Dossier clôtures : Ouvert à la mutation

Dossier clôtures : Ouvert à la mutation

Acier, aluminium, bois ou PVC, les composés de la clôture ne manquent pas. Les consommateurs finaux ont donc du choix. Mais en raison du coût de fabrication, les industriels, à de rares exceptions, sont obligés de se spécialiser. En conséquence, outre les quelques leaders du secteur, il existe une kyrielle de fabricants, donnant à ce marché un aspect atomistique, sur lequel les innovations ont été longtemps restreintes. Mais les tendances évoluent.

Le marché de la clôture est un peu à part. D’abord parce qu’il est éclaté. Il n’existe pas un, mais plusieurs marchés de la clôture, en fonction des différentes matières qui la compose. Il est d’ailleurs difficile d’obtenir des chiffres et des données, compte tenu de cette pluralité de matières. Ensuite, le chiffre d’affaires en fournitures pour la partie GSB ne pèse que 250 à 300 millions d’euros, et 500 millions d’euros au global, avec la partie professionnelle. Un chiffre qu’il faut répartir entre les grands leaders que sont Dirickx, Cavatorta, Lippi, Betafence, Experton, Clôtures Place. À eux seuls, ils représentent plus de la moitié des parts de marchés. Le reste étant partagé entre les fabricants plus modestes et parfois très localisés. Les gains s’avèrent de fait assez minces. Et pourtant. « Nous assistons à l’arrivée de nouveaux acteurs, qui généralement viennent de l’univers de la fenêtre », explique Jérôme Foucault, Directeur général chez Clôture Roy, spécialisé dans la conception en acier. Ces nouveaux entrants ont compris que la tendance s’inversait. Car, après des années difficiles, notamment en 2014-2015, où les résultats des ventes oscillaient entre -6 % à -8 %, les fabricants semblent renouer avec la croissance. Sur les deux premiers mois de l’année, les ventes ont été performantes, avoisinant les 12 millions d’euros. « Nous sentons que le marché réagit un peu mieux avec la reprise timide du bâtiment », explique Antony Allot, Responsable Marketing et Commercial chez Cadiou, un fabricant de clôtures en aluminium. Les statistiques tablent sur une progression allant de 1 à 2 % de progression. Mais rien n’est joué. « En effet, nous devons faire face à trois contraintes de poids, poursuit Bruno Lacroze, Directeur chez Cavatorta. Premier constat : nous sommes très dépendants du marché du bâtiment, qui pendant des années fut grevé par l’apathie des permis de construire. Ensuite, les consommateurs finaux préféraient s’occuper en premier lieu de leur intérieur que de leur extérieur à cause d’une croissance économique incertaine. Enfin, la clôture est très dépendante du climat, et rythmée par la saisonnalité. Nous réalisons le plus gros de nos ventes sur la période de février à juillet, avec parfois, selon le temps, un sursaut de septembre à octobre, avant les périodes pluvieuses ou froides ». Mais les bons résultats du début d’année ont été ralentis par un printemps pluvieux, et ce quels que soient les marchés de la clôture. Cette timide reprise est davantage conjoncturelle que structurelle. Car, par essence, ce marché, pour ce qui concerne le B to C, n’est pas mature. « Il ne le sera d’ailleurs pas, estime Antony Allot, de chez Cadiou. Sur la partie rénovation, il faut bien comprendre qu’il vit avec les cycles de vie et les âges de nos clients ».

