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Bricoday : Les Frenchies à l’assaut de l’Italie

Écrit par Deborah Koslowski Le 4 octobre 2018. Rubrique Europe

20181004 Bricoday

Milan, centre névralgique de la mode, du design et, bientôt, du bricolage ? Après le succès de Bricoday – l’événement annuel BtoB dédié à la distribution du DIY, qui s’est déroulé mi-septembre – rien n’est moins sûr. Un rendez-vous auxquels de nombreux fabricants français se sont, par ailleurs, rendus.

Rentrée brico réussie pour Bricoday. Bien qu’encore assez confidentiel, ce salon prend de l’ampleur… Et cela va se savoir ! En atteste, d’une part, sa durée revue à la hausse (il est passé d’un, à deux jours pleins à l’occasion de l’édition 2018), et, d’autre part, la croissance – à deux chiffres – de son visitorat. Le rendez-vous annuel des professionnels du bricolage, Italiens et étrangers, a, en effet, réuni pas moins de 5 500 visiteurs (+23 % par rapport à 2017) et 260 exposants (+35 % vs 2017) cette année, au sein du MiCo - Milano Congressi, un pavillon opérationnel de 6 000 m2, extrêmement bien desservi. « Nous ne pouvons qu’être très satisfaits des résultats de cette édition. Les acheteurs de tous les détaillants spécialisés étaient présents », s’est réjoui Maurizio Casolaro, Directeur Général d'EpE Edizioni, qui organise le salon.
Une onzième manifestation triomphale, donc, que nous ne pouvons qu’envier, ici, en France, où tous les salons DIY ont disparu, faute de mobilisation suffisante de la part de la profession. « Le marché du bricolage italien est plus atomisé qu’en France. Aux côtés des enseignes du groupe Adeo – Leroy Merlin, Brico Center et Bricoman – existent, en effet, encore de nombreuses chaînes indépendantes, voire régionales. Elles représentent entre 30 et 40 % du marché du bricolage », a cependant tempéré Valérie Dequen, Déléguée Générale d’Unibal, croisée dans les allées, pour expliquer le succès de l’événement.

Un marché stable

Une distribution plus diffuse, certes, mais qui – comme les fabricants – a fait le déplacement. Le secteur du bricolage italien n’a enregistré qu’une croissance de +0,7 % en 2017, par rapport à l’année 2016 (selon les chiffres annoncés par l’Osservatorio non food 2018, lors de la première conférence qui s’est tenue à Bricoday) ? Qu’à cela ne tienne : ils étaient tous là pour échanger autour des nouveautés de l’univers. Acheteurs, et même directeurs de magasin, pour les comptes de Leroy Merlin ou de ManoMano – pour ne citer qu’eux – venus d’Italie, de France et de parfois plus loin, sont souvent arrivés en groupe, a révélé l’organisation du salon. Ils ont d’ailleurs représenté, toujours selon celle-ci, la catégorie de visiteurs avec la plus forte croissance. « Nous avons, par ailleurs, enregistré un nombre croissant d'acheteurs du commerce électronique et des canaux de distribution autres que le bricolage (matériaux de Construction, Ameublement, Électronique, articles ménagers), ainsi que des détaillants alimentaires/non spécialisés. Pour les prochaines éditions, les efforts des organisateurs seront concentrés sur l'attraction d'acheteurs étrangers qui, pour l'instant, viennent en nombre limité », a assuré le Directeur Général d'EpE Edizioni.
Est-ce la richesse de l’offre qui les a attirés ? Les fabricants participant pour la première fois à Bricoday ? Les intervenants des colloques ? Le marché qui est moins concentré ? Sans doute un peu de tout cela à la fois… Mais pas que : le fait que les fournisseurs aient joué le jeu d’inviter leurs distributeurs, et l’espace étant alloué à ces derniers sur le salon – juste devant des salles de conférences – ont également dû peser dans la balance.

Tout est dans le détail

Outre la forte mobilisation du monde la distribution, les fournisseurs français – non plus – ne sont pas passés inaperçus ! « Les fabricants français ont toujours été très proches du marché italien. Beaucoup d'entre eux officient avec le groupe Adeo, qui est leader du marché en Italie. Ils ont donc déjà une présence importante, ici. Mais il est normal qu'ils essaient de trouver d'autres clients. De plus, les entreprises françaises sont très souvent mieux équipées, en termes de logistique et de niveau de service, car elles opèrent sur le marché plus concurrentiel, qu’est celui de la France », a estimé Maurizio Casolaro. En ce sens, nombreux étaient les fournisseurs tricolores, regroupés à l’entrée du salon, à confier fièrement qu’ils participaient à leur “premier Milan”.
Une tendance observée et corroborée par Valérie Dequen : « devant la concentration du marché français du bricolage et des conditions de plus en plus drastiques pour collaborer avec les enseignes françaises, les fabricants français cherchent de nouveaux débouchés, notamment à l’export. L’Italie est un marché relativement proche de celui de la France, avec la présence prédominante du groupe Adeo, mais aussi d’autres enseignes de taille plus petite comme nous l’expliquions précédemment. Le salon Bricoday prend de l’ampleur d’année en année, et est de plus en plus connu sur le marché européen. Il est l’un des derniers salons du bricolage en Europe, et l’endroit idéal pour les fabricants français pour promouvoir leur savoir-faire auprès des acheteurs, et trouver des distributeurs. » Des Français venus en nombre, donc, et attendus – plus nombreux encore – l’année prochaine : « Unibal envisage, en effet, d’organiser un pavillon collectif sur le salon Bricoday en 2019 », nous a-t-elle - en exclusivité - informé.•