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Viva Technology : Paris, coeur battant d’une Nation en marche vers l’innovation

Écrit par Deborah Koslowski Le 15 juin 2018. Rubrique France

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Du 24 au 26 mai, le hall 1 du Parc des expositions, situé Porte de Versailles, à Paris, a accueilli sa grand-messe dédiée aux nouvelles technologies. Un événement d’envergure mondial qui, fort de sa 3e édition, n’a pas changé de cap : aider les entreprises, d’ici et d’ailleurs, à se développer.

Jamais deux sans trois. Viva Technology, salon incontournable pour s'imprégner des innovations dernier cri, co-organisé par Publicis et le groupe Les Echos (qui appartient au groupe LVMH), l’a – cette année encore – prouvé : si la France et sa capitale brillent à l’international, elles ont résolument un rôle à jouer dans la course aux nouvelles technologies. Très inspiré du géant CES de Las Vegas, l’événement – dont l’édition 2017 a été couronnée de succès, après qu’il a rassemblé plus de 60 000 visiteurs en 3 jours et accueilli 6 000 start-ups – a de nouveau visé l’exploit. Cette année, plus de 80 000 visiteurs, 8 000 start-ups (dont la moitié est basée à l’international), 1 400 investisseurs et 1 500 journalistes venus de 103 pays différents étaient, en effet, attendus. Des espérances largement dépassées puisque plus de 100 000 visiteurs ont participé à l’événement. Une hausse de la fréquentation, de plus de 47 % sur un an, qui montre le galon pris par ce rendez-vous annuel.
A moitié professionnel et à moitié grand public (les deux premiers jours étant réservés aux entreprises), VivaTech a réuni tout le gratin de la tech : outre les stands de boîtes comme Orange, Google, Engie, la SNCF ou Alibaba, des patrons, à l’instar de Mark Zuckerberg (Facebook), Dara Khosrowshahi (Uber), Satya Nadella (Microsoft) ou encore, Ginni Rometty (IBM), étaient conviés. Un panel de choix, pour des conférences de qualité : après leur rencontre avec le chef de l’Etat, à l’occasion du sommet "Tech for Good" (où il était entre autres question de “start-up Nation”, de fiscalité et de sécurisation des données), les entrepreneurs ont pu partager leur regard sur la technologie et son impact positif sur la société, auprès du visitorat.

Un salon à vivre

Plus qu’une suite de comptoirs, plus ou moins collés les uns autres, Viva Technology est un événement riche d’expériences, qui a pour ambition de mettre en relation start-ups et grandes entreprises. Quelques collaborations heureuses, à l’image de celles de Sodexo et de Klaxit, ou encore, de la jeune pousse Sensorwake avec AccorHotels, ont d’ailleurs déjà vu le jour. C’est aussi et surtout une manifestation qui se vit : en plus d’avoir assisté aux prises de parole des 400 intervenants (dans un but d’empowerment des femmes, 40 % d’entre eux étaient des “elles”), parmi les plus prestigieux du monde de la tech, les visiteurs ont pu se surpasser, et toucher du regard les innovations en passe de bouleverser leur quotidien. Étudiants et entrepreneurs en herbe se sont, en effet, affrontés lors de “Pitch Contest”, notamment organisés sur le stand de la SNCF. Puis après l’effort, le réconfort.
Design, les innovations ont paré leurs habits de spectacle. Un voyage à la frontière du végétal, de l’animal, du minéral et de la robotique était à découvrir. Il s’agissait du jardin virtuel – Fractal Flowers – de l’artiste franco-mexicain, Miguel Chevalier. Une œuvre d’art où s’est “naturellement” invitée la réalité virtuelle pour susciter des émotions. Dans la même veine, Alibaba et son VR Park de 150 mètres carrés, réalisé en partenariat avec ScanPyramids VR, ont offert, aux baroudeurs parisiens et technophiles avertis, l’immense opportunité d’aller faire un tour au coeur des pyramides égyptiennes, sans qu’ils n’aient à bouger du parc des expos. Moins divertissante mais tout aussi ludique, la VR a aussi fait son entrée chez BNP Paribas Real Estate. Bien décidé à améliorer le parcours client dans le secteur immobilier, le groupe s’est doté de l’holoportation. Une technologie de capture holographique, développée par la start-up Mimesys, et qui, grâce à son partenariat avec HTC Vive, permet à l’acquéreur en devenir d’être projeté – grâce à un casque ­– dans n’importe quel bien à visiter... même à des milliers de kilomètres ! Pour se déplacer, il n’était cependant pas question que de casques : les prototypes en taille réelle de deux voitures volantes (Pop.Up, sur le Lab d’Airbus et Eva X01, d’Electronic Visionary Aircraft) et les taxis bulles SeaBubbles – véritables bateaux volants – étaient, à l’instar d’une maquette de la station spatiale américaine, à découvrir sur place. Autre thématique particulièrement présente sur ce salon de la technologie, les robots.
Ceux qui ont aimé Les Nouveaux Héros, de Disney (sorti en 2015), ont en ce sens dû apprécier Robot Fight et SumoBot Challenge, ainsi que le tout aussi spectaculaire VivaTech Show, qui a réuni, sur scène, robots, drones et danseurs bien humains. Ces derniers n’étaient d’ailleurs autres que les danseurs de Madonna, Émilie Capel et Yaman Okur. Le Robot Park de VivaTech ? Plus qu’un lieu de divertissements, sans l'ombre d’un doute l’endroit où le « il ne faut pas avoir peur du robot », clamé par Emmanuel Macron, au moment du coup d'envoi du salon, a pris tout son sens. Pepper, le robot interactif de SoftBank, s’y trouvait en compagnie de Joe, le compagnon de jeu à destination d’enfants souffrant de maladies chroniques, imaginé par Ludocare, ou encore d’Alice de Cybedroïd, l’automate qui – plus que tout – désire rendre service et être utile au genre humain...