Un marché cyclique

Pour bien comprendre le marché de la clôture, dans son acception la plus large, il faut se pencher sur les périodes de la vie. Il y a des critères d’âge, et de goût. Un jeune couple par souci d’économie, lorsqu’il s’installe, préfèrera s’occuper de son intérieur plutôt que de l’extérieur et reportera son achat en clôture… a l’inverse, un foyer plus aisé aura à cœur de changer son environnement et d’installer une clôture plus esthétique. « Bien entendu, cela vaut bien davantage sur les achats dans l’ancien que dans le neuf. Car nous constatons qu’avec la baisse des commandes dans le bâtiment, nous avons dû aussi nous adapter et proposer des produits de rénovations », précise Gilles Konrad, Directeur commercial chez Clôtures Place. Avec la montée en puissance du jardin comme cinquième pièce de la maison, les extérieurs sont de plus en plus soignés, et le choix de la clôture ne sera pas le même selon les attentes, et les goûts des consommateurs. « Il y a le désir pour certains clients d’affirmer leur statut social. Et cela peut aussi passer par le décor apporté aux extérieurs, une fois le domicile revu à leur goût », explique Antony Allot. Dès lors que l’âge de la retraite approche, l’envie de changer de clôture peut aussi se faire ressentir. Une séparation en PVC, Bois ou encore en acier ou aluminium remplacera les haies, qui deviennent de plus en plus difficiles à tailler. L’arrivée de petits enfants peut également être la raison d’une nouvelle installation, pour garantir plus de sécurité. Enfin, en fonction du temps dédié aux extérieurs, les arbitrages pourront également se faire sur les différentes matières de clôture, ou encore sur les critères de prix. Le bois sera préféré pour son côté plus authentique, mais pour un entretien plus facile, l’aluminium ou l’acier seront davantage plébiscités. « C’est pour toutes ces raisons que le marché ne sera pas mature, et qu’il est autant atomisé. Originellement et cela peut paraitre paradoxal, la clôture servait à accueillir. Aujourd’hui elle sert à délimiter, et à structurer les espaces de vie dans le jardin. Ce sont d’ailleurs ses trois fonctions : accueillir avec les portails, délimiter de l’extérieur et enfin structurer l’intérieur. En fonction des évolutions de la vie, les envies changent, les besoins également, et les clôtures suivent ce rythme-ci. Mais nous constatons qu’une nouvelle tendance se fait jour chez nos consommateurs, car ils recherchent de plus en plus d’intimité. Et là encore nous avons dû adapter nos produits », conclut Antony Allot.

La nouvelle fonction de la clôture : l’occultation

« Nous relevons une très nette tendance, précise Gilles Konrad, de chez Clôtures Place. Les particuliers expriment le souhait d’être protégés chez eux. Pour répondre à cette attente, l’ensemble des fabricants, et cette fois-ci quelle que soit la matière de la clôture, se sont engouffrés dans la brèche, car ils y ont vu un nouveau débouché très attractif. Le panneau occultant a donc peu à peu supplanté le rouleau de grillage classique, qui lui aussi a connu un sacré coup de jeune ». Betafence a développé par exemple, un panneau occultant en bois et un autre en PVC. Pour parfaire sa gamme, la marque belge propose également à la vente, des rouleaux de grillage et des panneaux plats, toujours dans cette optique de dissimulation. « C’est vraiment la grande tendance sur nos marchés, explique Stéphanie Mouginot, Responsable Marketing et communication chez Betafence. Le marché français était mûr sur le panneau à plis en acier. Mais avec la restriction de place sur les extérieurs des nouvelles constructions, nous avons relevé que les consommateurs recherchaient des solutions d’occultation. C’est grâce à ce constat que nous avons décidé de nous lancer sur la conception de panneaux ». Mais les industriels ont du par ailleurs et pour des questions de coûts adapter leurs modèles d’occultation. Un grand nombre d’entre eux ont par exemple mis l’accent sur la facilité d’installation de ces produits. C’est notamment le cas chez Bacacier. « Notre équipe R&D travaille depuis plus de deux ans déjà sur le projet de l’occultation à base d’acier, matière résistante, design et durable. Ainsi, nous avons mis au point une solution d’occultation simple et ludique d’utilisation, explique Dominique Vergeade, Responsable Marketing et projet chez Yousteel, une filiale de Bacacier. Il s’agit d’un panneau acier de 50 cm de large perforé qui, grâce à un système de fixation très astucieux, permet, en un tour de main, d’habiller un panneau rigide quelque soit son format et ce pour une hauteur maxi de 1.65m, et pour un prix de vente public inférieur à 30 euros le ml. Dès le mois d’octobre, le produit sera proposé bien entendu en vert mais aussi en gris anthracite, couleur plébiscitée par les acheteurs et les consommateurs. »
De même, la tôle multi-usage Yousteel peut sans contrainte être utilisée à des fins d’occultation et, en cours de développement pour un lancement printemps 2017, une lame acier modulable emboitable dans des poteaux de maintien, fidèle à l’ambition de la marque : facilité de mise en œuvre, design contemporain, solution économique. De son côté, Cavatorta a développé depuis plusieurs années des panneaux rigides mixés avec des panneaux bois. Mais les fabricants ont dû également répondre à une autre attente conjointe au désir de gagner en intimité : l’aspect esthétique.

