20190410 diy summit

20180410 bricoscopie logo 20180410 jardiscopie logo 20180410 negocescopie logo

Asian Gifts & Housewares Show Paris : Un peu de tout de tout un peu

Écrit par Philippe Méchin Le 25 janvier 2019. Rubrique Asie

20190125 asian gifts

Sans tambours ni trompettes, presque dans une certaine discrétion, s’est tenu entre le 27 et le 29 novembre, un salon nommé Asian Gifts & Houseware Show situé au cœur de l’immense parc de Villepinte. La date, le lieu peuvent franchement interpeller, quant à l’opportunité de l’existence de cette plateforme. Aussi, à l’invitation des organisateurs, nous nous sommes rendus sur cet évènement, et avons pu constater qu’il n’est pas autant hors sol qu’il en a l’air.

Pour bien comprendre le pourquoi du comment, il faut savoir que les organisateurs ne sont pas n’importe qui, tant s’en faut et que l’existence de ce salon s’inscrit dans la stratégie de développement international d’un groupe très puissant sur le continent asiatique. Celui-ci se nomme Comasia, et derrière ce nom qui ne signifie pas grand-chose pour le non-averti se cache pourtant le célèbre Mega Show, lequel se tient tous les ans depuis des années à Hong Kong, et constitue un des paradis mondiaux du sourcing dans de nombreux secteurs d’activité de l’univers des produits de grande consommation, notamment ceux des produits ménagers, de décoration intérieure, de jardins et balcons, de cadeaux en tous genres, bref une offre bien typique de ce que l’on trouve sur les plateformes du bout du monde, bien représentative de l’intense activité industrielle de l’insatiable Chine, devenue le paradis des acheteurs en tout genre. Malgré la montée en puissance de ce pays devenu la seconde économie du monde impliquant une augmentation spectaculaire du niveau de vie de ses citoyens et par voie de conséquence des salaires, les prix restent toujours aussi compétitifs, tant et si bien qu’il n’existe aucun pays capable de l’égaler dans la diversité de son offre dédiée à l’export, surtout dans le domaine de la fabrication de produits destinés aux mass market. Et le pire, c’est que tout laisse à penser que le phénomène n’est pas près de se calmer, surtout dans un contexte de compétition économique mondiale où la guerre des prix fait rage. On ne peut malheureusement que constater que les produits chinois gardent dans ce domaine une longueur d’avance, et tout laisse à penser que ce n’est pas demain que la situation va se calmer, tant s’en faut. Dans ce contexte guère favorable aux entreprises du vieux continent hélas, les acheteurs continuent de s’approvisionner chez les fournisseurs de l’empire du Milieu, quand ils n’ont pas eux mêmes créés et développé leurs propres plateformes d’achat sur place, à l’exemple des groupes de la grande distribution les plus puissants. Seulement il existe un obstacle de taille qui concerne la majorité des professionnels à la recherche de produits. Il s’agit de la distance. Pour beaucoup d’entre eux, les indépendants notamment, un voyage en Chine est chronophage. Passe encore pour un déplacement occasionnel, mais s’il s’agit de se déplacer au cœur des usines de l’empire du Milieu, l’affaire est plus compliquée, sans compter les frais de déplacement, les problèmes de décalage horaire, les formalités de visa et autres joyeusetés.

