20181210 aod1

20181030 interzun guangzhou
20180410 bricoscopie logo 20180410 jardiscopie logo 20180410 negocescopie logo

Jardins, Jardin Tuileries 2018 : Un poumon vert qui ne s’essouffle pas

Écrit par Deborah Koslowski Le 6 août 2018. Rubrique France

20180806 jardin jardin

Du 30 mai au 3 juin, les Tuileries (Paris) ont accueilli la 15e édition de Jardins, Jardin. Une manifestation horticole portée, cette année, par la thématique “Expérience(s) de nature”, couronnée de succès, et qui a réuni professionnels du jardin et de la jardinerie, au milieu de jardins éphémères. D’animations en ateliers, conférences et découvertes des nouvelles tendances… spécialistes, passionnés et amateurs ont été comblés.

La météo, incertaine le premier jour, faisait un peu grise mine entre deux rayons de soleil. Le sol, lui, était boueux aux Tuileries. Rien qui n’ait cependant porté préjudice à la 15e édition de Jardins, Jardin ! S’il est coutume d’observer que la fréquentation des événements liés au jardin chute dangereusement en cas d’intempéries prévues (c’est d’autant plus vrai quand ces derniers ont lieu à l’extérieur), ce rendez-vous incontournable a rassemblé plus de 26 500 visiteurs cette année et a, semble-t-il, fait fuir les averses annoncées, en conviant le beau temps aux festivités 5 jours durant. Une petite avance sur les 24 000 personnes attendues à l’origine, donc, et une fréquentation en hausse de 10 %, par rapport à l’édition 2017. Des promeneurs qui, par ailleurs, ont bien fait de venir : pour la première fois depuis le début des années 2000, ils ont vu les jets d’eau du bassin octogonal du jardin des Tuileries reprendre vie grâce au soutien des Jardins de Gally qui, dans le cadre d’un mécénat de compétence affilié à l’activité “jardins d’exception et du patrimoine”, ont aidé à leur réparation.
Le rendez-vous parisien des aficionados du végétal, qui avait pour thème les Expérience(s) de nature, a également regroupé 100 exposants, venus présenter et vendre décorations, végétaux, outils (le Yoyo de Fitt jouissait d’un bel espace de démonstration !) et mobilier d’extérieur artisanal ou de designer. Cette fois encore, il a réussi le pari de faire de la Capitale un espace d’expérimentations et de découvertes, porteur de valeurs environnementales grâce, notamment, aux jardins éphémères conçus pour ramener la nature en ville.

Des expériences et du sens

Ne bénéficier que d’un tout petit bout de terre voire, d’un balcon avec jardinières ? Une aubaine pour les artistes, architectes et autres fabricants de meubles comme City Green (qui conçoit et commercialise du mobilier d’extérieur éco-responsable et modulable pour les espaces restreints). Soucieux de répondre à la demande croissante des consommateurs, qui est de remettre du “végétal dans l’urbain”, ils sont nombreux aujourd’hui à apporter des solutions innovantes pour ceux qui n’ont pas la chance de disposer de grands terrains. C’est ainsi que les visiteurs venus flâner, en quête d’inspiration, ont pu découvrir une quinzaine de mises en scènes de terrasses et de balcons. Truffaut, par exemple, en a profité pour présenter son espace de 50m², baptisée “Empreinte nature en ville”, au sein duquel différents ateliers - dont plusieurs alloués au rempotage de fraisiers - se sont déroulés ; l’éditeur Jardin Japonais, quant à lui, a présenté “Intimité”, un jardin zen qui invitait à la quiétude.

Jardins, Jardin, kézako ?

C’est une vitrine unique de la nature en milieu urbain. C’est ainsi que, pour l’occasion, une dizaine de grands jardins éphémères ont également fleuri dans les allées des Tuileries. Partenaire des Fermes de Gally, Franprix a de nouveau prouvé son engagement en faveur de la préservation des insectes pollinisateurs. C’est un fait, les abeilles - qui jouent un rôle prépondérant dans la préservation de la biodiversité par leur action de pollinisation - se meurent à cause des pesticides, d’une part, et d’un manque de nourriture, d’autre part. Avec son “Jardin aux abeilles” parsemé de panneaux didactiques - au coeur duquel fabrication de bougies en cire d’abeille et dégustation de fruits et légumes “bee friendly” avaient lieu - l’enseigne entendait donc sensibiliser petits et grands à leur cause. Autre pépite de cette édition 2018 : “le Jardin de Monsieur Paul”. Le paysagiste Pierre-Alexandre Risser, désireux de rappeler les valeurs que partagent jardin et gastronomie - en rendant hommage au grand Paul Bocuse disparu un peu plus tôt cette année - a imaginé un écrin potager, sur lequel cohabitaient, entres autres, un coq et trois poules de Java (un clin d’oeil à la polygynie de la toque étoilée), des plantes aromatiques, des fleurs et des cardons lyonnais. Dans un autre registre, le jardin “Ceci n’est pas une place de village…”, imaginé par le Carré des Jardiniers et aménagé par Copacabanon et Vannucci Piante, avec son titre évocateur, donnait le thème de la prochaine édition du prestigieux concours qui doit se dérouler en 2019 : la “Place du Village”. Aussi, les noms des finalistes, retenus pour cette compétition de choix, seront révélés à l’occasion de la prochaine édition de Jardins, Jardin. Ces derniers auront l’opportunité de réaliser leur jardin lors du prochain salon Paysalia (les 3,4 et 5 décembre 2019).

Terre de concepts

Accompagner l’émergence de la végétalisation en milieu urbain, nous l’aurons compris, c’est le fer de lance de Jardins, Jardin. Aussi, en se promenant le long de la Terrasse du Bord de l’Eau, nous avons également pu découvrir, pour la toute première fois, le Bosquet des innovations.
Un nouvel espace de l’exposition-vente dédiée au jardin et design d’extérieur, qui est appelé à devenir incontournable. Et de fait, il regroupait en un même endroit de jeunes créateurs et huit écoles (à l’instar de l’ENSP, Ecole Nationale Supérieure de Paysage, et de l’Ensci, Ecole de Paysage de Blois), pour qui le thème de la nature en ville est source de réflexions et d’innovations. Dix-sept prototypes de design d’extérieur, à l’image du Radix-Nimbus - qui est un dispositif autonome de captation, de stockage et de diffusion de l’eau pour l’irrigation des jardins  y étaient présentés. Sans doute la manière la plus inventive de se projeter dans ce que sera la ville de demain. l