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Un défi : l’esthétique

« Lorsqu’un particulier fait installer une clôture, nous constatons qu’autour du périmètre de son domicile, il ne recherche pas particulièrement l’esthétisme, car il y plantera des végétaux. À l’inverse, la devanture fera l’objet de toutes les attentions. C’est là que se fait l’accueil. Et nous voyons de plus en plus de produits sortir avec de la couleur », explique Bruno Lacroze de chez Cavatorta. L’année dernière Clôture Roy a pris le parti d’utiliser les qualités esthétiques de l’acier, pour lui donner un côté plus design. « Nous avons fait le pari de l’acier en proposant des produits travaillés de manière traditionnelle, mais avec un aspect très contemporain. Nous avons donc mis à la vente une gamme de produits l’an dernier qui respecte ce cahier des charges. Cette évolution s’explique de manière assez simple. Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la décoration extérieure avec la montée en puissance du jardin, qui prend une part entière dans l’habitation. Et de fait, nos clients recherchent des clôtures esthétiques », explique Jérôme Foucault. Le design justement. C’est ce sur quoi s’est également engagé Betafence, en proposant des panneaux à tubes de type Bambou. « Nous avons aussi développé le Zenturo Urban. Il s’agit d’un panneau plat avec un revêtement structuré un peu granuleux, précise Stéphanie Mouginot, Responsable marketing et communication de la marque. Cette création répond pleinement au désir des consommateurs de voir leurs extérieurs revêtir des aspects très design ». D’autres fabricants comme La Clôture Française ont fait le choix de mêler à la fois la présence de pots à végétaux incorporés à des panneaux en PVC. « La gamme Chloris allie à la fois un aspect très innovant, de haute qualité, où nous avons souhaité intégrer la présence de pots de fleurs. Nous le proposons en trois coloris différents, qui peuvent d’ailleurs être composés en patchwork », précise Pierre-Olivier Yanuz, Directeur commercial de la marque. Toutes les matières de Chloris sont entièrement recyclables. Pour donner un cachet plus authentique ou plus naturel à une clôture, Betafence a sorti un mur en gabion. « Il s’agit d’un dérivé architectural. À partir de là, nous pouvons donc créer des murs de pierres, ou avec des galets. Nous offrons ainsi la possibilité à nos clients de faire de leur clôture un prototype architectural », précise Stéphanie Mouginot. Mais les fabricants travaillent également à la facilitation d’installation pour permettre au plus grand nombre de poser leurs clôtures sans encombre.

La modularité, et la simplicité d’installation !