La maison intelligente

D’après les données issues de l’institut Spoking Polls rapportées par la plateforme de statistiques, Statista, la valeur des levées de fonds, dans l’intelligence artificielle des start-ups françaises, était estimée à 180 millions d’euros en 2017, et devrait se chiffrer à 250 millions d’euros pour l’année en cours. Mais les start-up ne sont pas les seules à investir, et voilà que le marché de l’IoT a franchi – l’année passée – le seuil du milliard d’euros de chiffre d’affaires. Un secteur majoritairement porté par la Smart Home, qui représentait 2,9 millions d’unités vendues, selon le GfK. En ce sens, elle était aussi représentée dans le cadre de cette nouvelle édition de VivaTech. Partenaire de l’espace Discovery, EDF a donc remis les Prix EDF Pulse 2018 aux start-ups qui concouraient, dans les catégories Smart City, Smart Health & Self, Smart Business et Smart Home. En lice dans cette dernière, le radiateur à batterie de Lancey Energy Storage, la ventilation connectée d’Airex et l’outil devant favoriser l’interopérabilité de tous les objets connectés, baptisé Viaroom Technology.
Sur place également, le groupe BSH et sa division Bosch Smart Home. « Chez Bosch comme chez BSH, nous sommes très portés sur le développement du digital, et ce à tous les niveaux. Cela concerne aussi bien les produits que la connectivité, l’industrie connectée et la communication digitale », a explicité Guy Foare, Directeur de projet Bosch Smart Home chez BSH Electroménager. Une présence qui s’explique notamment par l’une des premières sorties publiques de Roxxter, le premier aspirateur robot (connecté !) de la marque, dont le modèle premium est doté d’une caméra de surveillance. Pour l’heure, si le groupe a rendu connectable 4 % de ses gammes, il ambitionne d’atteindre les 95 % d’ici à 2025, « le 100 % étant impossible à obtenir, les tables à gaz ne pouvant être connectées », a-t-il estimé. Et pour cause, la connectivité, plus qu’un gain de temps, c’est un gain de confort au quotidien, aux yeux de l’industriel.

Viva l’Afrique

La France innove et fait confiance aux start-ups, certes, mais elle n’est pas la seule. Le continent africain, porté par l’essor de start-ups qui officient notamment dans le domaine de la téléphonie mobile, évolue à vitesse grand V. C’est pour cette raison qu’il a été mis en avant, parmi les 20 pavillons pays. L’espace Afric@Tech, qui comptait une centaine de start-ups africaines, issues de pays allant du Maroc à l’Afrique du Sud, en passant par le Rwanda, a ainsi permis de présenter au monde entier les projets portés par ses jeunes pousses.
C’est également à cette occasion que le chef de l’Etat Rwandais, Paul Kagame, a foulé le sol français, pour la première fois depuis de nombreuses années. Invité par Emmanuel Macron, il a découvert VivaTech et a appris la volonté du représentant français de débloquer une enveloppe de 65 millions d’euros, pour contribuer au financement du développement des start-ups africaines.

Ca, c’est du “off” !

Pour la première fois cette année, à l’image du Salone del Mobile de Milan, Viva Technology se vivait aussi hors les murs de l’événement. Le but : faire vibrer Paris et la technologie à l’unisson, deux nuits durant, et favoriser davantage les échanges. Co-créé par les équipes de Viva Technology et d’Uzik – agence de communication qui produit le festival Calvi on the Rocks et accompagne des marques comme Google ou Ubisoft, depuis cette année – Viva on the Docks a donc invité les nouvelles technologies sur les quais de Seine. Des concerts inédits ont été donnés à bord de Vivaboats (la montée se faisait quai d’Orsay (metro Invalides) et l’entrée gratuite donnait droit à un cocktail aux visiteurs de VivaTech), remontant le cours du fleuve. Sur les berges du pont Alexandre III, des Vivabox, privatisées par des start-ups (non présentes sur le salon Viva Technology) ont pu, à leur tour, révéler leur lot d’innovations, aux invités des festivités. Et pour conclure ces belles soirées printanières, des Vivanights ont été données sur les quais d’Austerlitz, à la cité de la Mode et du Design.•