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Medpi : Nouveau look pour une nouvelle vie

Écrit par Jeffrey Bevilacqua Le 11 juin 2018. Rubrique France

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En 1996 était créé le Medpi. Aujourd’hui, le salon qui réunit les acteurs clés des marchés du son, de l’image, de l’informatique, du gaming, de la téléphonie, de la maison connectée, du petit électroménager et de la mobilité urbaine, vit une année charnière.

Du rocher à la Ville lumière. Le Medpi a parcouru les 953 kilomètres qui séparent la Principauté de Monaco de Paris. Le salon français de référence pour la communauté du retail high-tech a posé ses valises, pour la première fois, dans la capitale française, après plus de 20 ans passés sur la Côte d’Azur. Organisée par Reed Expositions, la 24e édition du Medpi, qui se tient du 4 au 6 avril, marque un véritable tournant dans l’histoire de ce salon incontournable. « Le plus gros salon européen du marché est l’IFA, à Berlin. Barcelone accueille l’important MWC. Le Medpi, pour la France, doit rester un salon d’envergure », commente un visiteur du salon. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’organisation a décidé de déménager l’évènement. « Le Medpi n’est pas qu’un salon, c’est une rencontre d’affaires. Ce sont des vendeurs et des acheteurs qui sont présents », déclare Laurent Eydieu, Directeur de division chez Reed Expositions et Directeur du salon. Le Medpi (pour « Marché Européen de Distribution de Produits Interactifs »), porte, encore cette année, bien son nom.
Cette 24e édition est donc essentielle sur plusieurs points. Hormis le changement d’adresse du salon, 2018 est une année clé pour le marché. Alexa, l’assistant vocal d’Amazon, sera commercialisé en France cette année, la « smart home » devient un vrai sujet d’actualité et la Coupe du Monde de football va grandement booster les ventes de TV (environ 1,5 million de ventes supplémentaires liées à cet événement sont attendues). En France, selon le GFK, les objets connectés ont généré plus d’un milliard d’euros, 1,5 milliard d’euros pour l’audio et plus de cinq milliards d’euros pour le marché de l’informatique. Globalement, les Français ont dépensé 27,3 milliards d’euros pour l’équipement de la maison, en 2017. « Nous suivons les tendances d’un marché très innovant et nous essayons de suivre le rythme », affirme Laurent Eydieu.

Des tendances qui évoluent, tout comme le salon

Selon les dires de certains habitués du Medpi, l’événement est, depuis quelques années, sur la pente descendante. Pour sortir de ce creux, l’organisation a fait peau neuve. Outre le déménagement au Paris Expo – Porte de Versailles, le salon propose cette année des solutions de marketing et de merchandising, toujours liées au digital et au high-tech. « C’est très important pour accompagner la vente », assure Laurent Eydieu. « Dans tous les univers, les innovations ne peuvent pas se permettre de n’être qu’installées dans un rayon, avec leur prix. Il faut aller plus loin dans l’explication, dans la mise en scène et dans l’expérience client ». Ainsi, Botspell tient l’un des quelque 250 stands du salon. Cette start-up développe des outils intelligents pour optimiser une relation client ou promouvoir des services et des produits. Elle a même sa place dans « The Hub », un espace en plein centre du salon.
« Le renouveau du Medpi passe par cet enrichissement de solutions proposées, mais pas que. Nous sommes venus chercher un nouveau public, cette année. Nous ne devenons pas un salon d’équipements de magasin mais nous incluons dans l’offre disponible, cette année, le high-tech, pour la vente digitale ou physique », déclare le Directeur du salon. Pour conforter ce renouveau, un espace conférence est installé au cœur du salon. Les thèmes sont très larges et variés, mais restent focalisés sur les sujets du l’high-tech (chiffres du marché, keynote, smart-home, smartphone, etc.).