« Nous pouvons noter qu’il y a assez peu d’innovations sur le marché de la clôture, et plus particulièrement sur celles conçues en acier, explique Bruno Lacroze, de chez Cavatorta. La raison est assez simple. Les machines coûtent cher pour structurer les fils, et nous ne pouvons pas proposer pléthore de nouveautés car les consommateurs ne l’achèteraient pas. Elles seraient trop onéreuses. Cependant nous avons sorti pour cette année Modulo fence. Il s’agit d’un poteau à encoches, et de panneaux de lame de bois traités contre les dégradations des UV. On peut alors créer et moduler sa clôture comme on le désire. Avec le temps il change un peu de couleurs, en raison de la présence de bois. Et surtout grand avantage, il n’a pas besoin d’un grand entretien, une brosse et n jet d’eau suffisent. Avec Modulo fence, il est possible à la fois de faire un appentis, une clôture, une réserve. Nous avons vraiment joué sur la modularité, comme son nom l’indique. C’est une vraie innovation dans le monde de la clôture, qui je le rappelle peine à se lancer sur de nouveaux produits ». Un constat amplement partagé chez Betafence. « Il est difficile de proposer de nouveaux matériaux, même si nous ne restons pas inertes ! Nous lançons de nouveaux concepts, mais la grande distribution demeure très frileuse au développement de nouvelles structures », poursuit Stéphanie Mouginot, Responsable marketing chez Betafence. Est-ce à dire que les fabricants se laissent porter ? Non ! Car ils mettent en place des alternatives. Et depuis quelques années, la grande tendance repose sur la modularité, la personnalisation, et le sur-mesure. Les industriels s’y engouffrent. Chez Dirickx, par exemple, une équipe a été entièrement constituée pour répondre à ces besoins. « Sur ces tendances de personnalisation et de valorisation des sites, nous apportons une cohérence visuelle, une harmonie grâce à des remplissages compatibles entre le portail et la clôture. Nos derniers lancements, la clôture personnalisable LOOKX, la gamme de portails ALLIX, vont dans ce sens », explique Katie Chartier, Directrice commerciale et marketing chez Dirickx. Afin de transformer et personnaliser les clôtures, les industriels adaptent leur concept. Un grand nombre propose par exemple la fixation de panneaux d’occultation sur les installations. « Cela permet à nos clients de pouvoir, s’ils le désirent, modifier leurs extérieurs, sans tout changer. Ils n’ont donc plus besoin de retirer leurs anciennes clôtures, explique Bruno Lacroze, de chez Cavatorta. Grâce à ce système, il est dorénavant possible de créer des boxes. Les propriétaires sont en mesure de structurer leur espace extérieur ». Grâce à la modularité, les propriétaires de maisons transforment et personnalisent leur habitat. « Nous constatons qu’en GSB les consommateurs veulent installer eux même leur produit, note Antony Allot de chez Cadiou, alors qu’en négoce, les consommateurs veulent que ce soit un professionnel, nous sommes donc obligés de tenir compte de ce petit différentiel . Alors, pour accroitre leurs revenus, les industriels tablent également sur une production davantage orientée vers le sur-mesure. Avec une plus grosse valeur ajoutée, l’option sur-mesure tend à croitre dans les systèmes de production ». « Nous nous basons sur une méthode Kan ban, explique Antony Allot de chez Cadiou. Il s’agit d’appliquer une conception industrielle ou un savoir-faire artisanal. En mélangeant les deux, nous pouvons ainsi proposer à nos clients des produits entièrement réalisés à leur convenance. Et d’ici cinq ans, nous pourrions nous diriger vers davantage de modularité, mais cette fois-ci dans la décoration ». L’ère du sur-mesure n’en est qu’à ses débuts. Mais il pourrait bien devenir la norme d’ici quelques années. Car en personnalisant leur extérieur, les clients ont davantage le sentiment de posséder un peu plus leur décoration et les aspects extérieurs. Grâce à l’imprimante 3D, qui pourrait prendre une place de choix dans les chaines de montage, il sera alors aisé de monter des clôtures, dessinées au préalable, et de les produire à l’échelle industrielle.

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La R et D le digital deux nouveaux axes forts de la clôture

