Aussi et comme d’habitude, le monde de l’outillage et de la quincaillerie se retrouvera au cœur de la mégapole de Shanghai, pour l’édition 2017 du salon CIHS.

Désormais grand classique du genre, piloté de main de maître par Koelnmesse, le CIHS, acronyme de China International Hardware Show, s’est hissé en quelques années au sommet des salons mondiaux des secteurs de l’outillage, mais aussi de la quincaillerie, et de la serrurerie, via une offre qui n’est ni plus ni moins que la version asiatique, de la célébrissime plateforme rhénane, que chacun connaît sous le nom germanisé d’Eisenwarenmesse. Toutefois, il faut bien savoir que le salon chinois, n’est en aucun cas une simple réplique du rendez-vous de Cologne. Tout d’abord, en raison de simples raisons de dates. Il faut en effet bien comprendre que si la foire allemande se tient selon un rythme biennal, le CIHS se déroule annuellement. D’autre part, si les fondamentaux sont très similaires dans la structure de base de l’offre, ceux-ci diffèrent à bien des égards. A cet effet, les équipes Koelnmesse, ont toujours tenu que les identités de chaque plateforme soient respectées, même si l’internationalité de ces deux évènements constitue, comme toujours, des objectifs absolument essentiels aux yeux des organisateurs. Ainsi donc, ceux-ci ont toujours accordé à chacune des plateformes, la prééminence territoriale dans le domaine de leur offre respective. C’est ainsi que le salon Eisenwarenmesse accorde une large place à des exposants plutôt prioritairement venus d’Europe, dédié à un visitorat majoritairement issu du vieux continent. A contrario, l’offre proposée sur le CIHS est par essence, Asiatique, et par voie de conséquence à dominante chinoise, connaissant la puissance de l’industrie de l’outillage dédiée au bâtiment, dans le sens le plus large du terme. En final, Koelnmesse peut se targuer d’occuper le premier rang mondial, via cette double présence, dans les domaines précités plus haut dans ces colonnes.

Bricoler eux ? Jamais…

Comme nous l’avons également précisé, et on ne le répètera jamais assez, le marché chinois, très nettement dominant en termes d’offre sur le rendez-vous de Shanghai possède bien des spécificités qui lui sont propres. Ainsi, ne faut-il rien attendre du secteur Bricolage, proprement dit. Ce n’est ni dans les gènes, ni dans la culture, et encore moins un loisir, à contrario des pratiques européennes, voire américaines dans le domaine. Ce que le visiteur trouve prioritairement sur le salon CIHS, c’est avant tout l’outillage, sous toutes ses formes, tous ses aspects, avec cependant une finalité. En effet, c’est avant tout au service de la construction que les industriels du secteur proposent leurs nouveautés et innovations. Toujours est-il que vu le nombre d’exposants, qui se comptent plus de 2 000, en moyenne, il est clair que l’offre est d’une profondeur exceptionnelle. Tant et si bien que si celle-ci ne s’adresse finalement pas aux seuls et uniques acheteurs nationaux, mais aussi au monde entier. C’est ainsi que le salon est également un paradis dans le domaine du sourcing, lequel attire par voie de conséquence les acheteurs internationaux, qu’ils soient issus de la zone Asie Pacifique, mais également de tous les continents de la planète. En effet, même si les prix se sont envolés ces dernières années en raison de l’inflation salariale, la production des fabricants de l’Empire du Milieu reste encore très compétitive, en termes de prix, accompagnée d’une montée en gamme, conséquence de gros efforts consentis par les entreprises du secteur dans les domaines de la recherche et du développement. Mais le plus étonnant, c’est que cette course à la qualité n’est pas uniquement la conséquence d’une politique agressive à l’export. Elle intègre également un nouveau paramètre, lequel prend une dimension déterminante. Il s’agit en effet, de l’exigence de plus en plus élevée des acheteurs locaux. Avec l’avènement, en constante augmentation des classes dites moyennes aisées, lesquelles disposent d’un pouvoir d’achat de plus en plus élevé, le curseur a bougé d’un cran. Tant et si bien que la demande si elle reste soutenue sur le colossal marché intérieur, n’en reste pas moins boostée par des standards qualitatifs toujours plus élevés, sachant néanmoins que la notion de prix reste inscrite en filigrane dans ces nouveaux comportements.

Toujours le rush sur l’immobilier.

Le phénomène est vrai dans tous les secteurs, avec une sensibilité plus marquée dans ceux auxquels les consommateurs accordent la plus grande attention et surtout l’essentiel de leur poste dépenses. Il va donc sans dire que le domaine de l’habitat occupe haut la main la première marche du podium. Il va donc sans dire que la frénésie d’achat ne se dément pas, malgré une flambée des prix qui ne manque pas d’inquiéter les autorités qui craignent l’éclatement d’une bulle immobilière. Pour l’instant la situation est sous contrôle, via l’intervention de la banque centrale, laquelle s’efforce tant bien que mal de contrôler l’accès au crédit et d’en freiner les abus. Tout ceci est-il suffisant ? L’avenir proche le dira. Quoi qu’il en soit le rush sur l’immobilier se poursuit à un rythme qui ne faiblit, essentiellement sur les grandes villes qui concentrent l’essentiel des bassins d’emploi du pays. Shanghai en est l’exemple le plus flagrant. Le porte-étendard de la modernité chinoise continue sa formidable expansion, devenant au fil du temps la capitale d’un monde nouveau, en passe d’étendre son hégémonie dans bien des domaines, et pas seulement économique.
Dans un tel contexte, Shanghai, à l’instar des grandes villes chinoises en constant développement, continue de construire. C’est donc tout bon pour le CIHS, plus riche que jamais dans son offre, qu’elle soit nationale ou internationale. Et quand le bâtiment va…•

CIHS 2017 : 22/25 octobre. National Exhibition & Convention Center.Shanghai

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