Le concierge du Medpi et de la maison

Au centre du high-tech, ces dernières années, les objets connectés. Ce marché est en plein boom puisque, selon le GfK, les Français ont acheté 5,2 millions d’objets connectés, en 2017. 57 % d’entre eux, soit 2,9 millions de produits, sont liés à la « smart home ». Les assistants vocaux relancent le marché, mais ce sont les produits de sécurité et de confort de vie qui dominent le marché de la maison intelligente. Qui dit « grosse tendance sur le marché de  du high-tech », dit « place prépondérante sur le Medpi ». Ainsi, le salon regorge de solutions diverses pour rendre la maison connectée. « Nous proposons, dans un écosystème, une gamme complète pour assurer la sécurité de la maison : caméras IP, serrures ou alarmes connectées et judas numériques », expose Ruben Gomez, Directeur de la section retail pour Yale Smart Living. Mais d’autres solutions, différentes des objets à proprement dit, viennent enrichir l’offre du salon.
Les objets de la maison connectée sont souvent de marques diverses. Par exemple, il y a peu de chances qu’un volet et qu’une ampoule soient d’un même fabricant. Pour remédier à cette dispersion de la « smart home », Lionel Debruyne a fondé Concierge. À partir d’une sonnette — qui baisse la température du radiateur, éteint la lumière et ferme les volets, lorsque l’utilisateur sort de chez lui, et fait la manœuvre inverse lorsqu’il rentre — cette entreprise centralise tous les objets connectés de la « smart home ». « Ce marché croît de 30 à 40 % par an, en France. L’intérêt est de plus en plus manifeste. La preuve, des enseignes qui ne distribuent pas de domotique sont quand même venues à notre rencontre », déclare le Fondateur de la start-up. Si, aujourd’hui, les consommateurs ont encore le choix entre le connecté et le non-connecté, cela ne devrait pas durer. Par exemple, en 2020, Leroy Merlin ne mettra que des thermostats connectés dans ses rayons. La « smart home » est donc bien plus qu’une simple tendance.

Tout roule, ou presque

Autre tendance en vogue, depuis quelque temps, la mobilité urbaine. Les fournisseurs de ce marché se sont donc donné rendez-vous au Medpi, qui constitue pour eux un rendez-vous privilégié. « Nous sommes des habitués, c’est environ la 5e fois que nous exposons sur cet événement », précise Emmanuel Marquilly, présent au Medpi pour New Walkings. Au menu du stand, des trottinettes, des vélos électriques, des hoverboards ou encore des monoroues. Autour de ce stand, d’autres fournisseurs qui proposent des produits, aussi semblables que différents.  « La mobilité urbaine est une tendance qui grandit toujours, notre place ici est donc justifiée, et légitime. Nous sommes bien situés, même si le principe de base du salon, qui était la prise de rendez-vous, a un peu disparu. Nous avons l’impression de passer à côté d’acheteurs, c’est un peu frustrant », tempère Emmanuel Marquilly.
Pourtant, là encore, l’organisation de l’évènement a rassemblé tous les fournisseurs de mobilité urbaine, sur une même zone. Pour l’occasion, une piste d’éco-mobilité a même été installée, afin d’offrir la possibilité de tester les produits. Petit bémol, la foule ne s’y presse pas. « La piste n’est pas adaptée. Elle est trop petite, c’est presque dangereux. L’idée est très bonne, mais la réalisation est moyenne », explique Emmanuel Marquilly. Malgré un espace de test mitigé, les exposants de produits de mobilité urbaine se sentent au Medpi comme à la maison.

12 start-ups au sein d’un espace

Afin d’être toujours à la pointe des innovations du high-tech, le Medpi a accueilli, encore cette année, un espace destiné aux start-ups. 12 start-ups qui commencent à se développer ont ainsi pu y tenir un stand. « Tous les autres exposants qui ont la même activité que nous sont rassemblés, mais nous, nous sommes éloignés », raconte David Chojnowoski, Responsable de développement commercial chez Tech Tablet, une entreprise qui commercialise des accessoires pour téléphone. « C’est une première expérience, un bon moyen de se faire connaître, mais nous sommes trop encastrés. De plus, l’espace start-ups n’est pas assez mis en avant. L’idée est bonne, mais il faudrait l’améliorer pour les prochaines années », poursuit-il. Dans les premiers plans, cet espace devait se trouver au centre du salon. Finalement, l’organisation a changé la disposition. « À Monaco, nous étions au cœur du salon, juste à côté de gros acteurs du marché. Notre positionnement drainait plus de monde que sur cette édition », regrette Nicolas Chevalier, de chez Key Smart.
Sur 14 000 m2, le Medpi a pu offrir l’accès à l’offre globale du marché. Pour sa première formule parisienne, il a tenu son rang, même si le manque de très gros acteurs a encore une fois marqué un certain déclin du salon français. Grâce à sa nouvelle formule, l’organisation peut néanmoins nourrir de grands espoirs de les retrouver, dès l’année prochaine : « Le Medpi, depuis 23 ans, a toujours surfé sur les innovations technologiques. Nous avons fait évoluer nos fondations », déclare Laurent Eydieu. L’année prochaine, le salon aura encore lieu à Paris. Cette fois, il se lancera avec des bases solides et avec une année d’expérience de plus dans ses bagages.•