Afin de mieux servir et répondre aux attentes du marché, les industriels mettent en place des départements recherche et développement. En dehors des innovations-produits pures, ils mènent des tests notamment sur la qualité des alliages, ou sur les coloris de sorte que le consommateur final ait le sentiment d’avoir du choix. « Ces services servent aussi à créer nos propres machines à filer l’acier, précise Bruno Lacroze de chez Cavatorta. Nous conduisons aussi des études sur l’amélioration de la production, et la durabilité des poteaux ou des grilles, qui sont exposés aux aléas climatiques. Et puis le volet environnemental a pris de l’ampleur, nous devons y répondre avec des solutions qui en tiennent compte ». « Chez Cadiou, nous disposons de quatre personnes dédiées à tester et trouver des nouveaux concepts, explique Anthony Allot, Responsable marketing et communication de la marque. Mais en parallèle, nous avons mis en place une structure en charge de toute la partie numérique et digitale. Nous avons fait le choix d’organiser l’aspect multimédia autour de l’innovation ». Les industriels n’échappent pas à la progression d’internet. Chez Betafence, par exemple, le site a été entièrement revu. « Notre secteur doit pouvoir être visible. Nous avons mis en ligne un grand nombre d’informations sur nos produits. Des clés d’entrée ont été disposées sur la page pour permettre aux navigateurs de se repérer en fonction des typologies auxquelles ils appartiennent. Cela se répartit entre les architectes, les particuliers, les professionnels, etc. Et puis nous avons aussi mis l’accent sur les applications mobiles. Nous avons d’ailleurs créé un site de ventes en ligne », explique Stéphanie Mouginot, la Responsable marketing et communication de Betafence.
Les industriels multiplient donc les pistes pour dynamiser leurs ventes. Comme la plupart des secteurs d’activités du bricolage ou professionnels, ils ont dû s’adapter. Pour accompagner leurs interfaces digitales, ils mettent en place des stratégies marketing, afin de donner un peu plus d’attrait à leurs produits. Il s’agit là d’un mouvement de fonds structurant. Car avec l’arrivée en grande pompe du design dans les clôtures, il était inconcevable de ne pas encourager et porter cette tendance par la mise en place d’outils d’aide à l’achat, et à la vente.

Une guerre marketing se met en place

Les méthodes d’un fabricant à l’autre diffèrent. Chez Clôtures Place, l’objectif s’est porté sur le négoce et le libre service agricole. « Nous avons développé le programme “Impulse”, explique Gilles Konrad, le Directeur commercial. Elle repose sur la théâtralisation des produits en rayons, avec la présence d’ILV et de PLV. Mais nous proposons aussi aux vendeurs des formations. Grâce à cela, et à la compétitivité de nos produits, nous avons gagné en parts de marché ». D’autres comme Yousteel ont fait le choix de la création pure de marque. Ainsi, le fabricant Bacacier a lancé il y a deux ans sa marque grand Public. « L’objectif est de décliner le savoir-faire du marché de l’aménagement extérieur pour le professionnel, au travers de produits destinés au marché du particulier, via la  GSB. Nous sommes en capacité de répondre aux attente du Marché grand public, qui dans la tendance “do it Yourself” recherche des produits répondant à 6 promesses : légèreté, durabilité, design, praticité, économique, et conception française ». Les produits Yousteel, chacun proposé dans des concepts merchandising type shop in shop, prêts à vendre, répondent à ces critères. L’ensemble des fabricants a pris le virage du merchandising, bien souvent couplé à la puissance du digital. « Cela nous semble incontournable de nos jours, car y compris pour l’achat de clôtures, les clients finaux doivent pouvoir obtenir de l’information, aussi bien sur internet qu’en magasin », précise Bruno Lacroze de chez Cavatorta. Mais cette guerre se joue aussi au niveau des services. Chez Dirickx, par exemple, une équipe entièrement dédiée au service client a été créée : « nous avons décidé de mettre en place un service de dépannage et de maintenance afin que nos clients, s’ils rencontrent le moindre problème, soient directement mis en relation avec un de nos personnels qualifiés pour répondre aux moindres questions », explique Katie Chartier, Directrice commerciale et marketing de la marque. Là encore, il s’agit d’un levier d’aide et d’accompagnement à la vente. Car le client, avec ce type de service, aura le sentiment de ne pas être abandonné, mais véritablement suivi, accompagné dans sa démarche d’achats. Les fabricants mettent ainsi en place, des méthodes marketing avant la vente, pendant la vente, et après la vente. Et pourtant avec ces outils puissants, les marchés de la clôture demeurent très franco-français. Les exportations vers les pays étrangers restent timides.

