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Medpi #23 MONACO : Un nouveau repaire pour de nouveaux repères

Écrit par Par Pierre Antoine Le 16 août 2017. Rubrique France

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La 24e édition du Medpi sera organisée à Paris, et plus à Monaco, comme ce fut le cas durant les 22 dernières années. Malgré de nouveaux services, le salon semble chercher un nouveau souffle dans un marché particulière­ment chahuté, bousculé, et concurrencé. Retour sur ces trois jours de salon au bord de la mer Méditerranée.

«A chaque édition, nous constatons que l’organisation supprime un étage, ou un espace. Le salon se replie en taille, mais conserve-t-il le même poids ? » s’interroge un exposant sous cou­vert d’anonymat. Et la rengaine bruisse dans les allées du forum Grimaldi de Monaco. D’ailleurs l’hypothétique déménagement de l’événement à Paris a enflé tout au long du salon. De rumeur, il est devenu certitude dans la bouche des exposants, pour enfin être confirmé par l’organisation. « Je trouve cela dommage, tranche Olivier Guilloton, Acheteur chez Inmac-wstore. Si le salon n’a plus lieu à Monaco, il risque de perdre un peu de son âme. Et les acheteurs passeront moins de temps à découvrir ». Cette année, ils étaient 679 acheteurs et près de 2000 décideurs à s’être rendus sur le rocher monégasque pour arpenter les allées du salon. « Nous avons tout de même senti une nette diminution des rencontres, rapporte un exposant. Les magasins physiques et les grandes centrales n’ont pas tous fait le déplacement ». 194 ont tout de même été référencées.

Davantage de sites de e-commerce

Rapidement dans les stands le constat était fait. « Nous rencontrons beaucoup d’acheteurs de site de e-commerce, bien plus que de magasins physiques », relève Johanna Wolk, Responsable du e-commerce chez Brennenstuhl. Les sites de e-commerce étaient bien plus représentés que les retailers purs, preuve en est que le marché est en pleine mutation. « Il est assez logique que les sites marchands fassent le déplacement ici. Ils viennent faire leur référencement sans forcément faire du stock, poursuit-elle. D’ailleurs ils se rémunèrent à la commission qu’ils opèrent sur les ventes. Voilà pourquoi ils n’affichent pas les frais de port sur leurs tarifs, que le consommateur découvre à la commande ». Dans leur grande majorité les acheteurs (cf. encadré) le rappellent, le marché évolue, et il est grand temps de revoir le modèle de ce salon, qui selon eux connait une mutation profonde dans un monde concurrencé par d’autres événements mondiaux comme l’Ifa en Allemagne, ou le CES de Las Vegas. « Les budgets ne sont pas extensibles, note un visiteur. Les grandes marques ont décidé de se retirer et de ne plus assister à ce salon. J’y vois un avantage et un inconvénient. D’abord, elles font place nette au profit des petites structures et aux start-ups. En tant qu’acheteur, nous avons ainsi le loisir de découvrir de petites entreprises qui nous apportent de la nouveauté, de l’innovation. Et de ce point de vue ci, le Medpi reste une valeur sure. A l’inverse, si un salon n’attire plus les acteurs d’un marché, il y a du souci à se faire. Le salon devient donc inessentiel, face aux autres événements mondiaux. Et à ce moment-là il faut se réinventer. L’équilibre est ténu ». En invitant un grand nombre de sites marchands en ligne, l’organisation du Medpi avait déjà anticipé cette mutation du marché. Dans la même veine, la présence pour la première fois au salon de fabricants ou distributeurs de petits et moyens électroménagers scelle la première pierre de ces nouveaux fondements.

Le Pem, une présence remarquée

Les acteurs du Pem ont suscité bien des interrogations tout au long des trois jours d’exposition. Certains doutaient de la véracité et de l’opportunité de leur présence ici, quand d’autres, surtout parmi les acteurs du Pem, arguaient que la connectivité concerne aujourd’hui tout le monde. Car avec la forte représentation des sites de e-commerce, les acteurs du marché du Pem ont de quoi se frotter les mains. En effet, la petite taille de leur produit est facilement transportable. Et ils peuvent ainsi être référencés sur les sites marchands. Bien que contestée, la présence de ce secteur semble logique. Ce qui l’est moins c’est qu’ils ne sont pas rassemblés sous une même bannière. D’autant que cette année, des ateliers, et de nouveaux espaces avaient été mis en place au Medpi.

Des espaces et des nouveautés

Accroitre toujours et encore les échanges, pour doper les ventes. Plus que jamais le Medpi avait l’ambition cette année de devenir un salon d’affaires, bien plus qu’un salon de référencement. Difficile équilibre avec la venue en masse de sites du commerce en ligne, qui certes viennent faire des affaires, mais dont l’objectif est avant tout de faire du référencement sans stock. Alors pour muscler les échanges, l’organisation a mis en place plusieurs nouveaux espaces : la piste d’éco-mobilité, le village start-ups, le village services, les workshops Experts (Santé bien-être, Gaming PC, Petit électroménager et Smart Home), les galeries de l’innovation, l’expérience Gaming VR avec Intel, l’espace Smart­Home avec Context et ses partenaires, l’espace lounge avec Crosscall, des zones de démonstration de drones. L’édition 2017 avait pour vocation de mettre en avant le Business Development. L’arrivée du petit électroménager et des services reliés à la plateforme de mise en relation MyMedPi associée aux espaces Meeting Points et à l’application Swapcard en sont une illustration. Au total 20 000 rendez-vous se sont tenus durant trois jours. De quoi faire taire les mauvaises langues sur la valeur du salon en termes d’affaires.
La présence renforcée des acteurs de la mobilité urbaine a également marqué les esprits. Déjà présents lors des éditions précédentes, cette fois-ci, ils étaient bien plus nombreux. Les pratiques de déplacement changent. De la trottinette, au mini scooter en passant par la Gyroroue électrique, le choix ne manque pas. Boulanger, Amazone, ou encore la Fnac sont les principaux vendeurs des produits New Walkings. « C’est un phénomène en pleine expansion, » explique Christophe Ribon, Responsable des achats chez Boulanger.
Nouveaux moyens de déplacements urbains, explosion des objets connectés, nouveaux moyens de distribution sont autant de données que les consommateurs, et les réseaux de distribution doivent prendre en compte. Comme le rappelait à juste titre Chris Patersen lors de son exposé donné en mars dernier à Berlin lors du TCG : « Les entités qui résisteront à ces évolutions ne sont ni les plus petites, ni les plus fortes, ni les plus grosses, mais bien celles qui sauront faire preuve d’une grande adaptabilité et flexibilité ». Ce constat s’applique également aux salons, où là encore la concurrence s’avère particulièrement rude. Le Medpi n’échappe pas à cette règle essentielle. Après plus de vingt ans à Monaco, l’événement sera donc délocalisé à Paris. Le changement d’adresse n’y fera rien si l’organisation ne trouve pas un second souffle, et ne réinvente pas le concept.

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