Le monde à portée de main

Tel est donc le raisonnement qu’ont en gros, tenu les équipes à la tête de Comasia, lorsqu’il fut décidé de porter sur les fonts baptismaux, une version « expatriée » du Mega Show. L’idée-force étant donc de permettre aux visiteurs de visiter sur un salon asiatique de sourcing, située sur le continent européen, suffisamment attractif pour donner envie de s’y rendre, suffisamment équipé en infrastructures de surfaces d’exposition, et enfin suffisamment accessibles par tous les moyens de transports, aérien ferroviaires, maritimes ou terrestres. Après avoir étudié toutes les possibilités, c’est Paris qui fut choisi ; notre capitale remplissant tous les critères de ce cahier des charges, avec en plus le pouvoir de séduction qu’elle exerce sur la population chinoise, ce qui n’est pas sans conséquence dans le recrutement des exposants. Toujours est-il qu’en 2017, le parc des expositions de Villepinte accueillit la première édition du Mega Show avec des ambitions limitées, juste pour tâter le terrain. Le résultat fut modeste en termes statistiques purs puisque seuls quelque 1 300 visiteurs firent le déplacement pour découvrir les nouveautés et innovations proposées par 300 exposants dans le domaine des produits ménagers, de la décoration intérieure, des articles de Noël, des cadeaux et objets en tout genre, bref une offre identique à celle proposée sur la grande plateforme hongkongaise. Peut-on parler de succès avec de tels chiffres ? Certes non, et ce n’était d’ailleurs pas l’objectif. Il n’était pas question d’attirer les foules. Il s’agissait surtout de tâter le terrain. Quoi qu’il en soit, il fut observé un réel frémissement qui a poussé le management de Comasia à prolonger l’expérience pour l’année à venir.

Typique d’un style

C’est donc la mouture 2018, qui s’est tenue du 27 au 29 novembre au cœur du parc des expositions de Villepinte. Le changement d’envergure fut d’abord le changement de nom. Ainsi le Mega Show de Paris laissa-t-il sa place au salon Asian Gifts&Houseware Fair, très nettement plus explicite à propos de son contenu. Que dire de cette édition ? Tout d’abord, il faut bien avouer que les organisateurs n’ont pas bénéficié des circonstances les plus favorables, en raison de la crise des gilets jaunes, une des plus graves qu’ait jamais traversées notre pays et dont personne à l’heure où nous écrivons ces lignes ne connaît l’issue. Il va cependant sans dire que les nombreux barrages routiers, les manifestations qui n’ont cessé de se multiplier n’ont pas facilité les déplacements ni guère incité les visiteurs venus de province ou des pays étrangers proches, à faire le voyage. Il est donc difficile d’en tirer une leçon sur le plan purement statistique, même si, répétons-le, l‘affluence n’est pas la priorité. C’est le concept et la typologie de l’offre qui constituait l’objectif majeur. A ce propos, il semble cependant que celle-ci a correspondu à ce que les organisateurs en attendaient. Il faut dire qu’ils avaient largement le pouvoir de la maîtriser eu égard à leur position. En effet, il ne leur était pas trop difficile de conseiller les exposants fidèles au rendez-vous de Hong Kong de faire le voyage à Paris. Il ne faut d’ailleurs rien voir de contestable dans ces pratiques. Tous les organisateurs de salon au monde le font. C’est donc une offre très typée sourcing asiatique, essentiellement chinoise qui fût proposée aux visiteurs. A noter quand même la présence d’exposants venus de Taiwan, d’Inde, de l’Indonésie, des Philippines, du Bangladesh, du Sri Lanka ou encore de la Croatie. Tout ceci ajouté fait qu’ils se comptèrent au nombre de 370.
Les visiteurs quant à eux ont retrouvé cet esprit un peu fourre-tout typique de l’état d’esprit du salon. Citons ainsi les produits d’artisanat, les articles de fête, les cadeaux et leurs emballages, les jeux et jouets. Ajoutons dans le secteur houseware, les appareils électroménagers, de cuisine, les produits de nettoyage, les textiles de maison, tapis, revêtements de sol, accessoires de salles de bains, etc. Bref, l’éventail était large, bien dans l’esprit maison de ce que l’on trouve sur le salon Mega Show de Hong Kong en octobre.
Il est et donc clair que Comasia a pris le risque d’exporter le concept de ses salons sur le continent européen. Pour l’instant, il n’est pas question de performance. Il s’agit d’observer et de voir si la greffe peut prendre. Le groupe a les moyens et le temps. Et lorsque l’on connaît les organisateurs asiatiques, le temps ne se mesure jamais à l’aune de l’éphémère.