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Un marché très franco-français

Si le marché de la clôture se dynamise, en multipliant les recherches et les nouveaux produits, c’est parce que la concurrence venue de l’étranger est de plus en plus prégnante sur le marché français. Des fabricants portugais, espagnols et belges occupent de belles parts de marchés. « Les fabricants français sont très accolés au marché national. Ils ne vont peu ou pas vers les marchés étrangers, à l’exception de la Belgique ou de la Suisse qui sont à peu près similaires au marché français. A l’inverse nous assistons à une arrivée depuis plusieurs années d’industriels étrangers sur nos segments, avec des produits et des prix compétitifs. Nous devons pour cela réagir par de l’innovation, explique Antony Allot, Responsable marketing de chez Cadiou. Pour notre part, nous avons décidé de nous lancer à l’internationale sur le garde-corps. Mais pas sur la clôture à proprement parler ». 90 % des ventes de chez Clôture Roy se fait en France. La problématique semble la même d’un fabricant à l’autre, qui pourrait se retrouver confronté à une double concurrence, celle venue de l’étranger, et celle des fabricants de fenêtres par exemple, en quête de nouveaux débouchés. « Face à cela, nous ne restons pas sans rien faire, nous multiplions les pistes pour trouver de nouveaux marchés. L’innovation est une des réponses à cette compétition commerciale toujours plus agressive, mais nous cherchons également à nous implanter sur des marchés étrangers, et à nous développer à l’internationale », explique Gilles Konrad, Directeur commercial de chez Clôture Place. Chez Dirickx, le pas a été franchi il y a plusieurs années de cela, pour lutter contre la concurrence, et surtout trouver de nouveaux débouchés. « Nous avons ainsi installé quatre filiales à travers le monde, une en Chine, une en République tchèque, une en Hongrie, et une en Slovaquie. Nous sommes également présents en Espagne, et au Maroc. Et nos activités s’exportent à travers le monde », précise Katie Chartier, la Directrice commerciale et marketing de chez Dirickx. Mais cette démarche demeure assez exceptionnelle, car un grand nombre de fabricants ne demeurent que sur le marché national et dépassent à de très rares exceptions les frontières de la France.
La preuve est donc faite : le marché de la clôture en France demeure un marché particulièrement attractif. Autrement les fabricants d’autres secteurs et étrangers ne tenteraient pas de s’installer. « La France demeure notre premier marché », explique Stéphanie Mouginot, Responsable marketing et de communication chez Batafence, un fabricant belge. Le marché français est très dynamique. Il est notre premier marché en termes de volumes et de valeurs. Le marché français se compose également de leaders étrangers : le belge Betafence, l’italien Cavatorta, l’espagnol Experton.  
Le marché de la clôture connait une mutation en douceur, mais à un rythme contraint. D’abord parce que le nombre d’intervenants sur ce marché à la physionomie atomistique augmente de plus en plus avec l’arrivée d’industriels étrangers et venant d’autres univers comme celui de la fenêtre. Les fabricants comme Dirickx ont anticipé en jouant sur une largeur de gamme plus grande, et en proposant des innovations liées davantage au marketing qu’à la création de produits révolutionnaires à proprement parlé. Ce marché, ou plutôt ces marchés n’échappent donc pas aux transformations qu’ont imposées le numérique et la façon de faire du commerce. La tendance est générale. Le client en tant que principal acteur de la décision d’achat fait l’objet de toutes les attentions pour que ce dernier se sente à la fois encadré et aidé dans cette démarche. Les industriels l’ont bien compris, et donc ils multiplient les ILV et PLV d’aide à la vente. Mais une chose est sûre, les industriels sont portés par une nouvelle tendance : les consommateurs recherchent davantage de protection. Avec la reprise de la construction dans le bâtiment, le marché de la clôture pourrait connaitre d’ici quelques mois une progression.•

Clôtures Place Fabricant spécialiste depuis 1928, la société française Clôtures Place imagine, conçoit et produit des systèmes de clôtures et de portails, pour la délimitation, la protection et la fermeture des espaces sur les marchés français et internationaux. L’entreprise dispose de deux sites de production et emploie 70 personnes. Son chiffre d’affaires s’élève en 2016 à 15 millions d’euros, en progression par rapport à l’exercice précédent. La société distribue ses produits exclusivement en B to B via son réseau de partenaires issus de la GSB, LISA et négoces de matériaux.
CAVATORTA Cavatorta a été créé en 1961 à Parme en Italie. Au départ, l’entreprise était spécialisée dans le tréfilage d’acier. Puis au fil des ans, et de la conjoncture du marché, Cavatorta s’est lancée dans la conception de clôture qui n’était ni plus ni moins que dans la droite ligne du métier originel. La marque dispose de cinq usines de production. Trois en Italie, une en Roumanie, et un site en France. Par ailleurs, plusieurs filiales basées en Ukraine, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, et au Portugal viennent compléter le dispositif. Les produits Cavatorta sont vendus dans cinquante pays, et sont présents sur les marchés de l’industrie, du résidentiel, ou de l’autoroutier. Les produits proposés varient selon les marchés et les pays. En France par exemple, Cavatorta est diffusée en GSB, auprès des paysagistes, des marchands de fer, des négoces matériaux… la GSB représente près de 40 % du chiffre d’affaires. L’entreprise italienne emploie 350 personnes dans le monde, et réalise un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros.
BetafenceNé en 1880 sous  le nom de Bekaert dont le métier premier était le travail du fil d’acier, le tréfilage, Betafence aujourd’hui leader du marché mondial des solutions de protection périmétrique, propose depuis plus de 135 ans des produits de la plus haute qualité sur le marché. S’imposant comme la référence dans toute l’industrie de la clôture, en termes de produits, services et innovation, la société dont le siège est basé en Belgique, emploie à ce jour plus de 1400 collaborateurs à travers le monde, possède 9 sites de production ainsi que 30 bureaux de ventes et agences. Grâce à sa longue expertise, Betafence offre les solutions de clôtures les mieux adaptées dans les domaines de la haute sécurité (frontières, prisons, énergie),  infrastructures et transports (aéroports et chemins de fer, autoroutes, ports), sites industriels (usines, magasins), infrastructures sportives, bâtiments et espaces publics. Betafence offre également une large gamme de produits pour le grand public, les domaines agricoles et industriels. La stratégie de croissance de Betafence est basée à la fois sur des solutions innovantes et une présence mondiale. En France, avec le retour de la marque auprès de la grande distribution, et plus particulièrement Leroy Merlin, Betafence axe ses recherches et son développement afin de proposer des produits design, contemporains et répondant à la problématique grandissante des consommateurs : faire de la clôture un élément-clé, original et sécuritaire du paysage.
YousteelFort d’une expérience de plus de 20 ans dans le profilage et le traitement de l’acier à destination des professionnels de l’habillage du bâtiment, Bacacier décline ce savoir-faire au travers d’une gamme de produits dédiés au marché du bricolage, de la décoration, et de l’aménagement extérieur de la maison : YOUSTEEL. Doté d’un savoir-faire reconnu dans l’élaboration de produits pour la construction, soutenu par des équipes recherche et développement innovantes et ambitieuses, Yousteel a imaginé faire bouger les lignes de la profession en concevant et commercialisant  des produits à destination spécifique d’une cible grand public.Diffusés depuis juillet 2015 auprès des grands noms de la distribution de Bricolage et jardinage, des négoces de matériaux généralistes, et très prochainement via internet, une gamme de produit destiné à l’aménagement des espaces extérieurs. Société 100% française, située au cœur de l’Auvregne, Bacacier emploie 400 personnes, transforme 80 000 tonnes d’acier sur près de 22 sites répartis sur tout le territoire français. Le chiffre d’affaires quant à lui s’élève à 160 millions d’euros.
DirickxDu haut de ses 95 ans, Dirickx fait partie des grands leaders du marché de la clôture. L’entité a été fondée par le grand-père de l’actuel président. Dirickx dispose de quatre unités de production : deux en Mayenne, une en Chine et une en Slovaquie. A travers le monde elle emploie 750 salariés. Afin d’être représenté sur plusieurs marchés, Dirickx a implanté des filières, une en Chine, une en République tchèque, une en Hongrie, et une en Slovaquie. La marque leader est également présente en Espagne et au Maroc. Ses produits s’exportent à travers tout le monde.